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Économie Publié le vendredi 12 avril 2024 | Abidjan.net

Coopération sino-ivoirienne : « La part de la Chine dans les grands projets de construction d’infrastructures en Côte d’Ivoire » (Ambassadeur Wu Jie)

© Abidjan.net Par RK
Wu Jie, ambassadeur de la république populaire de Chine en Côte d'Ivoire

Le 5 avril 2024, à Abidjan, en marge de la cérémonie de remise des Prix de la 7ème Edition du Concours Prix Médias -- La Chine à Mes Yeux, l’Ambassadeur Wu Jie a répondu aux questions posées par les confrères de la presse ivoirienne. Ci-dessous, l’intégralité des échanges.  


I. Coopération économique


1. La Côte d’Ivoire est en chantier avec de grands projets de construction d’infrastructures. Quelle est la part de la Chine dans ces différents projets, Existent-ils d’autres projets que la Chine va financer en Côte d’Ivoire? et comment analysez-vous aujourd’hui l’évolution de la Côte d’Ivoire sur le plan du développement ?


Actuellement, les projets construits par les entreprises chinoises en Côte d’Ivoire concernent les différents secteurs. Il s’agit de travaux électrique, hydraulique, routier, etc., tels que projet d’aménagement hydroélectrique de Gribo-Popoli, le projet de renforcement de l’alimentation en eau potable de douze villes, le projet de construction du 4e pont d’Abidjan, le projet de construction de la centrale biomasse Biovéa, le projet de construction d’une usine de transformation du cacao et d’un magasin de stockage de fèves de cacao à Abidjan, les travaux de construction de l’Université de Bondoukou-Tranche 1, etc.. Le 4e pont, les travaux de dédoublement de la route de la prison civile Sortie Est, l’usine de traitement de cacao d’Abidjan, et le projet de l’Univesrsité de Bondoukou seront achevés cette année et livrés au gouvernement ivoirien. D’ailleurs, la centrale hydraulique de Gribo-Popoli sera raccordée au réseau d’électricité plus tôt que prévu. À l’égard de la part des entreprises spécifiques dans ces différents projets, nous n’en disposons pas.


Conformément aux exigences de la partie ivoirienne, la partie chinoise financera et soutiendra activement les projets clés proposés par le gouvernement ivoirien, pour autant que les conditions de financement soient remplies.


Deuxième économie d’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire est la locomotive du développement économique régional avec de larges perspectives, un bon environnement des affaires, un marché inclusif et ouvert. De plus en plus d’entreprises chinoises manifestent leurs intérêts au marché ivoirien pour s’y installer. Nous souhaitons faire du 40e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la Côte d’Ivoire un nouveau point de départ de la coopération bilatérale à un niveau plus élevé.


2. A combien s’élève le volume des échanges commerciaux entre la Chine et la Côte d’Ivoire ?


Ces dernières années, les échanges commerciaux entre la Chine et la Côte d’Ivoire ne cessent de s’accroître pour maintenir un bon élan de développement. Selon les statistiques des douanes chinoises, le volume global des échanges commerciaux entre la Chine et la Côte d’Ivoire en 2023 était de 5,28 milliards de dollars américains, en hausse de 21 % en glissement annuel. Les exportations de la Chine vers la Côte d’Ivoire se sont élevées à 4,21 milliards de dollars américains et les importations en provenance de la Côte d’Ivoire à 1,07 milliard de dollars américains, soit une augmentation de 10,6 % en glissement annuel, les importations étant principalement constituées de caoutchouc, de cacao et de leurs produits dérivés. Selon les statistiques de la Côte d’Ivoire, la Chine a été le premier partenaire commercial de la Côte d’Ivoire en 2023, et les perspectives commerciales entre les deux pays sont prometteuses.


3. Pour les populations africaines la Chine c’est des investissements gigantesques en infrastructures et peut-être un peu de service, quels sont les projets de développement social en Afrique pour les années à venir ? Si l’Afrique élargie ses relations économiques stratégiques à toutes les régions très avancées du monde ?


Depuis l’établissement des relations diplomatiques avec des pays africains dans les années 1950, et en particulier depuis la création du Forum sur la Coopération sino-africaine (FOCAC) il y a 24 ans, la Chine a accompli des réalisations historiques dans ses relations avec l’Afrique, ce qui a changé le visage de l’Afrique et amené la communauté internationale à accorder plus d’attention à l’Afrique. La Chine apprécie l’augmentation des investissements de la communauté internationale en Afrique et se réjouit de voir une contribution des différents pays au développement en Afrique. La partie chinoise estime que l’Afrique doit être le théâtre d’une coopération internationale, plutôt qu’une arène de compétition entre les grandes puissances. Dans le même temps, nous réfléchissons également sur la manière de promouvoir la coopération sino-africaine en conformité avec l’évolution de son temps, pour qu’elle continue d’être améliorée et à l’avant-garde de la communauté internationale. La Chine espère que la Chine et l’Afrique parviendront à un consensus sur le renforcement des échanges en matière de gouvernance et sur l’accélération de la modernisation lors de la nouvelle session du FOCAC qui se tiendra à l’automne à Beijing, afin d’ouvrir de nouveaux horizons et d’élever le niveau de la coopération sino-africaine.


4. Qu’en est-il du transfert des technologies chinoises au profit des marchés africains ? L’Afrique a un besoin cruciale d’industrialisation. La Chine a-t-elle une politique d’accompagnement industrielle pour soutenir l’Afrique ?


L’Initiative « Ceinture et Route », le FOCAC et d’autres mécanismes prévoient des politiques d’accompagnement industrielle pour soutenir l’Afrique. Le Président chinois XI Jinping a proposé des mesures majeures pour stimuler l’intégration et la modernisation de l’Afrique lors du Dialogue des dirigeants sino-africains tenu à Johannesburg en août dernier : premièrement, « l’Initiative pour le soutien à l’industrialisation de l’Afrique », qui comprend la mobilisation des ressources de la Chine pour la coopération avec l’Afrique et des initiatives des entreprises chinoises pour soutenir le développement du secteur manufacturier et la réalisation de l’industrialisation et de la diversification économique en Afrique. Deuxièmement, « Programme d’assistance de la Chine à la modernisation de l’agriculture de l’Afrique », qui encourage les entreprises chinoises à accroître leurs investissements dans l’agriculture africaine, renforce la coopération dans les sciences et technologies agricoles, telles que l’industrie des semences, dans le but de contribuer à la transformation de l’agriculture africaine. Troisièmement, « Plan de coopération sino-africaine pour la formation des talents », comprenant la formation chaque année de 500 directeurs et enseignants clés africains issus d’écoles professionnelles, la formation de 10 000 talents polyvalents « langue chinoise + compétences professionnelles » et l’invitation de 20000 fonctionnaires et techniciens africains à participer aux formations et séminaires.


 

II. Coopération de sécurité


1. Combien de base militaire, la Chine dispose-t-elle sur le continent africain dans le cadre de sa coopération militaire avec les pays africains ? Quelle est la nécessité de cette présence militaire ?


La Chine poursuit toujours une voie du développement pacifique et pratique une politique de défense nationale défensive. Jamais elle ne prétendra à l’hégémonie, ni ne pratiquera une politique d’expansion, ni ne cherchera à se créer une sphère d’influence.


Le 1er août 2017, la base de soutien de l’Armée populaire de Libération de Chine a été construite et mise en service à Djibouti. Il s’agit d’une base de soutien au lieu d’être “une base militaire”. Cette base a pour but de mieux assumer les responsabilités internationales, de remplir les obligations internationales et de protéger les droits et intérêts légitimes de la Chine.


Depuis sa création, la base a fourni du soutien de récupération et d’approvisionnement aux missions chinoises concernant le maintien de la paix, l’escorte et l’aide humanitaire, s’est engagée dans la coopération avec la partie djiboutienne en matière d’échanges, d’activités bénévoles et d’assistance médicale, et a fait une contribution positive dans le maintien de la paix et de la sécurité dans la région et le monde entier, ainsi que dans la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité.


2. Que prévoit la Chine pour soutenir les efforts de paix dans les pays africains en crise et ailleurs dans le monde ?


Ces dernières années, grâce à l’engagement et à la promotion conjoints du Président XI Jinping et des dirigeants africains, la coopération militaire sino-africaine s’est développée en profondeur. Les deux parties ont organisé le Forum Chine-Afrique sur la paix et la sécurité et des conférences thématiques dans ce cadre, maintiennent des échanges étroits aux différents niveaux, et ont obtenu des résultats fructueux dans les domaines tels que la construction de l’armée, la formation du personnel, la sécurité maritime, les opérations de maintien de la paix, la santé et l’aide humanitaire.


Le Président XI Jinping a avancé l’Initiative pour la Sécurité mondiale, appelant tous les pays à effrayer une nouvelle voie pour la sécurité marquée par le dialogue plutôt que la confrontation, le partenariat plutôt que l’alliance, et le gagnant-gagnant plutôt que le jeu à somme nulle. La vision de sécurité commune, intégrée, coopérative et durable prônée par cette initiative est saluée et soutenue par plus de 100 pays et organisations régionales et internationales, y compris de nombreux pays africains. La Chine poursuivra, avec les pays africains, le principe de sincérité, de résultats effectifs, d’amitié et de bonne foi, promouvra la mise en concrétisation des consensus importants des dirigeants, multipliera les échanges stratégiques et la coopération pragmatique et renforcera la qualité et l’efficacité de la coopération, afin d’offrir une garantie sécuritaire fiable à la construction de qualité d’une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique, et d’apporter une plus grande contribution au maintien de la sécurité dans la région et le monde entier, ainsi qu’à la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité.


III. Affaires intérieures de la Chine


1. Taiwan demeure à ce jour un enjeu majeur pour la République populaire de Chine. Jusqu’où l’Etat chinois est-il prêt à aller sur la question de Taiwan, et pourquoi c’est si important pour la Chine d’avoir Taiwan comme partie intégrante de son territoire ? La Chine est-elle prête à user de la force pour que Taiwan soit rattaché au contient ?


Il n’existe qu’une seule Chine dans le monde et Taiwan fait partie intégrante de la Chine. Le gouvernement de la République populaire de Chine est l’unique gouvernement légal représentant toute la Chine. Le principe d’une seule Chine est un consensus général de la communauté internationale et une norme fondamentale régissant les relations internationales. Consacré par la résolution 2758 de l’Assemblée générale des Nations Unies adoptée en 1971, ce principe est le fondement politique du développement de relations de la Chine avec tous les autres pays du monde. « Taiwan, en tant que province de la Chine, n’a pas de statut indépendant », « les autorités de Taiwan ne jouissent d’aucune forme de statut gouvernemental », et il faut utiliser le terme « Taiwan, province de la Chine ».


Taiwan appartient à la Chine depuis l’antiquité. Ce fait est clair sur les plans historique et juridique. C’est un fait incontestable et incontesté. Dès le 3ème siècle, la Chine a rédigé les premiers récits sur Taiwan. Depuis le milieu du 12ème siècle, le gouvernement central de dynasties chinoises ont commencé à établir des agences administratives à Taiwan pour exercer leur juridiction. En 1895, le Japon a forcé le gouvernement des Qing à céder Taiwan par une guerre d’agression contre la Chine. En 1943, la Déclaration du Caire stipulait clairement que le Japon devait restituer à la Chine tous les territoires chinois qu’il a dérobés, dont Taiwan. En 1945, la Déclaration de Potsdam réaffirmait que les termes de la Déclaration du Caire seraient mis en œuvre. Le 25 octobre 1945, la Chine a déclaré la reprise de sa souveraineté sur Taiwan, ce qui marque qu’elle a récupéré Taiwan de jure et de facto. En 1949 a été fondé le gouvernement central populaire de la République populaire de Chine, lequel est devenu l’unique gouvernement légal représentant toute la Chine à la place du gouvernement de la République de Chine. C’est un changement de régime qui a eu lieu sans aucun changement pour la Chine en tant que sujet du droit international. Même si les deux rives du Détroit se trouvent depuis longtemps dans une situation particulière de confrontation politique, la souveraineté et le territoire de la Chine n’ont jamais été divisés et sont indivisibles. Le statut de Taiwan en tant qu’une partie du territoire chinois n’a jamais changé et n’accepte aucun changement. La question de Taiwan est une question léguée par la guerre civile chinoise, relève entièrement des affaires intérieures de la Chine et se trouve au cœur même de ses intérêts vitaux.


Résoudre la question de Taiwan et réaliser la réunification complète de la Chine constituent une tâche historique immuable du Parti communiste chinois. Cette entreprise correspond à l’aspiration commune de tous les Chinois et s’avère indispensable pour réaliser le grand renouveau de la nation chinoise. La Chine doit réaliser et réalisera la réunification, tel est un courant historique qui ne saurait changé. Le principe « réunification pacifique ; un pays, deux systèmes » correspond le mieux aux intérêts de l’ensemble de la nation chinoise, y compris nos compatriotes de Taiwan, contribue le mieux à la stabilité et au développement de long terme de la Chine, et constitue la première option du PCC et du gouvernement chinois pour résoudre la question de Taiwan.


En même temps, la Chine a le droit, selon le principe de la souveraineté nationale, de prendre toutes les mesures pour sauvegarder sa souveraineté et son intégrité territoriale, y compris l’utilisation des moyens militaires pour combattre les forces sécessionnistes et réaliser la réunification du pays. Nous ne nous engageons pas à renoncer à l’emploi de la force et nous nous réservons l’option de prendre toutes les mesures nécessaires. Cela ne cible en aucun cas nos compatriotes de Taiwan, mais les ingérences des forces extérieures et les activités sécessionnistes d’une infime minorité d’éléments visant l’« indépendance de Taiwan ». Nous ne recourrons aux moyens nos-pacifiques qu’en dernier recours. Si les forces sécessionnistes visant l’« indépendance de Taiwan » ou les forces extérieures nous provoquent, nous forcent la main, voire même franchissent la ligne rouge définie par la Loi anti-sécession de Chine, nous serons obligés de prendre des mesures fermes.


2. En Chine, il est de plus en plus question ces derniers temps du travail forcé de musulmans dans les champs de coton dans la province de Xhinjiang. Qu’en est-il exactement ? Que font les autorités chinoises face à la situation ?


Depuis un certain temps, par préjugés idéologiques et objectifs anti-chinois, certaines forces fabriquent et répandent à l’international de faux débats sur l’existence du « travail forcé » au Xinjiang, et noircissent la protection du travail et la sécurité de l’emploi dans la région. La partie chinoise y exprime sa ferme opposition et ses vives condamnations.


Toutes les ethnies au Xinjiang ont la liberté totale de travailler, et les droits et intérêts de travail sont garantis en vertu de la loi. Le Xinjiang s’attache au principe de travail marqué par une combinaison entre le travail libre des travailleurs, la régulation du marché, l’aide du gouvernement au travail et l’encouragement à l’entrepreneuriat. Les travailleurs et entreprises de toutes les ethnies établissent des relations de travail en toute autonomie par un choix dans les deux sens. Les travailleurs ont la liberté totale de choisir leur métier et leur liberté personnelle n’est soumise à aucune contrainte. Le gouvernement populaire de la Région autonome ouïgoure du Xinjiang poursuit toujours la Constitution de l’Organisation internationale du Travail et les esprits des conventions concernées, et applique strictement la Loi de Travail de la Chine et d’autres lois et réglementations. Les droits des travailleurs du Xinjiang à la rémunération, aux congés, à la protection de la sécurité et de la santé, et à la protection sociale dans le travail sont tous protégés en vertu de la loi.


Les faits et les statistiques attestent la garantie des droits de travail des habitants du Xinjiang : Ces dix dernières années, le revenu disponible par habitant a doublé, passant de 13,7 mille Yuans RMB à 28,9 mille Yuans RMB. En 2023, le revenu disponible a augmenté de 5,6% et de 8,4% respectivement pour les habitants en ville et ceux dans la campagne du Xinjiang, cet indicateur de croissance se classe au premier rang national. En 2023, près de trois millions d’habitants se sont engagés dans les négociations collectives sur les relations de travail. Plus de 300 bureaux de la loi ont été créés au Xinjiang, et les syndicats de tous niveaux et les avocats coordonnent la garantie des droits et intérêts et répondent aux revendications des travailleurs en vertu de la loi.


Le prétendu récit du « travail forcé », au mépris des faits, déforme et dénigre la politique de la Chine sur la gouvernance du Xinjiang, a pour but de saboter la prospérité et la stabilité dans la région et d’endiguer le développement de la Chine. Il sabote dans le même temps les règles économiques et commerciales internationales, et perturbe la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement internationales. Ces actes visant à attaquer et à noircir les autres pays qui ne sont bénéfiques pour personne doivent être rejetés par toute la communauté internationale.


Certain pays s’obstine à faire du tapage autour des rumeurs sur les prétendus « génocide » et « travail forcé » au Xinjiang, mais n’accorde pas d’attention aux catastrophes humanitaires à Gaza et ailleurs, ce qui révèle clairement son hypocrisie.



Par Ck

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