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Société Publié le vendredi 12 février 2016 | AIP

Plusieurs facteurs à l’origine de la flambée des prix de certains produits vivriers à San Pedro

San Pedro – Un tour sur les marchés de la région de San Pedro (sud-ouest) au cours de la semaine du 8 au 14 février confirme la rareté de certains produits vivriers, observée depuis quelques semaines, avec pour impact une flambée des prix. Cette situation amène les ménagères à de véritables gymnastiques physiques et mentales pour concocter au quotidien le repas familial. Des commerçants, consommateurs, spécialistes de l’agriculture et de la commercialisation évoquent plusieurs facteurs à l’origine de cette situation.

Les vivriers en manque sur les marchés de San Pedro



Sur la plupart des marchés de San Pedro, il devient de plus en plus difficile de trouver un certain nombre de produits vivriers dont des légumineuses, notamment l’aubergine, le gombo frais et sec, le piment frais et sec, la tomate, le haricot vert.

Les prix de ces produits qui se raréfient connaissent donc une importante augmentation. Ainsi, explique l’assistant du directeur régional de l’OCPV San Pedro, Koffi Charles, l’aubergine N’drowa est vendue au détail à 806 FCFA le kilogramme et les petits tas de quatre à cinq aubergines sont vendus entre 150 et 200 FCFA. Le sac de 50 kg que les vendeuses grossistes achetaient en période normale entre 1500 et 3000 FCFA bord champ, est acheté actuellement à 18 000 FCFA bord champ.

Une catégorie de légumes connaît une hausse particulière de prix. Selon l’OCPV, rarement ces produit ont culminé à ces prix. Il s’agit du gombo sec, vendu à près de 3 150 F/kg, quand le gombo frais est vendu à 500 francs le kilo, alors qu’en période normale le prix est de 100 à 150 FCFA le kilo. Le piment frais est en ce moment à 3675 FCFA/kg et le sec à 2280 F/kg, la grosse tomate à près de 660 FCFA/kg et le haricot vert à 1500 FCFA/kg.

A côté des légumineuses qui sont d’une rareté plus prononcée en ce moment, en raison de la saison sèche, des produits comme la banane plantain sont en quantité moyenne. Elle est vendue à 195 FCFA/kg. L’igname de qualité supérieure, notamment le Kponan et l’Assawa ne sont presque plus sur le marché. Le manioc également moins présent sur le marché a une conséquence sur les produits dérivés que sont l’"attiéké", le "placali", le "gari". Le manioc est vendu à 225 FCFA le kilogramme.



Les produits en abondance sur le marché



Au niveau des légumes, les produits que l’on trouve en grand nombre sur le marché sont les oignons violets du Niger et du Burkina, l’oignon blanc hollandais. Concernant les ignames, la qualité "bêtê-bêtê" abonde présentement sur le marché, selon le président des commerçants du grand marché ‘’Nabo Félix’’ de San Pedro, Sanogo Idrissa, vendeur d’ignames. Le prix du kilogramme du "bêtê-bêtê" est actuellement de 250 F/kg. La patate douce est également en grande quantité sur le marché.



Les causes de la flambée des prix dans le contexte spécifique de San Pedro



Selon les vendeuses de vivriers et les techniciens de l’Agence nationale pour le développement rural (ANADER) et de l’Office d’aide à la commercialisation des produits vivriers (OCPV), le vivrier n’est pas produit en quantité à San Pedro. Quelque 75% des besoins en vivrier des consommateurs de San Pedro vient de l’extérieur de cette région, notamment des régions du centre-ouest comme Daloa, Gagnoa, Divo, Oumé, ou des régions du Nord et du Nord-est de la Côte d’Ivoire, à savoir Korhogo, Bondoukou. Cette situation a pour conséquence, selon la présidente des commerçantes du Grand marché, Brou Cécile, d’entraîner un surcoût au niveau du transport, obligeant les vendeuses à impacter l’ensemble des frais de route sur le prix du consommateur.

« A côté de cette réalité, les circonstances du manque de pluie depuis l’année dernière avec le prolongement actuel de la saison du harmattan accentuent la rareté de certains produits saisonnier, avec pour conséquence la hausse des prix », explique Koffi Charles de l’OCPV.

Les commerçantes dénoncent également une autre pratique des commerçants grossistes des pays frontaliers du Nord qui viennent avec au moins 10 gros camions et achètent cash et à l’avance les productions de plusieurs villages. Cette pratique, selon les commerçantes grossistes de San Pedro, lèse l’approvisionnement du marché intérieur car elle n‘ont pas de camion ni assez de moyens pour tenir la concurrence avec ces grossistes des pays frontaliers.

Sanogo Idrissa souligne le fait que « les zones de production du vivrier comme l’igname, les légumes, se transforment de plus en plus en zone de production de cultures de rentes telles que l’anacarde et la noix de cajou, au détriment du vivrier ».

(AIP)

jmk/cmas

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