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Editorial Publié le samedi 3 mars 2018 | L’intelligent d’Abidjan

Les samedis de biton: Combattre les superflus

C’est comme diminuer de poids. De nombres salles dans les villes, dans les quartiers, pour faire du sport, diminuer de poids, prolonger sa vie, «éloigner la mort », comme dirait un prêtre de mes amis. Tous les matins, tous les soirs, on rencontre de nombreuses personnes, hommes et femmes de tous âges, courant ou marchant. C’est un retour à l’Afrique d’autrefois. Tous les matins, enfants, adultes, vieux et vieilles, marchaient au moins dix kilomètres pour rejoindre les champs et les plantations y travaillaient sous le soleil et en plein air, refaisaient encore dix kilomètres pour retourner au village avec des charges sur la tête. Tout a changé. Surtout les villes où les citadins sont son en plaintes permanentes de la vie difficile. C’est bien de marcher ou de courir mais il est encore mieux de combattre les superflus qui rendent la vie lourde et difficile. A quoi ça sert à un homme de posséder un appareil de télévision comptant soixante chaines s’il n’en regarder que deux ou trois ? D’ailleurs quel temps il aura pour s’asseoir devant la télé pour faire la revue de toutes ces chaines même si c’est une minute pour chacune. On appelle cela de l’orgueil. Que le visiteur, le voisin ou le collègue sachent qu’ils possèdent de nombreuses chaines. Pour impressionner le passant, certains ont des antennes paraboliques, même si ces antennes ne marchent plus depuis longtemps. Quand nous étions au collège, nos professeurs, presque tous des coopérants français nous donnaient des leçons de modestie au quotidien. La plupart, la quasi-totalité même, portaient deux pantalons et deux chemises, une seule paire de chaussures toute l’année scolaire. En plus, tous possédaient des petites voitures. Avec l’Africanisation de toute la société, le mauvais exemple sera semé chaque jour. Quelle femme va se permettre de porter la même robe ou le même pagne chaque jour ? Les chefs de service, les cadres moyens, les travailleurs n’ont qu’une seule obsession : posséder une voiture de plusieurs chevaux. Toutes les rues sont pleines de véhicules 4X4. C’est vrai que les immenses embouteillages montrent, on ne peut plus, l’émergence du pays, mais à quel prix ? Comme avec les nombreuses chaines, les changements de robes ou d’habits, les voitures aussi sont des goulots d’étranglement. Des perces-trous. Des dépenses superflues rien que pour sa gloire et après dire que la vie est chère. Prenons le cas des jeunes gens ou jeunes filles impatientes de prendre un appartement quelques mois seulement après leurs premiers salaires. Ils pensent que la maison c’est seulement le prix du loyer mensuel. Ils oublient de voir que l’entretien d’une maison est le double du loyer. Mais pour se donner de la liberté, de montrer son orgueil, ils ont préféré quitter prématurément le toit familia. Si les difficultés et les réalités de la vie ont poussées certains à revenir à la maison, beaucoup d’entre eux continuent de broyer du noir pour faute d’orgueil. Dans la phase actuelle du développement de l’Afrique, la priorité doit être donnée à l’épargne afin d’éviter les dépenses inutiles et superflues. C’est vrai que les Africains aiment le clinquant mais la société devient de plus en plus difficile et chacun doit diriger sa vie comme si elle peut se révéler un jour catastrophique comme ce qui est arrivé à de nombreux espagnols et américains qui continuent de dormir dans leurs voitures ou dans la rue comme à Paris. Etudiant, très passionné de politique, lecteur assidu du Canard Enchainé et du Nouvel Observateur, je proposais qu’il était obligatoire pour un gouvernement d’imposer une épargne obligatoire aux citoyens du pays. Ils grogneront au début mais ils ne tarderont pas à comprendre les bienfaits dans leur vie. Aujourd’hui, avec le règne des réseaux sociaux, impossible de diriger le peuple à la « cravache » comme sous le parti unique. Tout le monde est libre de se laisser aller sur une piste glissante. Plus que jamais chacun doit rester conscient que l’individu a besoin essentiellement de trois choses. Une maison. Des habits. De la nourriture. Epargner, le temps qu’il faut pour être propriétaire. Epargner pour combattre les dépenses superflues. Ne pas s’endetter pendant de longues années pour rembourser une voiture de prestige qu’on aurait pu éviter. En partant au travail avec des amis ou se lever tôt pour prendre un transport en commun. Les habits il faut savoir les choisir durable et moins cher. En Afrique, on la chance de manger sain et moins cher, notamment les fruits à portée du budget personnel d’un enfant. En décidant de combattre les dépenses superflues c’est l’émergence individuelle en marche. Ainsi va l’Afrique. A la semaine prochaine.
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