La question de la confiance du public envers les médias à l’ère de l’intelligence artificielle (IA) était au coeur du débat lors des travaux de la Conférence internationale de la presse francophone (CIPREF 2026), qui se tient du 21 au 25 janvier à Libreville, au Gabon.
Réunis à cette occasion, des journalistes, chercheurs et acteurs des médias de l’espace francophone ont mis en lumière les défis posés par la prolifération des contenus automatisés et la rapidité de circulation de l’information sur les plateformes numériques, dans un contexte marqué par la montée de la désinformation.
La deuxième journée des travaux a été ponctuée par un panel consacré au thème « Éthique, véracité et transparence : comment maintenir la confiance du public dans la presse écrite, audiovisuelle et numérique à l’ère des contenus automatisés ? ».
Animé par le journaliste Cyprien Kouassi, membre de l’Union de la presse francophone (UPF), section Côte d’Ivoire, et par le journaliste sénégalais Abdou Kadré Seck, ce panel a permis d’examiner les mutations profondes du paysage médiatique, sous l’effet conjugué de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux.
Cyprien Kouassi a appelé les journalistes à revenir aux fondamentaux du métier, notamment le respect strict des règles déontologiques et de l’éthique professionnelle. Il a rappelé que la vérification des faits demeure l’outil le plus efficace pour faire face à la désinformation qui prolifère sur les plateformes numériques.
Selon lui, le fact-checking doit désormais être un réflexe professionnel, reposant sur l’usage d’outils et de méthodes permettant d’évaluer la fiabilité des textes, des images et des vidéos.
Il a, à cet effet, cité l’exemple de l’Agence ivoirienne de presse (AIP) et du quotidien d'Etat Fraternité Matin, dont les directions générales ont mis en place des cellules dédiées à la vérification de l’information.
Pour sa part, Abdou Kadré Seck a estimé que l’intelligence artificielle ne constitue pas une menace pour le journalisme, mais peut au contraire contribuer au renforcement de la rigueur professionnelle. Il a expliqué que les algorithmes offrent notamment des possibilités accrues d’analyse de vastes bases de données et de détection de tendances difficilement perceptibles à l’œil humain.
Toutefois, a-t-il précisé, l’IA doit rester un outil d’aide à la production sous contrôle humain, le journaliste demeurant le garant ultime de la vérification des faits et du respect des principes déontologiques.
Les travaux de la CIPREF 2026 se poursuivent jusqu’au 25 janvier. La délégation ivoirienne est conduite par la première responsable de l'UPF, Viviane Mouhi Ayéhui.
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