Le Syndicat National des Agents du Ministère de l’Agriculture(SYNAGRI) effectue depuis le 27 avril 2026 une tournée nationale qui prendra fin le 29 mai 2026. Débutée à Dabou, cette tournée se fait avec 8 délégations dans 70 localités de 20 régions du pays.
Mercredi 20 mai, à l’étape de Divo, le Syndicat a proposé la refonte de la gouvernance agricole ivoirienne. Il a appelé à faire confiance aux agents techniques du ministère de l’Agriculture pour les missions stratégiques de terrain. Il a invité le Ministre Bruno Koné à élargir ses consultations aux directeurs régionaux, aux directeurs départementaux ainsi qu’aux syndicats des agents, afin de disposer d’une lecture plus complète des réalités du terrain. Enfin il a proposé l’organisation d’un grand atelier national regroupant l’ensemble des acteurs concernés en vue de redéfinir les orientations de la politique agricole ivoirienne.
Ces propositions sont faites après une analyse critique du fonctionnement et des résultats des structures sous tutelle que sont le Conseil Café-Cacao, mle Conseil Coton-Anacarde et l’Agence Foncière Rurale(AFOR. « Depuis plusieurs années, l’orientation de la politique agricole ivoirienne a favorisé la création et la multiplication de structures sous tutelle telles que le Conseil Café-Cacao, le Conseil Coton-Anacarde, l’AFOR ou encore l’ADERIZ. Malgré les importants investissements consentis par l’État et les partenaires techniques et financiers, force est de constater que plusieurs de ces structures peinent encore à produire les résultats attendus», a affirmé TERSIA Tchétcho Stéphane, Secrétaire général du SYNAGRI.
Comme preuves des limites de la politique agricole actuelle, le SYNAGRI cite la crise de la commercialisation du cacao, le fait qu’aucune direction du ministère ne peut produire les statistiques du cacao, du café, du coton et de l’anacarde, les difficultés de l’Agence Foncières rurale(AFOR) à atteindre les objectifs de certification foncière.
« Alors que ces difficultés sont visibles, nous observons que les agents techniques du Ministère de l’Agriculture sont progressivement écartés des missions stratégiques de terrain. Aujourd’hui, il est préoccupant de constater qu’aucune direction du ministère de l’Agriculture ne peut produire les statistiques nationales du cacao, du café, du coton ou de l’anacarde. Les données sont exclusivement détenues par les Conseils Café-Cacao et Coton-Anacarde, sans possibilité de vérification contradictoire par les services techniques du ministère. Une telle situation n’est ni saine ni durable pour la gouvernance agricole de notre pays », déplore Tersia Tchétcho Stéphane.
« Pour le SYNAGRI, il devient urgent de revoir la politique de sécurisation foncière rurale en confiant les délimitations des terres et des villages au BNETD et les enquêtes de terrain aux agents du ministère de l’Agriculture, qui disposent de l’expérience, de la proximité avec les populations rurales et de la connaissance du terrain », propose le syndicat.
Si cela est fait, estime le SYNAGRI, en 5 ans, la Côte d’Ivoire peut délivrer les certificats fonciers sur l’ensemble des terres rurales et même aboutir à leur immatriculation. Comme l’a réussi dans le même laps de temps le Rwanda. Pourvu que la Côte d’Ivoire fasse confiance aux agents qu’il a formés. Car une agriculture forte ne peut se construire sans ses agents techniques et sans une gouvernance inclusive du secteur
Le SYNAGRI attire également l’attention sur les enjeux stratégiques liés à la conservation des données territoriales. Dans un contexte mondial marqué par les conflits technologiques et sécuritaires, la gestion des coordonnées territoriales et des données foncières doit demeurer sous contrôle étatique strict.
Le SYNAGRI précise que ces préoccupations ne sont pas isolées. Elles traduisent les inquiétudes exprimées depuis plusieurs années par les directeurs régionaux, les directeurs départementaux, les agents techniques ainsi que les organisations syndicales du ministère.
Le SYNAGRI a été porté sur les fonts baptismaux le 26 février 2026. Selon le son Secrétaire général, depuis le 30 mars 2026, il a introduit une demande d’audience au bureau du ministre de tutelle. Il attend encore un rendez-vous. La tournée actuelle a pour objectif d’implanter le syndicat sur l’ensemble du territoire et remobiliser les agents pour l’amélioration de leurs conditions de travail.
Ct

