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Société Publié le mardi 30 avril 2024 | AIP

L’agroforesterie présentée comme une valeur économique en termes de production des cultures de rente (Interview)

Man-Le délégué régional du Conseil café-cacao du Tonkpi, dans une interview accordée à l’AIP, présente l’agroforesterie comme une valeur économique en termes de production des cultures de rente.


Au terme d’une mission de sensibilisation à Mahapleu, dans le département de Danané, Fatiga Mamadou, a insisté sur l’urgence et la nécessité pour les producteurs de s’engager dans ce projet destiné à la reforestation, en vue de rendre durable la production agricole, mais aussi de restaurer le microclimat de la région et engranger plus de revenus.


Entretien.


1/ Monsieur le délégué régional, de la façon la plus simple et pour la compréhension du citoyen lambda, que faut-il comprendre par l’agroforesterie ?


L’agroforesterie, c’est un système de culture qui met en association les plants agricoles, je veux dire tout ce qui est produit agricole, végétal en association avec les arbres. Terre-à-terre, c’est associer les activités agricoles au planting des arbres tout simplement.


2/ Aujourd’hui l’agroforesterie se présente comme une pratique innovante, quel enjeu pour le développement de nos régions en particulier et pour le pays en général ?


Oui, aujourd’hui, c’est vrai, c’est une situation innovante, parce qu’il se trouve que, depuis un certain nombre d’années, la disparition de la forêt a commencé à être importante et au regard de ça, on s’est dit mais quelle méthode il faut employer pour qu’on puisse toujours continuer à produire et en même temps aussi préserver la forêt. Donc, c’est un peu l’équation qu’il fallait résoudre. Ceci a amené nos chercheurs à mettre en place cette technique culturale qui est d’associer l’agriculture au planting des arbres. Pour ce qui nous concerne, nous (Conseil café-cacao) avons demandé aux sachants de nous proposer des espèces d’arbres qui sont compatibles au cacao. Cette liste a été établie et depuis lors, nous avons proposé aux cacaoculteurs, tout en préservant leur activité de production, de contribuer à faire revenir la forêt comme cela était dans le temps passé. Ce qui nous amène à les sensibiliser à planter des arbres dans leurs cacaoyers, pour qu’ensemble les plants puissent aider le cacao pour son plein développement. Voici ce que nous pouvons dire pour les motivations des enjeux.


Maintenant en ce qui concerne les enjeux au niveau de la région du Tonkpi, la pratique de l’agroforesterie va lutter contre la déforestation et donc faire revenir le beau climat que nous avons dans la région. La contribution de l’agroforesterie va donner aussi au Tonkpi une valeur économique, en termes de production de café et cacao. Et donc, il va sans dire que si le Tonkpi produit abondamment ces cultures de rentes, cela aura des répercutions au plan national. Et c’est cela qui nous pousse à promouvoir cette nouvelle méthode de culture.


3/ Il y a déjà eu un projet pilote de cette pratique d’agroforesterie dans le Tonkpi, à quel niveau se situe, à ce jour, la mise en œuvre du projet ?


Dans le Tonkpi, il y a eu une première phase de planting et vous savez quand on dit projet, il y a toujours une phase pilote et cela, dans les deux dernières campagnes passées (2021-2022 et 2022-2023). Campagnes au cours desquelles nous avons fait de l’agroforesterie avec les cacaoculteurs. Et à cette campagne 2023-2024, nous avons marqué une pause pour pouvoir repenser le projet. Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait certaines failles dans le projet. Par exemple, les producteurs prenaient les plants et ne les plantaient pas. On n’arrivait pas à comprendre pourquoi. Mais après un diagnostic, nous nous sommes rendu compte que certains producteurs étaient réticents parce qu’ils se disaient que s’ils plantent les arbres, les exploitants forestiers viendront les couper.


Peut-être qu’ils n’avaient pas connaissance du nouveau code forestier qui leur donne plein pouvoir sur la propriété de l’arbre. Avec du recul, nous avons analysé plusieurs compartiments des situations devant lesquelles on était confronté et qui n’ont pas favorisé suffisamment l’engagement des producteurs. Nous avons donc pris beaucoup d’éléments en notre compte pour pouvoir faire redémarrer le projet. Et nous sommes confiant qu’avec les acquis des projets passés, cette initiative de la reforestation a de forte chance d’aboutir avec toutes les sensibilisations que nous menons autour.


4/ Quels bénéfices pour l’agriculteur à faire de l’agroforesterie ?


Vous savez l’approche du Conseil café-cacao est une approche participative où le producteur est au centre. Tout ce qu’on fait, on le fait pour le paysan et avec le paysan. Aujourd’hui si nous venons sensibiliser les producteurs à faire de l’agroforesterie, c’est parce que nous estimons que cette nouvelle pratique agricole peut apporter des revenus substantiels aux producteurs. D’abord au niveau même du microclimat, le fait de faire de l’agroforesterie change le climat. C’est dire que désormais si venons dans le Tonkpi et qu’il y a une forte densité d’arbres plantés, les saisons des pluies seront respectées et on aura un bon calage des calendriers agricoles. Aussi avec les arbres qui vont favoriser l’abondance des pluies, il y aura une intensification des cultures vivrières et cela est à l’avantage de l’agriculteur. L’agroforesterie va susciter de l’ombrage pour le développement végétatif du cacaoyer. Donc en faisant de l’agroforesterie, les cacaoyers vont plus se développer et produire beaucoup.


5/ De quelles aides peut-on bénéficier dans son projet d’agroforesterie ?


Le projet est une contribution du Conseil café-cacao à la reforestation. Il est fait pour les producteurs. Donc si vous êtes producteur, le Conseil produit les plants et les met à votre disposition gracieusement et si vous êtes un groupe de producteurs dans un campement, non seulement le Conseil vous fournit gratuitement les plants, mais assure son convoyage jusqu’à vous. En clair, le Conseil café-cacao vous fournit les arbres gratuitement, tout ce qu’on vous demande, c’est de suivre les conseils de l’ANADER pour les trouaisons, l’entretien du plant jusqu’à ce qu’il devienne un arbre.


6/ Comment être accompagné dans son projet d’agroforesterie ?


Pour être accompagné, nous disons qu’il faut être d’abord producteur du café-cacao. Quand vous êtes producteur, vous pouvez en ce moment vous inscrire sur la liste des potentiels bénéficiaires. A partie de cette liste, on vous met en contact avec les agents de l’ANADER qui vont faire le diagnostic de votre plantation et définir le nombre de plants à mettre à votre disposition. Dès lors, vous intégrez le projet. A partir de ce moment, le Conseil vous fournit tous les plants pour commencer votre planting. Une fois que les plants sont mis en terre, votre plantation sera géoréférencée pour qu’on fasse le suivi des arbres plantés jusqu’à maturité.


Entretien réalisé par Delphin EHUI, CBR Man


kp

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