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Côte d’Ivoire/ Plus de 600 personnes sans actes de naissances dans deux villages de Kounahiri
Publié le jeudi 18 janvier 2018  |  AIP
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Bouaké - Plus de 600 personnes non déclarées et n’ayant aucun acte de naissance, donc en situation d’apatride ont été identifiées dans deux villages jumelés Boayaokro/Blipla (sous-préfecture de Kounahiri), dans le cadre d’un projet piloté par l’ONG Femmes et Enfants en détresse (RIPHIDIM) avec la collaboration du Service d’Aide et d’Assistance aux Réfugiés et Apatrides (SAARA) et l’appui du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR).

Démarré en septembre dernier, le projet qui a permis d’identifier plus 600 nationaux et non nationaux dont 500 enfants et 100 femmes, a été marqué par une phase de sensibilisation qui a connu son apothéose, lundi nuit à Boayaokro, par la projection d’un film sur la nécessité de la déclaration de naissance.

Après cette première étape consistant à recenser les enfants non déclarés avec l’appui des témoignages des parents proches, le SAARA se chargera de la suite du processus qui aboutira à la délivrance des jugements supplétifs au terme des audiences foraines.

A la séance de projection du film, la présidente de l’ONG Femmes et Enfants en détresse (RIPHIDIM), Mme Bly Mauricette, et l’assistance juridique du SAARA, Mme Djê Lou Marthe, ont exhorté les populations à changer de mentalité et à déclarer leurs enfants dans le délai requis de trois mois afin que de faire d’eux des vrais citoyens de leur pays.

Mme Bly a fait comprendre aux populations que le fléau des enfants non déclarés en situation d’apatrides est ‘’aussi grave’’ que l’excision, le mariage forcé des filles et l’immigration clandestine, les exhortant à se rendre désormais le plus tôt possible à la sous-préfecture pour régulariser la situation de leurs nouveaux nés.

A l’en croire, la difficulté d’accès à la localité a constitué le premier critère de choix de Boayaokro/Blipla pour l’exécution de ce projet.
En effet, note-t-on, ce village est relié au chef-lieu de sous-préfecture Kounahiri par une piste longue de près de 25 Km, difficilement praticable surtout en temps de pluie, encouragent les parents négligeants à ne pas déclarer leurs nouveau-nés.

Par ailleurs, plusieurs personnes comme le notable Damo N’Deni Roger et le président de la mutuelle, Sahourou Détho Jean-Pierre, expliquent le phénomène par l’ignorance et la décennie de crise militaro-politique qui a avait contraint des milliers de personnes à abandonner le village pour se réfugier dans d’autres régions du pays, parce que le site était occupé par les rebelles d’alors.

De plus, le village qui compte plus de 6000 habitants ne dispose plus d’un agent d’état civil secondaire depuis que celui qui était en fonction a été tué dans la crise militaro-politique de 2002.
Au titre des conséquences, l’on note que les enseignants du groupe scolaire de trois écoles et de la quatrième école nouvellement ouverte, sont obligés d’inscrire les enfants sans extrait d’acte de naissance en attendant des alternatives.

Situé à quelques kilomètres du fleuve Bandama, le site de Boayaokro/Blipla a été aménagé dans les années 70 par le projet Aménagement de la vallée du Bandama (AVB), à l’occasion de la construction du barrage de Koussou mais le village n’est pas électrifié et est confronté à un problème d’eau potable.

Le village est peuplé en majorité d’autochtones Wan. L’on y rencontre des communautés d’allogènes maliens (pêcheurs) et des Senoufo ivoiriens (agriculteurs). C’est une grande zone productrice de plusieurs denrées agricoles notamment, l’anacarde (plus de 1000T par an), le cacao (quelques dizaine de tonnes par an), l’igname (alimentation de base de populations locales, plus de 1000T), le riz (plus de 200T), l’arachide (plus de 300T) et piment (200T).

nbf/fmo
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