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Économie Publié le mardi 18 octobre 2022 | Abidjan.net

Conférence de presse annuelle du Patronat ivoirien : l’intégralité des propos liminaires de Jean-Marie Ackah

© Abidjan.net Par CISSE T
Conférence de presse annuelle du Patronat ivoirien
Le Président de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire, Jean-Marie Ackah a animé, ce mardi 18 octobre 2022, une conférence de presse dans le cadre de la 1ère édition d’une rencontre annuelle dénommée « le Patronat face à la presse ».

Le Président de la Confédération Générale des entreprises de Côte d’Ivoire, Jean-Marie Ackah a animé, ce mardi 18 octobre 2022, une conférence de presse dans le cadre de la 1ère édition d’une rencontre annuelle dénommée « le Patronat face à la presse ». Ci-dessous, l’intégralité de son discours liminaire.

 

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

Chers Partenaires de la Presse Nationale et Internationale,

Honorables Invités, Mesdames et Messieurs,

 

C'est avec un réel plaisir que je m'adresse à vous ce matin, pour vous souhaiter une très cordiale bienvenue à l'occasion de cette conférence de presse de rentrée dénommée « Le Patronat face à la presse ».

Je tiens à vous remercier très sincèrement, chers journalistes présents dans cette salle, tout comme ceux qui nous suivent en direct, en ligne.

Pour cette conférence, j’ai à mes côtés les Membres du Conseil d’Administration de la CGECI et les principaux dirigeants et animateurs des organisations professionnelles et entreprises qui la composent. En leur nom et au nom de la Confédération dans son ensemble, j’aimerais vous renouveler nos remerciements pour l’important travail que vous abattez au quotidien, pour informer l’opinion au sujet notamment des questions économiques en général et des activités du Patronat en particulier.

Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, la CGECI est l’organisation patronale de référence du Secteur Privé ivoirien, forte de plusieurs groupements professionnels issus des principaux secteurs d’activités : les secteurs de l’Industrie, de l’Agriculture et de l’Agro-industrie, des Banques et Assurance, des Mines et du Pétrole, des BTP, de l’Enseignement, du Secteur Maritime et aussi de celui des TIC, sans oublier les secteurs de la distribution et des PME.

Principal interlocuteur de l’Etat avec près de 250 mandats de représentation, la CGECI contribue aux recettes fiscales de la Côte d’Ivoire à hauteur de 80%.

 

Chers Partenaires de la Presse,

Cette conférence de presse que nous avons décidé d’institutionnaliser, se veut un grand moment de rencontre et d’échanges entre les acteurs du Secteur Privé représentés par le Président du Patronat et les journalistes qui pourront, ainsi, mieux s’imprégner des réalités et des défis du monde des entreprises, principales créatrices de richesses et d’emplois.

Cette première édition se propose d’aborder trois principaux points.

Premièrement, la crise de la Covid-19 qui a été un vrai choc pour le pays et les entreprises ; en deuxième lieu, les préoccupations du Secteur Privé en 2022, marquée par la poursuite de la crise sanitaire et les conséquences de la guerre en Ukraine ; et troisièmement, les suggestions du Secteur Privé pour transformer ces différents défis en opportunités nouvelles de croissance à même d’accélérer la transformation économique et l’émergence de notre pays, objectif du Plan National de Développement en cours. 

 

Mesdames et Messieurs, Chers Journalistes,

Je commencerai donc par la crise sanitaire et économique générée par la pandémie de Covid-19 qui a beaucoup éprouvé le Secteur Privé et l’ensemble du tissu économique dans le monde de manière générale, et en Côte d’Ivoire en particulier.

Au plus fort de la crise sanitaire, en 2020, notre Confédération s’est mobilisée pour rechercher des solutions à même de soutenir les entreprises, de les aider à passer le cap et à continuer leurs activités.

Nous avons en effet proposé au Gouvernement, au sein des cadres de dialogue existants et renforcés pour la circonstance, une trentaine de mesures fortes de soutien au Secteur Privé ; notamment des mesures d’ordre fiscal et douanier, de remboursement des créances des entreprises sur l’Etat, ainsi que des mesures qui ont permis de réaménager les restrictions sanitaires pour faciliter la continuité de leurs opérations.

Nos propositions ont aidé à l’élaboration par le Gouvernement d’un plan de riposte économique, social et humanitaire comprenant la création de quatre fonds, dont deux dédiés aux Grandes Entreprises et aux PME.

En dépit des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de ces fonds, les entreprises ivoiriennes ont développé une grande capacité de résilience et d’adaptation, ce qui a permis à notre pays de se relever rapidement, et d’enregistrer une croissance d’environ 2% pendant que nombre de pays dans le monde et en Afrique en particulier, étaient en récession. Je voudrais ici saluer et remercier chaleureusement toutes ces entreprises, tous ces chefs d’entreprises dont la combativité a permis à notre pays de limiter les dégâts.

Nous avons tiré de cette crise, de nombreux enseignements. Le monde actuel étant désormais parsemé de crises diverses, nos entreprises doivent apprendre à vivre avec ces crises, à les surmonter pour en faire de nouvelles opportunités d’affaires et de croissance de leurs activités.

Et c’est le lieu de rappeler que c’est fort justement que nous avions retenu pour thème de notre 9ème édition de la CGECI Academy 2021, « Crises et résilience des Entreprises en Afrique ».

Le deuxième point de cette intervention liminaire, que j’aborde à présent, est celui de l’environnement économique actuel marqué à la fois par la poursuite de la pandémie de Covid-19 quoique à des niveaux moindres, et les effets de la guerre en Ukraine, fortement préjudiciables aux entreprises.

Cette nouvelle crise, débutée en février 2022, a notamment accéléré l’augmentation des cours des matières premières déjà observée, spécifiquement pour les prix de l’énergie, des engrais, et des céréales en raison du poids des deux belligérants dans le commerce mondial de ces produits. 

De cette situation découlent des taux d’inflation élevés un peu partout dans le monde, et la Côte d’Ivoire n’est pas en reste, avec un taux d’inflation attendu à 4,7% en 2022 contre 2,4% en 2020 et 0,8% en 2019.

Tout cela se produit, dans un contexte où notre pays est loin d’être autosuffisant pour la couverture de ses besoins énergétiques et alimentaires et, où des entreprises, qui font encore une fois face à des tensions sur les chaînes logistiques et d’approvisionnements ainsi qu’à des pressions au niveau de leurs coûts de production, voient, pour certaines d’entre elles, les prix de vente de leurs produits plafonnés pour protéger le pouvoir d’achat des populations.

Une telle exposition a nécessairement des conséquences sur la capacité des entreprises à produire, recruter, investir, et même maintenir leurs activités sur le moyen et long terme.

Tout en saluant les mesures récemment décidées par le Gouvernement en faveur des fonctionnaires pour faire face au renchérissement du coût de la vie, je voudrais ici réitérer ma demande aux plus hautes autorités du pays, pour une répartition plus équitable des efforts entre tous les acteurs économiques de notre pays. Un arbitrage rigoureux et efficient doit être fait entre les mesures destinées à soutenir le pouvoir d’achat des citoyens et celles nécessaires pour soutenir le Secteur Productif, de sorte à ne pas pénaliser les entreprises, principales créatrices de richesses et d’emplois.

 

Et nous ne pouvons passer sous silence le contexte sous-régional marqué par une instabilité politique et sécuritaire qui touche des pays voisins, marché traditionnel d’exportation de l’industrie ivoirienne.

 

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

Abordant le troisième point de mon intervention, j’aimerais dire, d’emblée, que l’environnement économique actuel, peu propice à l’essor du Secteur Privé, ne doit pas être vécu comme une fatalité. Nous devons être capables de transformer ces défis en opportunités et ainsi, accélérer la transformation de notre économie. Mais, pour ce faire, un soutien plus important de l’Etat aux entreprises est nécessaire.

Les entreprises ivoiriennes et la CGECI à leurs côtés, se sont résolument engagées dans la transformation structurelle de notre économie et elles ont besoin d’être accompagnées. Elles doivent pouvoir évoluer dans un environnement des affaires plus propice, avec des infrastructures et des instituts de recherche de qualité. Elles ont également besoin d’un climat politique, social et sécuritaire apaisé, d’un système judicaire crédible et d’une administration qui fait de la culture de la redevabilité et du résultat son leitmotiv. Les efforts menés par l’Etat dans ces différents domaines méritent d’être salués, mais il nous faut aller plus loin.

S’il est vrai que notre pays a réalisé des réformes et des progrès significatifs depuis 2012, force est de constater que de nombreuses pesanteurs freinent encore le développement harmonieux du Secteur Privé en général et de nos PME en particulier. Il s’agit notamment, de l’environnement fiscal, parafiscal et réglementaire encore trop contraignant pour les entreprises formelles, des lenteurs et de la complexité de certaines procédures administratives, de la multiplicité des licences d’affaires pour ne citer que ces exemples. 

Or, avec les mutations économiques et géopolitiques qui s’accélèrent, et la Zone de Libre Echange Continentale qui s’opérationnalise progressivement, la Côte d’Ivoire doit se donner les moyens de disposer de PME et de grandes entreprises innovantes et conquérantes.

Pour y arriver, et pour atténuer les effets sur notre pays des chocs exogènes que nous subissons actuellement, il est indispensable que la question des conditions nécessaires à l’accélération d’une industrie à plus forte valeur ajoutée soit, un axe majeur de tous nos débats sur la transformation structurelle tant souhaitée de notre économie. 

Pour sa part, la CGECI a fait, sur le sujet, une contribution importante en partageant avec le Gouvernement, il y a de cela deux ans, un Livre Blanc sur l’Industrialisation de la Côte d’Ivoire, dont les principales propositions ont été intégrées dans le PND 2021-2025.

L’autre sujet, non moins important, pour réussir la conquête du marché régional et continental, est celui des Champions Nationaux que nous appelons de tous nos vœux. Il s’agit pour nous de l’émergence d’acteurs locaux de très grande taille, soutenus par une politique volontariste et des mesures incitatives de la part de l’Etat. Aux côtés de la présence souhaitée et de la participation attendue d’investissements étrangers, il est, pour nous, essentiel que dans des secteurs prioritaires, en ligne avec le Plan National de Développement et la Vision Côte d’Ivoire 2030, une part significative de notre développement économique soit prise en main par les entrepreneurs nationaux. 

Au-delà du fort impact économique attendu d’eux, ces Champions auront un impact direct sur des chaînes de valeur entières, sur les populations et sur l’image du pays. Ils auront aussi la responsabilité morale et réglementaire de faire grandir, notamment par la sous-traitance et par leur encadrement, les petites entreprises d'aujourd'hui, pour en faire les champions de demain.

 

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

Chers Partenaires,

La CGECI, pour sa part, se donne les moyens de mieux accompagner le Secteur Privé et surtout nos PME, en œuvrant aux côtés de l’Etat à réformer l’écosystème entrepreneurial et les structures d’appui et d’accompagnement.

Aussi, toutes ces stratégies d’accélération de l’industrialisation et de promotion de Champions Nationaux ont un seul objectif : permettre aux entreprises ivoiriennes de saisir les opportunités qu’offre actuellement le marché national et régional, et se préparer à la compétition continentale imminente, avec l’avènement de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine, la ZLECAf.

Dans cette aspiration à classer nos entreprises parmi les leaders du continent africain, nous devons, naturellement, avoir le souci constant du développement des compétences, qui sera le nerf de la future guerre économique et du maintien de la paix sociale au sein des entreprises. 

En matière de développement des compétences, la Côte d’Ivoire a encore fort à faire, pour disposer d’un système éducatif et de formation professionnelle de qualité et parfaitement connecté au marché de l’emploi. Nous devons disposer de structures plus performantes dotées de ressources financières confortables, pour financer la formation professionnelle. Sur ce dernier point, le Fonds pour le Développement de la Formation Professionnelle, le FDFP, s’avère être un instrument important pour le Secteur Privé. C’est pourquoi, nous exhortons le Gouvernement à améliorer le cadre règlementaire qui régit ce Fonds et mieux, à accéder à la volonté du Comité de Gestion de l’institution qui est de finaliser la réforme qu’elle a entamée depuis 2007.

Pour ce qui est de la paix sociale au sein des entreprises, la CGECI et la FIPME, représentants le Collège des Employeurs au sein des organes en charge du dialogue social, et constantes dans leur volonté de maintenir un climat social apaisé au sein des entreprises, ont amorcé des discussions avec les centrales syndicales les plus représentatives, pour s’accorder avec elles sur un nouveau SMIG et engager sereinement les discussions sur les minimas catégoriels conventionnels de salaire. 

 

Mesdames et Messieurs, Chers Partenaires de la Presse,

Pour mieux accompagner le Secteur Privé, la CGECI a également travaillé à renforcer sa présence auprès des instances sous régionales et internationales. Elle assure, depuis des années, la présidence de la Fédération des Organisations Patronales de l’Afrique de l’Ouest (FOPAO). A ce titre, elle a développé des relations étroites avec la CEDEAO et l’UEMOA ainsi qu’avec les chambres consulaires de ces organisations. L’objectif étant de mieux sensibiliser ses membres aux politiques et réformes communautaires, de leur offrir plus d’informations sur le marché régional et d’appuyer l’Etat dans ses actions en faveur de la suppression des entraves tarifaires et non tarifaires sur ledit marché.

La CGECI assure également une présence continue auprès des instances de plusieurs organisations internationales, l’Organisation Internationale du Travail en premier, et elle accentue au fil du temps, la coopération avec des organisations patronales étrangères telle que le MEDEF, le Patronat Néerlandais et plusieurs autres patronats africains.

Je voudrais encore une fois remercier toutes ces Organisations qui nous ont toujours été utiles dans le partage des bonnes expériences et des bonnes pratiques pour l’amélioration de la performance de nos entreprises. J’associe à ces remerciements, les structures traditionnelles de coopération du système des Nations Unies en Côte d’Ivoire, dont l’appui et le soutien ne nous ont jamais fait défaut.

Et c’est fort de toutes ces riches expériences que nous avons choisi comme thème du 10ème anniversaire de la CGECI ACADEMY, notre Forum Economique annuel : « Quels Partenariats pour valoriser le potentiel des entreprises en Afrique ».

L'édition 2022 de la CGECI ACADEMY, grand rendez-vous du Secteur Privé Ivoirien et Africain, est un événement double : avec d'une part, la célébration des dix (10) années d'existence de ce Forum devenu le plus grand rassemblement du Secteur Privé en Côte d’Ivoire et, d'autre part, la tenue de la 2ème Rencontre des Entrepreneurs Francophones (REF), réunis au sein de l'Alliance des Patronats Francophones, composée d’une trentaine de pays.

Je vous donne rendez-vous, à cet effet, les 27 et 28 Octobre 2022 au Sofitel Hôtel Ivoire d'Abidjan.

 

Mesdames et Messieurs, les Journalistes,

Chers Partenaires de la Presse Nationale et Internationale,

Tel est le bilan de quelques actions de la CGECI qu’il était important de partager avec vous qui avez pour mission, d’éclairer l’opinion publique nationale et internationale.

Enfin, je voudrai vous remercier d’être venu nombreux et je suis disponible pour vous fournir, si vous le souhaitez, plus de détails sur les thématiques que nous venons d’aborder dans ce propos liminaire.


Je vous remercie.

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