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Célébration du 58è anniversaire de la Côte d’Ivoire indépendante: 44 ans après, Treichville illumine la terre d’Éburnie

Publié le mercredi 1 aout 2018  |  Treichville Notre Cité
Bitumage,
© Autre presse par DR
Bitumage, pavage, assainissement, déguerpissement, éclairage public, rue 12: la marche de la politique d’embellissement de la Commune de Treichville


7 août 1974, la commune de Treichville abritait la célébration de l’Indépendance. 7 août 2018, soit 44 ans après, le Président de la République, Son excellence Alassane Ouattara et le Gouvernement ivoirien décident de la célébration des festivités marquant l’Indépendance en plein cœur d’Abidjan, dans la commune n’zassa, précisément au Boulevard Valéry Giscard d’Estaing(VGE). A l’occasion, votre mensuel communal ‘’Treichville, Notre Cité’’, revisite Treichville dans sa diversité culturelle, son enracinement à la tradition et se replonge dans les vestiges de la célébration de 1974 avec des souvenirs émouvants racontés par les anciens de la cité Cosmopolite. L’une des valeurs les plus ancrées dans la société Treichvilloise est le respect vaille que vaille des anciens. Ahmadou Hampaté Ba disait, « en Afrique quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Qui mieux que ces garants de l’histoire de la Cité n’zassa pour nous expliquer l’histoire de la Cosmopolite.

Treichville, terre d’intégration et Commune moderne

Depuis 1974 jusqu’à nos jours, la Cité n’zassa est en pleine marche vers l’émergence. Elle était à l'origine un petit village Ebrié appelé Anoumabo, ce qui signifie forêt aux "roussettes" ou "île de petit Bassam ". Elle s’est vite peuplée grâce à l’hospitalité des autochtones Ebrié qui ont su faire de Treichville une commune n’zassa, c’est-à-dire une Cité de brassage de peuples si bien nationaux que sous régionaux. De ce fait, elle est appelée affectueusement la ‘’Cedeao en miniature’’.
Aujourd’hui, tous sont unanimes pour dire que la commune de Treichville est une sorte d’expérimentation réussie de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Une union, mise en place par les chefs d’Etat des pays Ouest africains, qui peine à se concrétiser sur le terrain. Et pourtant à Treichville, les preuves sont plus que palpables. Selon le directeur des Services sociaux, culturels de la Mairie, Aly Tiero, 54% de la communauté étrangère présente dans la Commune n’zassa est majoritairement issue de l’Afrique de l’Ouest.
La communauté malienne fait partie des premières communautés à s’intégrer à Treichville et ce depuis 1887. L’un des ancêtres maliens, tête de file de cette communauté, depuis Cocody jusqu’à Anoumabo devenu par la suite Treichville, est le chef Samba Traoré qui fut par la suite président de toute la communauté malienne en Côte d’Ivoire. La communauté Yorouba également qui se chiffre à plus de 3000 personnes à Treichville est installée en Côte d’Ivoire depuis l’année 1948. Pour le Chef Théophillus Ekechi Opara, (Chef de la communauté Nigériane en Côte d’Ivoire), «C’est à partir de Treichville que les Nigérians ont rejoint les autres localités de Côte d’Ivoire». Selon lui, la communauté nigériane a véritablement pris racine à Treichville en 1970 après la guerre du Biafra. A toutes ces communautés, on peut ajouter celle du Sénégal, installée depuis 1931, date à laquelle fut construite la mosquée sénégalaise (av 8 rue 9, son emplacement actuel), affectueusement appelée mosquée ‘‘wolof’’ à l’époque. Et, l’installation de la communauté burkinabé dans les années 1920 par l’entremise de l’Imam Fétégué Konaté, premier aumônier de la mosquée Dioula (avenue 8 rue 15).
A côté de ce groupe, on retrouve des Syriens, Libyens, Marocains, Libanais, Egyptiens… issus des pays Arabes et dont la plupart occupe les grands commerces de la Cité. Il suffit de sillonner la Rue 12 et autres grands espaces commerciaux (en face du grand marché, la Rue 21…) pour s’en convaincre. En tant que commune commerciale, Treichville reçoit quotidiennement des travailleurs Français, Chinois, Sud-Africains, Italiens, Anglais, Brésiliens, Américains et autres. Ce qui fait dire que la Cité du Maire Amichia, n’est pas seulement une Cedeao en miniature, mais un véritable melting pot des communautés sous régionales, régionales, africaines et mondiales. Avec son Port et l’implantation de grands groupes comme Bolloré, Castelli, Sifca, Solibra …, sur son sol, la commune ne fait que croître en notoriété en termes d’exemple d’intégration.

Mme Taba Adjara Célestine épouse Glaou (87 ans, résidente à Biafra)
«Fiers de défiler pour notre mère-patrie la Côte d’Ivoire»
«Que de nostalgie quand je me remémore les indépendances de la Côte d’Ivoire à notre temps. Et pour bienfaire ce matin du jeudi 26 juillet 2018, je suis vêtue du pagne de 1974. Ce qui m’a le plus marqué, c’est que j’étais la représentante des Femmes de l’Ouest en tête du défilé de 1974, et en plus de cela, j’étais une grande militante du Pdci-Rda. Il faut savoir que mon mari a été le premier président des garagistes de la Côte d’Ivoire. Il était un collaborateur du Président Houphouët. Le défilé a débuté devant la Société de Limonaderies et de Brasseries d'Afrique (Solibra) jusqu’au Boulevard Valéry Giscard d’Estaing. Nous arpentions les rues fièrement pour deux raisons. Fiers de défiler pour notre mère-patrie la Côte d’Ivoire, et fiers de passer devant le Président Félix Houphouët-Boigny. Sachez également qu’en 1974, les progressistes, le parti arc-en-ciel menaçait de perturber le défilé. Je me rappelle que pour résoudre ce problème, le Président Houphouët-Boigny avait réuni tous les acteurs du pays à l’Assemblée nationale. Le Président y fit un discours magistral de paix et de réconciliation… Quel grand homme ! Ce qui naturellement fit du bien à tout le monde. Et au défilé, tous les sceptiques prirent part. C’était simplement extraordinaire et envoûtant. Grâce à l’idéal de paix du Président Houphouët-Boigny, nous avons vécu dans la sérénité. J’ai eu 11 enfants et Dieu m’a permis de voir 8 enfants grandir en ma présence. Aucune distinction de race, d’ethnie ou de religion ne pouvait freiner nos rapports fraternels. Je dois vous dire que c’est en 1950 que nous sommes arrivés au quartier Biafra. Avant ce n’était pas Biafra, mais c’était le quartier «Chicago». C’est un honneur de célébrer l’indépendance à Treichville. Malheureusement, je ne pourrai pas aller vivre cette ambiance du fait de mon âge. Je voudrais dire aux Treichvillois que la célébration de l’indépendance est spéciale. Aussi j’appelle tout le monde à cultiver l’esprit de paix tant voulue par le président Félix Houphouët-Boigny. Aujourd’hui j’ai plusieurs fois été décorée, notamment chevalier de l’Ordre national, Légion d’honneur, Commandeur d’honneur. La politique n’est pas une bagarre. C’est un jeu, et nous devons la faire en nous disant que celui ou celle qui est en face de moi est mon frère».

El Hadj Soumahoro Baba (Enseignant retraité) :
«De Grands défilés aux grands discours et danses folkloriques»
«Avant la création des communes en 1980 et l’élection de Ernest N’Koumo Mobio comme Maire d’Abidjan, qui était aussi Maire d’Attécoubé, seul Konan Kanga était le Maire de la ville d’Abidjan. Il n’y avait que des Délégués au Maire, dont Kouassi Lenoir pour Treichville-Marcory, qui est resté par la suite Maire de Treichville jusqu’à sa succession en 1995 par François Albert Amichia. Ce petit rappel pour dire que c’est sous Kouassi Lenoir, que s’est déroulée la fête de l’indépendance du 7 août 1975 à Treichville sur le boulevard Giscard d’Estaing. Le Président Houphouët, Philippe Yacé, les Ministres, tout le monde était là. Le défilé débutait depuis le monument de la Place de la République jusqu’au grand carrefour de Koumassi. L’armée, les femmes, les écoles, toutes les couches sociales défilaient. La Garde Présidentielle (GP) faisant la différence avec ses chansons en baoulé et un défilé lent. J’ai été marqué par le sérieux du défilé dans son ensemble : la discipline, le silence de mort au passage de la GP. L’autre élément inoubliable est la prestation du gendarme, qui maniait magiquement une baguette devant l’armée. Il la tournait dans tous les sens avec ses doigts, la balançait au-dessus de lui sans qu’elle ne tombe. Ce monsieur était d’une dextérité inouïe. Koné, il s’appelle, est unique en son genre. Il était maître de sa chose; cet homme admirable et inimitable, aujourd’hui retraité, qui a aussi marqué tous les Ivoiriens, est, encore, vivant. Je suis persuadé, que le Président était tombé sous son charme. Je n’oublie pas, aussi, cet évènement malheureux: la tentative d’assassinat du Président Houphouët. J’étais un peu loin des faits, mais je m’en rappelle comme si c’était hier. Tout s’est passé par la suite dans le brouhaha, la foule était apeurée par les bruits. Quelques légers blessés ont été signalés. Toutefois, le calme est revenu et le défilé a continué. A la veille de cette fête, Treichville était en ébullition, personne ne dormait. Partout des danses folkloriques, les rues étaient bondées. Cette façon de faire la fête était la meilleure, parce que tout le monde se retrouvait, l’armée communiait avec toutes les forces vives de la nation soit sur le boulevard Giscard d’Estaing soit sur Nangui Abrogoua, mais pas au Palais comme aujourd’hui. Maintenant, il n’y a plus de fête. On prend un groupuscule de soldats, on s’enferme au Palais. Je ne vous apprends rien, on ne fête plus l’indépendance en Côte d’Ivoire, si on compare les années 1960 à 80 à celles d’aujourd’hui. Nous, qui étions habitués aux grands défilés, aux grands discours et danses folkloriques, nous sommes déçus. On peut le comprendre, ce n’est plus le miracle ivoirien avec tous les moyens financiers d’alors».

Veuve Richmond Ahoua Charlotte (82 ans, Arras, ex chef de service)
«Ça a été exceptionnel»
«S’il y a une chose parmi tant d’autres qui m’a marqué, c’est bel et bien l’expression des visages. Les gens étaient joyeux, gais, joviaux. J’en garde encore des souvenirs comme si c’était hier. Malgré les longues marches, les longues heures d’attentes, la fatigue, chacun gardait sa place. Chacun se souciait de son voisin. La Côte d’Ivoire vivait. En 1974, Treichville était la Côte d’Ivoire en miniature. Tout le monde était représenté. J’attire l’attention de mes frères et sœurs de notre Cité sur un fait : la propreté. Nos rues et nos avenues étaient impeccables. Tous les habitants des différentes concessions nettoyaient au quotidien la devanture de leurs habitations. La chaussée était réservée à l’automobiliste, le trottoir au piéton. Aujourd’hui tout est mélangé. Les trottoirs sont envahis par les commerçants. Nos enfants sont obligés de marcher sur la chaussée. Il faut revoir cela. Il faut que les nouvelles générations fassent de la salubrité leur credo. Il y va de la notoriété de notre commune et de la crédibilité de nous, enfants de Treichville».
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