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Sécurité, organisation, syndicats, propriétaires de véhicules: La Mairie et les acteurs du transport proposent

Publié le jeudi 1 mars 2018  |  Treichville Notre Cité
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© Autre presse par DR
Véhicules de transport en commun ‘’Gbaka’’ (mini car)
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L’inorganisation et l’insécurité, que connaît le secteur du transport dans la Commune de Treichville, ont suscité ce dossier. Qui s’articule autour d’une question essentielle : Que faut-il faire pour sortir le transport et les gares de la Commune de l’insécurité ?
Des échanges avec les acteurs que sontles chauffeurs, syndicats et propriétaires de véhicules, il ressort un leitmotiv : l’organisation. En cela, transporteurs et syndicalistes rejoignent tous le Maire François Albert Amichia sur la nécessité d’une réforme du transport voulue par le Conseil municipal.

La dernière note sale du vase

Les récents affrontements ayant entraîné mort d’homme dans la Commune, notamment au quartier Biafra est triste. « Depuis 1999, que nous sommes à la gare de Bassam, tout est tranquille, c’est seulement à partir de 2011 que la quiétude a disparu. C’est avec regret, que nous constatons, que les jeunes de Treichville ne parlent pas d’une même voix pour une question de leadership. Nous attirons alors l’attention de la Mairie pour que les difficultés et les responsabilités soient cernées et des solutions soient trouvées », a déclaré Doumbia Mamery dit Mamoud, président de la Mutuelle générale des Chauffeurs Professionnels (MUGCP) de la Cedeao, approché le mercredi 22 février 2018 à son siège. Ces attaques n’ont pas laissé indifférent Kouamé Koffi Charles, président du Comité de Gestion du Quartier (Cgq) Pierre Kouamé. « Je déplore les malentendus entre les frères du quartier Biafra où des clans en sont arrivés au drame pour une question de leadership alors qu’au début ils avaient un bon accord pour tous défendre les intérêts des jeunes de la Commune. Tout le monde veut commander dans ce quartier, alors que la force ne résout rien », nous a-t-il confié à la rue 12 le vendredi 23 février 2018. « Nous n’avons aucun problème avec les transporteurs et propriétaires de véhicules. Tout est en ordre ici comme à l’avenue 2 où les jeunes de Treichville collaborent bien avec ceux de Koumassi et d’Abobo», a-t-il ajouté. Il ressort, dès lors, que les syndicats et les transporteurs n’ont rien à voir avec la dernière note sale du milieu. « Ce qu’il s’est passé est un règlement de compte. Des jeunes, qui ne veulent pas partager les revenus des encaissements issus des rotations, ont été attaqués par d’autres qui en avaient marre. C’est une guerre de frustration », a avancé un chargeur à la gare de Bassam sous le couvert de l’anonymat.

Mairie, propriétaires et transporteurs : les grands perdants.

Pour Kouamé Koffi Charles « Ce qu’il s’est passé au quartier Biafra est un cas isolé, qui affecte la réputation de notre Commune ». Mais il n’y a pas que la Commune. En effet, bien que les faits aient eu lieu dans les quartiers loin de la gare, l’image de la Mairie et la crédibilité des transporteurs sont entamées au fil des bagarres et tueries. Et pour cause, la gare de Bassam a été fermée, les véhicules sont restés inactifs pendant au moins deux semaines alors que leurs propriétaires ont des charges fixes. Dans le même temps, Treichville offrait l’image d’une Commune infréquentable. « Transporteurs et Mairie sont, donc, les deux grands perdants dans ces situations d’insécurité. De ce fait, la Mairie doit être en première ligne en matière de propositions et nous les acteurs, ne viendrons qu’en soutien, parce que nous n’y avons aucune autorité en matière de gestion des conflits » a soutenu Mamoud.

L’organisation, rien que l’organisation

Que faire pour que cette situation ne perdure ? Pour la plupart des acteurs, il faut que la Mairie organise « cette jeunesse désœuvrée et aux abois ». Elle peut en faire des agents municipaux en charge de la surveillance des gares avec des tenues qui les distingueront. Leurs salaires viendront de l’argent engrangé par leurs jours de rotation, que versera le Haut conseil à la Mairie. « C’est ce qu’il faut pour prévenir le pire, parce que sans organisation, il y aura toujours des attaques entre eux ». Doumbia Mamery se veut clair. Le président de la MUGCP –Cedeao souhaite, que la « Mairie organise des concertations hebdomadaires ou mensuelles avec les acteurs du transport, les jeunes de la Commune, les présidents des quartiers, les chefs coutumiers et religieux pour asseoir des propositions et prendre des arrêtés. La principale solution est que les dix jours de rotation donnés aux jeunes par le Haut conseil soient gérés par la Mairie qui va les employer, si elle veut mettre fin aux désordres et attaques. Par la suite, la Mairie doit mettre en pratique des points d’accord de nos précédentes rencontres concernant le choix d’une gare centrale et le recensement des gares annexes et de tous les véhicules de transport exerçant dans la Commune. En outre, il y a de nombreux syndicats, mais très peu sont conformes aux règles. Il est, donc, nécessaire de les recenser aussi et de demander, qu’ils soient conformes en ayant un siège, un récépissé vrai, des cartes de membres…Ainsi, ils ne pourront plus être dans le faux et n’encaisseront plus leurs membres dans les rues, mais les attendront dans leurs sièges. Beaucoup brandissent de faux agréments, il faut que la Mairie soit regardante sur ces usurpations, parce que tout cela concourt au désordre. Il est vraiment temps, que la Mairie assainisse le milieu du transport ». On est d’autant plus rassuré, qu’un jeune de Treichville embouche le même clairon. «Pour l’avenir, ces jeunes doivent s’entendre avec les syndicats et les propriétaires des véhicules pour travailler ensemble. Je demande au Haut Conseil et au président des transporteurs d’identifier tous ceux, qui travaillent dans le transport et tous les syndicats et leurs membres pour mettre de l’ordre dans la maison en sachant qui a travaillé hier, qui est là aujourd’hui. Il faut des papiers, des badges aux travailleurs pour éviter l’anarchie. C’est au Haut Conseil et au Président des transporteurs de faire des propositions à la Mairie et trouver un cadre formel pour le transport. La Mairie peut employer les jeunes comme ses propres agents et les mettre sur le terrain en tenue avec l’accord des syndicats », a soutenu Kouamé Koffi Charles.

Comité de réflexion, fin du racket et des faux syndicats

Selon les acteurs, cette organisation doit être ferme en mettant fin à toute illégalité dans le transport. Il s’agit, d’abord, des nombreux tickets et des faux frais exigés de force aux chauffeurs. Ensuite, il importe « d’arrêter les chargements réservés uniquement aux jeunes de Treichville. Si on veut avoir uniquement les Treichvillois dans les gares de Treichville, ce ne serait pas bien vu. Je ne suis pas de la Commune, mais je travaille ici avec mon véhicule. Il est, plutôt, important de règlementer et de réorganiser le transport en créant un Comité de réflexion composé de la Mairie, des propriétaires de véhicules et des chauffeurs ». Pour tous, les jeunes de la Commune doivent être membres des syndicats et y travailler sous le contrôle des propriétaires de véhicules. En outre, un syndicat étant l’association des personnes exerçant le même métier en vue de défendre leurs intérêts, celui qui n’est pas propriétaire de véhicules, chauffeur ou apprenti ne doit plus exercer dans le transport, sur les routes et dans les gares. Ce qui veut dire, que celui qui n’est pas membre d’un syndicat de transport ne doit plus exercer dans le milieu. Enfin, « cela doit être soutenu par un arrêté municipal et/ou ministériel. Force doit être à la loi ». De façon générale et incontestée, il est dénoncé le fait que « des individus, qui ne savent rien du transport, sortent de nulle part, se transforment en syndicats, emploient des jeunes désœuvrés, non affiliés et dans des états seconds. Pis, ils leur imposent des recettes, les poussent à organiser le racket dans les gares et les incitent à porter mains aux conducteurs et à leurs apprentis s’ils ne s’exécutent pas. Or l’extorsion de fonds est un délit. Que pouvons-nous faire si les autorités ne réagissent pas devant des situations, qui s’imposent aux transporteurs et véritables syndicats? ». Par le passé, avec les véhicules 504, il n’y avait pas, avons-nous appris ; de racket dans les carrefours, aux abords des gares et des routes jusqu’à Treichville. Pourquoi, donc, aujourd’hui ? En marge du racket, il est déploré, surtout par les chauffeurs, les encaissements faits par les syndicats sur le terrain. « Aucune loi ivoirienne n’autorise les syndicats dans le milieu du transport à prendre à leurs adhérents, aux chauffeurs, des cotisations sur les routes et dans les gares. Est-ce pareil dans les syndicats des autres entreprises ? Non. Ces syndicats du transport agissent ainsi, parce qu’ils font du faux et n’ont que la violence comme foi et loi. Il est anormal d’imposer aux chauffeurs des tarifs de chargement. On est aussi étonné et outré de voir un ou des syndicats des transporteurs, voire des employeurs ou du patronat. Un employeur syndiqué, qui encaisse son employé, c’est inconcevable et incongru. C’est l’employé, le chauffeur, qui doit se constituer en syndicat avec les autres employés pour des revendications face au patronat pour de meilleures conditions de travail. Comme proposition de solutions, il faut que les encaissements et les rackets dans les gares et aux abords des routes, les droits de chargements cessent parce qu’ils attirent trop de va-nu-pieds et vagabonds dans le transport. Arrêtons, donc, de faire du transport un lieu où on ne tend que la main et les biceps ».

Comme au Ghana : un montant officiel

Dans un pays voisin, notamment au Ghana, il existe une règlementation à travers « the one ticket for day » ou « le ticket du jour », qui garantit la tranquillité et le sérieux dans le transport commun. Ce ticket existe chez nous où il est nommé « le ticket unique de chargement ». Délivré par le Haut conseil, il connaît des difficultés dans la pratique. Toutefois, aux yeux des acteurs, « si ce ticket est distribué uniquement dans les gares aux conducteurs par les employés des vrais syndicats sous la vigilance du Haut Conseil, tout le monde gagnera, parce que les chauffeurs n’auront plus à payer d’autres droits arbitraires et circuleront librement ». Ce qui veut dire, qu’il faut un montant officiel exigé aux conducteurs uniquement dans les gares avec un reçu pour que l’argent payé ait des traces et arrive à la source. En somme, pour les acteurs, « le patronat et la Mairie y gagneront parce que beaucoup d’argent est encaissé au nom de la Mairie, mais il est détourné ».

Vivement la réforme municipale

Autrefois modèle en matière du transport, Treichville est devenu un farwest à cause de ses propres jeunes auxquels peuvent être ajoutés quelques uns venus d’ailleurs. Devant cette situation inquiétante, des acteurs les plus en vue du transport dans la Commune, dont Konaté Mangoro (cf entretien), Délégué du Haut Conseil et le président de la MUGCP-Cedeao, Maméry, ont en partage des propositions, qui attestent clairement de leur accord avec la réforme municipale mentionnée par le Conseiller municipal Degri Gahoua (cf entretien). Les points saillants de cette réforme sont, entre autres : la centralisation de la gare de Bassam comme gare principale pour mettre fin aux lignes non concédées telles que celles empruntées par les gbakas venant d’Adjamé et qui bravent les arrêtés d’interdiction d’exercer sur le territoire communal de Treichville, le recensement des syndicats, les noms de leurs membres dans un fichier, le contrôle régulier de leurs agréments, l’insertion des jeunes de la Commune dans des syndicats par le biais de la Mairie pour mieux les contrôler et leur assurer un emploi stable. Ces acteurs, qui ont aussi demandé à nos autorités de s’inspirer du cas de Cocody, Marcory et Adjamé, plaident, ainsi, pour une réussite totale de la réforme municipale. Ce qui veut dire, que le Ministre François Albert Amichia, Maire de la Commune de Treichville, et le Conseil municipal ont vu juste par le biais du contenu des travaux de la Commission Travaux Publics, Equipements et Transports. Ainsi la Mairie, d’un côté, les syndicats et les transporteurs de l’autre, parlent-ils le même langage. Cela peut vouloir signifier, qu’il n’y a pas de doute, que les propositions faites par les acteurs seront appréciées à leur juste valeur par la Mairie. Il leur suffit, toutefois, de trouver de nouveaux temps de concertation pour que leurs solutions communes entraînent la quiétude dans la Cité n’zassa. En un mot : vivement la réforme municipale.
ALLBERT ABALE

Vocabulaire de la gare
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