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Santé Publié le lundi 2 août 2021 | Abidjan.net

Prise en charge médicale des assurés : cliniques privées et maisons d'assurance échangent pour une réforme

L’Association des cliniques privées de Côte d'Ivoire (Acpci) et l'Association des sociétés d'assurance de Côte d'Ivoire (Asaci) ont échangé ce lundi 2 août 2021 à Abidjan afin de trouver des pistes de solutions qui devraient les amener à assainir leurs relations au bénéfice de leurs membres et de leurs partenaires (patients et assurés).


Mamadou Koné, président de l'Asaci, soulignant la nécessité de la rencontre, a indiqué : « À notre prise de fonction, nous avons trouvé des dossiers sur la table, qui montraient qu'il y avait beaucoup de problèmes entre nos deux structures. Pour nous, il fallait venir vers l'Association des cliniques privées de Côte d'Ivoire pour présenter notre philosophie et dire que nous voudrons prendre en charge de la façon la plus déterminée possible ces dossiers dans le cadre d'une rencontre qui va regrouper toutes les parties prenantes de l'écosystème de l'assurance santé afin que nous puissions trouver des solutions consensuelles. »


Au sein d'un cadre d'échanges qui devrait se mettre en place impliquant les deux parties, l'Acpci et l'Asaci pourraient aborder ensemble plusieurs points essentiels qui se rapportent par exemple à leurs différents processus. « Nous avons compris que nos process ne sont pas toujours bien compris. Il nous est reproché de ne pas payer rapidement les prestations exécutées dans le cadre du tiers-payant. En retour, nous opposons le fait qu'il y a que ces assurés qui ont pu bénéficier de ces prestations sont en contrat avec nous suivant certaines dispositions. Ce qui nous oblige à faire un certain nombre de vérifications. La question, c'est comment fait-on ces vérifications dans l'intérêt de toutes les parties prenantes pour que les cliniques ne soient pas pénalisées. C'est tout l'enjeu des futurs chantiers que nous allons ouvrir », a laissé entendre Mamadou Koné.


Sur la question du paiement ''tardif'' des actes exécutés par les cliniques, Dr Joseph Boguifo, président de l'Acpci a révélé que plus de 80 % des patients qui fréquentent les structures privées de santé proviennent du système des assurances. Sur ces 80 %, il note que le tiers-payant (les assurances) qui est le système qui favorise leur entrée dans les cliniques pose problème. « Quand le malade vient nous voir, il ne décaisse pas un rond (quand il est assuré à 100%). C'est la clinique qui paie tout (pré-finance). Mais pour nous faire rembourser par les sociétés d'assurance, on rencontre beaucoup de problèmes. Notamment les délais de paiement (jusqu'à un an pour rembourser des actes) qui sont longs, les rejets de factures, les diminutions du coût des factures, l'obligation de reversement de ristournes avant paiement des factures, etc. », a-t-il déploré.


Dr Boguifo a aussi avancé que la situation est arrivée à un stade où d'un côté il y a des cliniques qui ferment (dont La Madone, Polyclinique des II Plateaux…) et de l'autre, des cliniques qui se font racheter par des sociétés financières internationales (plus de 7 cliniques déjà rachetées) parce qu'elles ne tiennent plus la route. « La question qu'on se pose aujourd'hui c'est : ''est-ce qu'on maintient le tiers-payant ou on le suspend ? Parce que le tiers-payant n'est pas une obligation. Je suis une clinique privée. Si un patient arrive chez moi, il paie. Mais je décide de te (patient) faire une facilité, et voilà que la facilité devient un problème. Donc on maintient, on suspend ou on arrête carrément le tiers-payant. Mais si on l'arrête, ce sera un gros problème pour la population et cela peut créer le désordre. »


C'est donc pour éviter d'en arriver à une situation chaotique que le nouveau bureau de l'Asaci a décidé d'impliquer les cliniques privées dans l'organisation des états généraux de l'assurance santé qui devraient se tenir en octobre. Mais avant cette date, un comité paritaire permanent sera mis en place qui va commencer à plancher sur les différentes problématiques et les solutions qui pourraient convenir dans l'intérêt des parties.


« On se réjouit que l'Asaci pense à réaliser les états généraux de l'assurance santé, parce que nous à l'Acpci, on préparait une convention qu'on a appelée convention cadre, qu'on allait leur soumettre pour qu'ensemble, on puisse l'analyser pour voir comment s'accorder là-dessus pour travailler de façon consensuelle », a avancé Dr Boguifo.


Cyprien K. avec sercom

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