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Économie Publié le samedi 2 avril 2016 | Ivoire-Presse

Implantation du 1er acteur agroindustriel africain en Côte d’Ivoire - Hamed Koffi Zarour : "Nous visons 5000 emplois directs et indirects".

© Ivoire-Presse Par DR
Business - M. Hamed Koffi Zarour, représentant ivoirien du groupe agroindustriel algérien.
Le groupe agroindustriel algérien, Cevital, pour sa première implantation en Afrique subsaharienne a choisi la Côte d’Ivoire avec un investissement prévisionnel d’environ 600 milliards de FCFA. Dans cette interview, M. Hamed Koffi Zarour, représentant ivoirien de Cevital dévoile les enjeux de la contribution de ce groupe au développement économique qui conduira la Côte d’Ivoire à l’émergence à l’horizon 2020. Aussi se prononce-t-il sur la vision du président de la République de doter la Côte d’Ivoire d’une Constitution débarrassée de tous ses germes confligènes.

Quel est l’état et le volume prévisionnels des investissements de votre groupe en Côte d’Ivoire ?

HKZ : C’est un ambitieux projet d’envergure que le groupe Cevital entend déployer, a connu un retard. Ceci est dû essentiellement à certaines réalités du terrain. Malgré cette situation, le président Isaad Rebrab a réaffirmé sa ferme volonté d’implanter ce groupe en Côte d’Ivoire. Et le montant prévisionnel d’investissement s’élève à pres de 600 milliards de FCF. Vous êtes aussi sans ignorer que Cevital est aujourd’hui le 1er acteur agroindustriel africain, selon le classement "Jeune Afrique" 2014 avec 2500 milliards de FCFA de chiffres d’affaires la même année dans plusieurs domaines d’activités. Sur les trois dernières années, Cevital s’est résolument tournée hors du continent africain pour faire des acquisitions en France avec la société Oxo, le groupe Brandt (fabriquant des marques "Vedette" et "Sauter"). Ce qui a permis de sauver des milliers d’emplois en France. Pour sa contribution à la relance de l’économie française, le président Rebab est membre du Comité de veille économique pour l’Etat français. Le groupe a aussi acquisition le groupe sidérurgique de Lucchini en Italie
Aujourd’hui, c’est un vaste projet minier et de l’agroindustrie des infrastructures qui est en train de voir le jour dans l’Etat de Para au Brésil. Tout ceci pour bien montrer que le groupe est très actif à l’international et la Côte d’Ivoire ne peut rester en reste de ce savoir-faire.

Et en termes de création d’emplois ?

HKZ : Ce projet, quand il sera mis en œuvre, va générer 5 mille emplois directs et indirects avec pour priorité à l’embauche locale des jeunes, l’avenir de demain. Car, le président du groupe fait de la formation des jeunes son cheval de batail. Parce que sans formation, sans savoir, aucun pays ne peut se développer.
Cela va se traduire également par la création de richesses pour les employés en améliorant leurs conditions de vie.
Ce sera aussi une source de création de richesses pour l’Etat et apportera une forte valeur ajoutée à l’agriculture par la transformation locale. Le projet sera aussi un catalyseur pour la production agricole sous régionale. Il y aura également le transfert de connaissances nouvelles de technologies par la formation. Un aspect aussi important, c’est le respect et la prise en charge des aspects environnementaux.

En termes de développement local, dans quels domaines spécifiques d’activités intervenez-vous ?

HKZ : Le projet prendra en compte la trituration de graines oléagineuses, la raffinerie d’huile végétale, la production de margarine, le stockage de graines de céréales, la production d’alimentation animale, la production et le traitement du riz local. Cet ensemble qui composera le complexe agroalimentaire, est conçu pour répondre aux besoins locaux donc, répondre à l’objectif d’autosuffisance alimentaire tout en générant une production excédentaire qui sera destinée à l’exportation pour développer le commerce intra-africain. Ce qui fera passer notre pays d’un stade d’importateur à celui d’exportateur.

Où le projet sera-t-il implanté ?

HKZ : Notre souhait est d’implanter le projet à Abidjan en zone portuaire sur un complexe de 350 hectares qui comprendra un port agro-industriel, des installations logistiques et de transformation agricoles ainsi qu’une centrale électrique. L’infrastructure qui disposera d’une capacité de traitement annuelle évaluée à plus de 10 millions de tonnes de marchandises, sera dédiée au trafic avec la sous-région ouest-africaine, le Nord de l’Afrique, l’Europe et le continent américain. Dans la phase prévisionnelle, les travaux devraient durer deux ans. Cevital est un groupe dynamique dont le taux de croissance a connu un taux de croissance exponentiel avec plus de 12 mille emplois effectifs.
Le groupe s’est imposé comme l’un des fleurons de l’agro-industrie en Afrique et entend mettre au service de la Côte d’Ivoire son savoir-faire dans la mécanisation de l’agriculture pour accroitre la production, augmenter le rendement à l’l’hectare et transformer les produits du terroir. Ce qui donnera accès à des produits à moindre coût à nos populations quand on sait les difficultés que celles–ci rencontrent face à la cherté des produits sur le marché car l’industrialisation de notre économie sera le fer de lance de notre émergence.

Pourquoi le choix de la Côte d’Ivoire ?

HKZ : Le président du groupe, lors de son passage à Abidjan a été suffisamment clair sur la base des données qui ont été mises à sa disposition. Et celles-ci ont montré, manifestement, que la Côte d’Ivoire est la porte ouverte sur l’Afrique de l’Ouest et représente la première économie de la zone Uemoa avec plus de 100 millions d’habitants et un taux de croissance de 6 à 7%.
La Côte d’Ivoire regorge d’énormes atouts qui la distingue dans le choix de tout investisseur qui veut développer ou conquérir des parts de marchés en Afrique de l’Ouest. Et notre rôle en tant qu’Ivoirien, c’est de susciter et œuvrer à la réalisation de ce type d’investissements pour accroitre notre leadership dans la région au service ou au profit de nos populations. Ce à quoi je me dévoue.

L’émergence de la Côte d’Ivoire, comme le disent certains analystes, sera multiformes. Sur le plan politico-juridique, le chef de l’Etat a l’ambition de doter le Côte d’Ivoire d’une constitution « débarrassée de termes "confligènes" ». Qu’en pensez-vous ?

HKZ : Je suis opérateur économique, représentant un groupe étranger. Sans vouloir faire de la politique, je ne saurais, tout de même, me dérober à cette question. Et à ce titre, en tant qu’observateur de la scène politique, je prendrais l’exemple des Etats Unis qui sont aujourd’hui la plus grande puissance mondiale avec la diversité de sa population. Aujourd’hui, le président Obama, Américain, d’origine africaine préside aux destinées de cette grande nation. Chez nous en Côte d’Ivoire, c’est ce melting-pot qui fait aussi notre force. En tant que panafricaniste, je considère que la démarche qui sou tend l’action du Président Ouattara est une démarche visionnaire. La Côte d’Ivoire est aussi riche de par la diversité de sa population. En opérant cette reforme constitutionnelle, il donne à chaque fils de ce pays de croire en cette nation cosmopolite. Ainsi, les clivages d’ « Ivoiriens de premières zone » ; de « seconde zones » n’auront plus leur raison d’être. Et la nouvelle constitution donnera la chance à tous les fils de la Côte d’Ivoire de s’investir dans le développement de leur pays sans aucune crainte d’être stigmatisé en travaillant à la justice sociale par le juste partage de la croissance, réduisant ainsi les inégalités consolidant la cohésion sociale.

Personnellement vous, quelle conception avez-vous de le notion de l’"Ivoirien nouveau" que le chef de l’Etat appelle de tous ses vœux ?

HKZ : l’Ivoirien nouveau, c’est avant tout l’affirmation de la relation de confiance de chaque individu aux idéaux qui fondent la nation ivoirienne. C’est-à-dire les notions de paix, de justice sociale, d’égalité, d’amour, de fraternité, de solidarité, d’amour pour son prochain, de respect de l’autre, le respect de l’ainé etc. Et c’est sur la base de ces valeurs que le père fondateur a bâti la Côte d’Ivoire et qui ont fait de ce pays un havre de paix. L’Ivoirien nouveau, c’est celui qui est au service de tous et non au service de ses intérêts ou des intérêts d’un clan ou d’une communauté. L’éthique et la morale doivent le caractériser et donc c’est celui qui respecte le bien public, qui œuvre pour le mieux-être de ses concitoyens avec un comportement nouveau qui parle sa langue maternelle avec fierté. J’encourage le président Ouattara à instaurer une Charte disciplinaire de manière que l’Ivoirien nouveau soit celui qui lorsqu’il commet une faute, se soumet à la sanction et que lorsqu’il fait preuve d’excellence, soit célébré. Que l’Ivoirien nouveau ne soit un vain slogan, mais une réalité. L’Ivoirien nouveau c’est celui qui créé les conditions du « Vivre ensemble » Car, comme le dit le penseur, la terre nous a été prêtée pour un moment, vivons en paix, vivons ensemble.


Réalisée par Jean-Antoine Doudou/Patriote

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