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Société Publié le samedi 31 janvier 2026 | Abidjan.net

Urgence écologique : l’Ambassade de France initie un programme pilote pour sauver les berges lagunaires en Côte d’Ivoire

Urgence écologique : l’Ambassade de France initie un programme pilote pour sauver les berges lagunaires en Côte d’Ivoire
© Abidjan.net Par JB
Biodiversité : L’Ambassade de France en Côte d’Ivoire lance un programme pilote pour restaurer les berges lagunaires avec la plantation de palétuviers
L’Ambassade de France en Côte d’Ivoire a lancé, ce samedi 31 janvier 2026, un programme pilote de restauration des berges lagunaires à la Résidence de France à Cocody. Cette initiative s’est matérialisée par une activité de plantation de palétuviers, espèce emblématique des mangroves.

L’Ambassade de France en Côte d’Ivoire a lancé, ce samedi 31 janvier 2026, un programme pilote de restauration des berges lagunaires à la Résidence de France à Cocody. Cette initiative s’est matérialisée par une activité de plantation de palétuviers, espèce emblématique des mangroves.


La cérémonie s’est déroulée en présence de SEM Jean-Christophe Belliard, Ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, du professeur Alassane Ouattara, enseignant-chercheur au Laboratoire de l’Environnement et de Biologie Aquatique de l’Université Nangui Abrogoua, et de Philippe Cecchi, directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), spécialiste de l’écologie des milieux aquatiques.


Prenant la parole, l’Ambassadeur de France a rappelé l’état de dégradation avancée des berges lagunaires, confrontées quotidiennement à l’accumulation de déchets plastiques, de pneus et d’autres rejets solides « Presque tous les jours, des tonnes de déchets arrivent ici. Il y a encore quelques semaines, un cadavre a été retrouvé. Il fallait agir », a-t-il souligné.


Après une première phase consacrée à l’installation de dispositifs physiques visant à limiter l’arrivée des déchets, l’objectif est désormais d’aller plus loin : restaurer l’écosystème lagunaire, améliorer l’oxygénation de l’eau et favoriser le retour de la biodiversité.


Dans une intervention à forte portée pédagogique, Philippe Cecchi (IRD) a dressé un état des lieux préoccupant de la lagune Ébrié, la plus vaste de Côte d’Ivoire avec plus de 560 km². Il a notamment indiqué que 250 tonnes de déchets urbains rejoignent chaque jour la lagune, dont 80 % sont des plastiques. En 2023, la Côte d’Ivoire a importé 457 000 tonnes de plastique, la classant parmi les 30 plus grands pollueurs plastiques au monde.


Le chercheur a également alerté sur la prolifération des microplastiques et nano plastiques, invisibles mais omniprésents dans l’environnement « On en boit, on en mange, on en respire. Une sardinelle sur trois pêchée devant Abidjan a ingéré du plastique », a-t-il affirmé, évoquant des conséquences sanitaires susceptibles de se manifester sur plusieurs générations, notamment à travers une augmentation des maladies chroniques.


De son côté, le professeur Alassane Ouattara a expliqué le rôle fondamental des mangroves et des palétuviers. Ces écosystèmes assurent la protection contre l’érosion et les inondations, la stabilisation des sols, la capture et le stockage du carbone, la création de zones de reproduction pour les poissons et crustacés, ainsi que la filtration naturelle des eaux polluées.


Il a rappelé qu’en Côte d’Ivoire, plus de 90 % des mangroves ont disparu en quelques décennies, passant d’environ 500 km² dans les années 1970 à moins de 32 km² aujourd’hui « Planter des palétuviers, ce n’est pas seulement planter des arbres. C’est investir dans l’adaptation climatique, la sécurité alimentaire et la biodiversité », a-t-il insisté.


Cette initiative pilote associe diplomatie, recherche scientifique, universités, organisations de la société civile et étudiants, illustrant une approche collaborative face aux défis environnementaux. Pour l’Ambassadeur de France, l’enjeu est clair : si ce type d’action était reproduit à plus grande échelle, la lagune d’Abidjan pourrait retrouver un autre visage « La force, c’est le nombre », a-t-il conclu.


JB

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