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Difficile accès aux financements pour l’autonomisation de la femme à Agboville (reportage)

Publié le lundi 7 septembre 2020  |  AIP


L'autonomisation des femmes est au coeur des préoccupations à Agboville tant du côté des collectivités locales que des initiatrices de projets agro-pastoraux. En dépit de cette volonté affichée des femmes de s'affranchir du point de vue économique à travers l'initiation de diverses activités, des pesanteurs subsistent au nombre desquelles le difficile accès aux financements.

Dame Sylvie Laurence Ossohou, épouse Kouadio, la cinquantaine révolue, native de Grand-Morié, localité située à une quinzaine de km d’Agoville, milite activement pour l’autonomisation financière de la femme en milieu rural. Elle dirige à cet effet un groupement de femmes de 110 membres d’horizons divers dénommé ‘’YWOSSETCHA’’, c’est-à-dire "comptons sur nous-mêmes d’abord" en langue locale Abbey. Ce groupement s’est mué, avec la survenue de la pandémie du covid-19, en groupement féminin sanitaire de lutte contre la maladie à coronavirus.

Mais il ne s’est pas détourné pour autant de son premier objectif qu’est la lutte contre la pauvreté, en vue de rendre ses membres autonomes financièrement. A savoir, permettre à chaque femme de condition modeste de pouvoir se prendre en charge et assurer la scolarisation, la santé et le pain quotidien de soi et des enfants.

L’argent, le nerf de la guerre

Dame Kouadio elle avoue que le chemin pour en arriver là n’est pas aisé, car il n’est pas facile pour les femmes du milieu rural d’accéder à des crédits ou à des aides financières. La preuve dit-elle, ‘’nous avons créé un champ de manioc d’un hectare et demi pour nous lancer dans la production du vivrier et la fabrication de l’attiéké, et cela nous a valu un investissement de 75.000 f CFA sur fonds propre’’.

Le constat est donc clair. Ces femmes qui ont la volonté d’aller plus loin dans leurs projets dont l’élevage de volailles plus tard, sont confrontées à l’épineux problème d’argent et de financement.

Idem pour dame Okobé Attey qui tient un petit bazar dans un quartier d’Agboville. Elle soutient que c’est grâce à l’appui personnel du président d’une ONG qui intervient dans le domaine de la scolarisation des enfants orphelins et démunis qu’elle a pu obtenir un prêt de 200.000 f CFA pour démarrer son commerce. Aujourd’hui ça ne marche pas très fort selon elle, à cause de la pandémie du Covid-19. Mais elle reconnaît que c’est avec l’aide et la générosité de cet homme qu’elle a pu également obtenir un prêt auprès d’une micro-finance de la place.

Dame Ohouo Aimée, directrice de société à Grand-Morié indique s’en être sortie grâce à l’appui financier de son époux.

Pour les femmes désireuses de sortir de la pauvreté ou menant des activités commerciales à titre personnel pour leur survie ou pour leur indépendance financière, le gros problème est l’accès au financement. Il y a, selon elles, plus de discours que d’aides réelles apportées aux femmes sur le terrain pour les affranchir de la tutelle des hommes.

Au niveau structurel des associations et des groupements de femmes existent aussi bien dans la commune que dans le département d’Agboville.

La Fédération des associations des femmes de la commune d’Agboville (FAFEMCA) reçoit annuellement de la mairie une subvention de 2 millions de francs CFA pour son fonctionnement. La dernière née des associations de femmes en matière d’autonomisation, Les étoiles brillantes de Sambrégnankro (EBSA), a reçu dernièrement du Conseil régional de l’Agnéby-Tiassa un million de francs pour son installation.

Il y a donc des gestes inopinés faits ça et là par les autorités ou les élus en vue d’aider les femmes à s’assumer économiquement ou socialement. Mais il se trouve que cela n’est pas suffisant quand on approche les responsables de ces organisations féminines. Ce, d’autant plus qu’il y a un réel besoin d’accès au financement devant permettre aux femmes de planifier leurs projets ou de réaliser des activités génératrices de revenus pour sortir de la pauvreté.

Initiatives pour sortir de l’impasse

Des promesses existent non seulement du côté du conseil régional de l’Agnéby-Tiassa, qui par son président Dimba N’gou Pierre entend appuyer davantage les initiatives des femmes, mais aussi au niveau du conseil municipal qui invite les femmes à s’inscrire dans des organisations formelles pour bénéficier d’un fonds spécial de 20 millions de francs mis à disposition pour soutenir le programme de l’autonomisation de la femme.

Même lueur d’espoir au niveau du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, où le Directeur régional Mathurin Djégnon annonce la mise à disposition d’un fonds d’environ 40 millions de francs CFA par le Secrétariat d’Etat à l’autonomisation. Ce fonds, a-t-il dit, est en attente pour raison de covid-19, mais sera déployé bientôt pour booster le processus de l’autonomisation socio-économique de la femme dans la région.

Autre action susceptible de contourner les faiblesses en matière d’aide ou de financement du processus de l’autonomisation de la femme, est le projet intitulé ‘’Smart’BAOBAB’’ dont le but est de favoriser l’autonomisation financière de la jeunesse krobou, par le biais des nouvelles technologies numériques.

Ce projet initié par le premier vice-président du Conseil régional, Isaac Gnamba-Yao, par ailleurs Directeur général de la Poste de Côte d’Ivoire avec des partenaires pour l’appui technique et financier, devrait à terme permettre aux femmes et aux jeunes des sous-préfectures d’Aboudé et d’Oress-krobou de mener sur place des activités génératrices de revenus(AGR).

Ce, par l’installation d’une Boutique dite ‘’BIG BAB’’ muni d’une connexion internet haut débit par satellite.

L’espoir est donc permis quand bien même le bilan semble pour l’heure mi-figue mi-raisin relativement à l’autonomisation de la femme dans les zones urbaines et rurales du département d’Agboville.

(AIP)

yy/ask
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