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Économie Publié le vendredi 23 janvier 2026 | Agence Ecofin

L'italien Eni va céder 10% de ses parts dans le plus grand champ pétrolier de Côte d'Ivoire

L'italien Eni va céder 10% de ses parts dans le plus grand champ pétrolier de Côte d'Ivoire
© Agence Ecofin Par DR
L'italien Eni va céder 10% de ses parts dans le plus grand champ pétrolier de Côte d'Ivoire

En cédant 10 % du projet Baleine à la compagnie nationale azerbaïdjanaise SOCAR, Eni ajuste de nouveau la structure capitalistique du principal développement offshore ivoirien.



Eni a signé ce jeudi 22 janvier un accord contraignant avec la compagnie pétrolière publique azerbaïdjanaise SOCAR, pour la cession de 10 % de sa participation dans le projet Baleine, principal développement offshore de la Côte d’Ivoire. À l’issue de cette opération soumise aux approbations réglementaires habituelles, le groupe italien conservera le rôle d’opérateur avec 37,25 % du capital, aux côtés de Vitol (30 %) et de la société nationale Petroci (22,75 %).



Cette transaction entre dans le cadre d'une recomposition rapide de l’actionnariat du plus grand champ producteur pétrogazier du pays, et s'inscrit dans une stratégie plus large d’optimisation du portefeuille amont d'Eni.



Partage des risques et optimisation du portefeuille



L’arrivée de SOCAR survient après l’entrée récente de Vitol au capital du projet. Finalisée fin septembre 2025 après l’obtention des autorisations requises, la cession de 30 % à la maison de négoce suisse avait déjà réduit la part d’Eni, tout en lui permettant de conserver une position majoritaire. Pour la société italienne, l’objectif est de partager les risques financiers et opérationnels d’un actif en production, tout en libérant des ressources pour d’autres développements en amont. Baleine devient ainsi un exemple de la stratégie de gestion active du portefeuille qu'elle mène en Côte d’Ivoire.


La vente de 10 % à SOCAR répond à un modèle par lequel Eni cherche à monétiser plus tôt ses découvertes, une fois celles-ci entrées en phase de développement ou de production. Cette approche repose sur des cessions ciblées de participations, sans remise en cause du contrôle opérationnel. En Côte d’Ivoire, elle a permis au groupe de financer l’expansion de son portefeuille offshore, qui compte désormais dix blocs après l’acquisition de nouveaux permis en mer ces dernières années.



Au-delà de Baleine, l’accord reflète le renforcement des relations entre Eni et SOCAR. En 2024, les deux entreprises ont signé trois protocoles d’accord couvrant l’exploration et la production d’hydrocarbures, la sécurité énergétique, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la chaîne des biocarburants. La prise de participation de SOCAR dans le principal projet ivoirien d’Eni donne une traduction concrète à cette coopération, dans un actif à la fois stratégique et symbolique.



Baleine, un actif structurant dans la stratégie énergétique ivoirienne



Présent en Côte d’Ivoire depuis 2015, Eni a fait de Baleine son premier développement dans le pays. Découvert en 2021, le champ a marqué un tournant pour l’industrie ivoirienne des hydrocarbures, après deux décennies sans découverte commerciale majeure. Mis en production en 2023 dans des délais resserrés, il est aujourd’hui le premier projet à émissions nettes zéro développé en Afrique. Les phases 1 et 2 assurent une production de plus de 62 000 barils de pétrole par jour et de plus de 75 millions de pieds cubes de gaz par jour, une part significative de ce gaz étant destinée au marché intérieur pour soutenir la production d’électricité.


 La suite du projet se joue désormais avec la phase 3, actuellement à l’étude. Celle-ci doit porter la production à 150 000 barils de pétrole par jour et 200 millions de pieds cubes de gaz par jour. La décision finale d’investissement est attendue d’ici fin 2025. Selon les données disponibles, le champ devrait rester économiquement viable jusqu’en 2059, ce qui en fait un pilier de long terme pour la production nationale.



À ce stade, Baleine représente environ 8 % de la production pétrogazière quotidienne de la Côte d’Ivoire, et occupe une place centrale dans la politique énergétique du pays.


Pour Eni, l’opération confirme une stratégie d’optimisation de l’amont. Pour la nation éburnéenne, elle consolide un actif devenu structurant pour sa trajectoire énergétique et économique.



Olivier de Souza

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