x Télécharger l'application mobile Abidjan.net Abidjan.net partout avec vous
Télécharger l'application
INSTALLER
PUBLICITÉ

Économie Publié le jeudi 12 février 2009 | Nord-Sud

Permis de conduire : Starten technologies au bord de la rupture

Le moteur ne semble plus être huilé dans le projet de réforme du permis de conduire. 10 mois après le lancement de ses activités, Starten technologies, concessionnaire du pré-enregistrement menace de jeter l’éponge en raison des dysfonctionnements liés au non respect des engagements de l`Etat.

De nombreux nids de poule sur la route de la réalisation de la réforme du permis de conduire. Une crise entre le ministère des Transports et Starten Technologies, l`entreprise concessionnaire du pré enregistrement est à l`origine de la brouille. En effet, au moment où la tutelle multiplie les pressions sur la société israélienne afin qu`elle déploie ses activités à l`intérieur du pays, les responsables de Starten menacent de rompre le contrat, dénonçant des manquements de certains partenaires dont la société Interflex et surtout l`Etat à travers le ministère des Transports qui, jusqu`ici n`a pas joué son rôle de contrôle et de régulation. «Nous suggérons que ces décisions soient prises dans la première semaine du mois de février car notre société, très sinistrée par cette situation qui perdure est arrivée au stade où elle doit décider soit de poursuivre avec les réformes que vous allez prendre, soit de mettre un terme à la participation à ce projet et demander à l`Etat de dédommager pour tous les investissements consentis », a signifié dans un courrier en date du 28 janvier adressé au ministre des Transports, le Directeur général de Starten Technologies, Florian Klinger.


Des divergences apparaissent

A l`en croire, ces «dysfonctionnements» risquent de plomber sérieusement l`établissement du nouveau permis de conduire format carte de crédit, si des «mesures urgentes» ne sont pas prises par les gouvernants.

La Direction générale de Starten Technologies s`inquiète du fait que les constats faits sur le terrain n`augurent pas de bonnes perspectives, pour la simple raison que «la réforme, initialement prévue pour une durée d`une année pour le renouvellement d`environ un million cinq cent mille permis de conduire est à sa deuxième année d`exécution avec seulement trois cent mille permis». En réalité, l`une des grosses difficultés pour cette structure, reste le service personnalisé pratiqué surtout par les agents de la Sonatt et qui semble prendre des proportions démesurées. Pourtant, il était réservé à une catégorie de personnes, à la demande des grandes entreprises soucieuses de voir leurs employés aller perdre du temps dans de longues files d`attente. Pour cette prestation, les candidats sont contraints de s`acquitter de 30.000 Fcfa voire 35.000 Fcfa sachant que le prix officiel du renouvellement du permis a été fixé à 21.500 Fcfa. Face à l`ampleur de ce phénomène, Starten n`est pas sûr de réaliser sa marge surtout que ce service personnalisé ne se limite plus à la ville d`Abidjan seule. Déjà certaines villes de l`intérieur ont été investies par des agents de la Sonatt. Starten Technologies note également que la réduction de moitié des prestations des concessionnaires par l`Etat ne lui permet plus de «supporter les charges de fonctionnement, de rembourser les investissements engagés » et à plus forte raison la construction progressive des sites de l`intérieur comme convenu dans la convention. Puisque des candidats vers qui elle doit aller tel que le souhaite le ministère, ont déjà leurs permis à travers le service personnalisé. Le déploiement des équipements et des moyens humains dans les villes de l`intérieur serait pour Starten de grosses pertes et suicidaire. Les dirigeants de cette société estiment que le manque de moyens de pression de l`Etat «pour contraindre les usagers à venir au pré enregistrement» matérialisé par la faible affluence à leurs guichets malgré les reports de date, est une cause de la crise. L`entreprise est aujourd`hui à bout de souffle. Puisque dans ce contrat de type Boot passé avec l`Etat, elle a déjà investi plusieurs milliards de Fcfa. Quand on sait que le projet a connu un démarrage difficile avec l`opposition des syndicats d`auto-écoles. Starten est déphasée avec ces nombreux problèmes. Mieux, elle fustige la procédure d`intégration instituée pour une durée limitée ( Mai 2008) et qui permettait d`introduire tous ceux qui avaient constitué des dossiers de permis de conduire avant la mise en œuvre de la réforme à la demande de certains syndicats d`auto-écoles réfractaires.



Crise artificielle

Cette procédure qui perdure serait devenue selon Starten Technologies «un système parallèle concurrent à la réforme et aussi un moyen plus facile d`introduire la pratique de la fraude dans le nouveau système». Malgré les pressions du ministère des Transports, elle accuse également Interflex l`autre concessionnaire agréé dans l`enregistrement et la confection du permis de conduire de dissimuler des informations capitales dans la construction et la sécurisation de la nouvelle base de donnée centrale, objet premier de la réforme du permis. «En l`état actuel de la reforme du permis de conduire après plus de deux années de fonctionnement, les informations sur les permis de conduire édités par Interflex ne sont toujours pas ajoutées à la base de donnée centrale de l`Etat détenue par Starten. Toutes les démarches effectuées auprès de la direction de cette structure sont restées sans suite» révèle le Dg de l`entreprise israélienne. Conséquence du refus de la société Interflex, «il est quasi impossible de faire des duplicatas de permis de conduire et de procéder à des contrôles d`authenticité sur les nouveaux permis, source de fraude avérée» selon Starten qui a suggéré au ministre des Transports de donner l`ordre à Interflex afin qu`elle mette «immédiatement ces informations» à sa disposition. En réponse, le Directeur général d`Interflex, Baffah Koné, précise que Starten ne doit pas s`occuper du permis de conduire. «Nous n`avons pas à retourner les numéros des permis à Starten. Cela n`est pas mentionné dans la convention. Cette société ne doit s`occuper que des fiches d`enregistrement. C`est plutôt à la Sonatt qu`on remet ces documents puisque c`est elle le maître d`œuvre à cheval entre les concessionnaires du projet», explique-t-il. Selon de bonnes sources, il ne fait pas de doute que Starten Technologies use de manœuvres dilatoires pour éviter de se déployer à l`intérieur du pays conformément à la convention qui la lie à l`Etat. Sur les 8 sites prévus dans le pays profond, seul Yamoussoukro a été réalisé. A Abidjan, le troisième site prévu à Biétry reste encore hypothétique. Autant dire que 3 sites ont été effectués sur les 11 prévus par le texte. Devant cette crise jugée artificielle, le ministère des Transports entend mettre de l`ordre. Il en va de la réussite de la réforme. Albert Mabri Toikeusse précise qu`au 31 aout 2009, il n`y aura plus de prorogation en ce qui concerne les renouvellements. «La réforme doit sortir de son asphyxie », estime-t-il, exhortant toutes parties à remplir leur part d`engagements. Si Interflex assure que les dispositions contractuelles vont être respectées dans les délais, Starten Technologies a décidé de brandir sa menace visant à quitter le projet pour faire plier le gouvernement.

Cissé Cheick Ely
PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Playlist Économie

Toutes les vidéos Économie à ne pas rater, spécialement sélectionnées pour vous

PUBLICITÉ