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Lancement d’un projet de lutte contre les mutilations génitales féminines dans six régions ivoiriennes

Publié le jeudi 2 mai 2019  |  APA
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© APA par DR
Mutilations génitales féminines: l’Imam Djiguiba Cissé vise la tolérance zéro d’ici 2030
L’Imam Djiguiba Cissé, Président du Conseil d’administration de la fondation Djigui, la Grande Espérance a plaidé, mercredi à Abidjan, pour le renforcement des «dispositifs internationaux et nationaux afin d’aboutir à la Tolérance zéro aux mutilations génitales féminines (MGF) d’ici à 2030.


L'ONG internationale AVSI (Association pour le service volontaire international) de concert avec la «Fondation Djigui la grande espérance » et l'Union Européenne (UE), a officiellement lancé jeudi à Abidjan, un projet de lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF) dans six régions de Côte d'Ivoire, a constaté APA sur place dans la capitale économique ivoirienne.

Ce programme dénommé «Projet d'appui au développement social inclusif par la lutte contre les mutilations génitales féminines», d'un coût global de 400 millions FCFA vise à sensibiliser au moins 500 000 personnes afin de contribuer à l'élimination de cette pratique.

« Les mutilations génitales féminines constituent un problème de santé publique, mais aussi un problème de droit humain », a estimé dans un discours-témoignage, l'Imam Cissé Djiguiba, le président du Conseil d'administration de la «Fondation Djigui la grande espérance», soulignant que les conséquences de cette pratique sur la santé maternelle « sont incalculables ».

De son avis, la lutte contre les MGF est une lutte pour la dignité de la femme. « Si la femme n'est pas heureuse, l'homme ne peut pas être heureux... Nous voulons que cette pratique cesse », a souhaité l'Imam Cissé, plaidant pour le «désarmement, la démobilisation et la réinsertion» des exciseuses en Côte d'Ivoire où le taux de prévalence des mutilations génitales féminines est de 36,7% avec une prévalence plus prononcée dans certaines régions comme le Nord-ouest (79,5%) et l'Ouest ( 57,1%).

Avant lui, Lorenzo Manzoni, le représentant de l'ONG AVSI en Côte d'Ivoire, a soutenu que la lutte contre les MGF doit « figurer en bonne place » dans les priorités du gouvernement, estimant que ce fléau freine le développement social, inclusif et durable.

Poursuivant, il a appelé à une synergie d'actions de tous les acteurs afin d'éliminer cette pratique.

« Je vous invite à briser le silence, à dire non à l'excision et oui à l'intégrité physique et psychologique de toutes les femmes », a-t-il encouragé.

Dans le même élan, au nom de l'UE, M. Modi Diop a dénoncé la persistance de cette pratique en Côte d'Ivoire malgré les efforts du gouvernement.

«Malgré les efforts du gouvernement, les violences faites aux femmes sont encore élevées dans le pays... Soyez assurés que l'UE croit beaucoup en ce projet », a indiqué M. Diop.

L'organisation mondiale de la santé (OMS) regroupe sous le terme de mutilations génitales féminines/ excisions, toutes les pratiques qui entraînent une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou d'autres lésions à des fins non médicales.

En Côte d'Ivoire, le taux de prévalence des MGF est en moyenne de 36,7% selon les résultats de l'enquête par grappe à indicateurs multiples ( MICS) de 2016.

LB/ls/APA
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