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Société Publié le mardi 13 octobre 2009 | Nord-Sud

Obsèques reportées de Guédé Guina : A qui appartient la dépouille ?

L`inhumation de l`ancien maire de Daloa, Pr Frédéric Guédé, prévue pour le samedi 9 octobre 2009 a, une fois de plus, été reportée sine die. La propriété et le lieu de l`inhumation continuent de diviser la famille du disparu.

Le bras de fer continue et il n`est pas prêt de s`arrêter. Conséquence de cet antagonisme familial, l`enterrement du Pr Frédéric Guédé n`a pas encore trouvé de bonne date. Au motif que l`inhumation prévue le samedi dernier au cimetière de Williamsville pourrait troubler l`ordre public, du fait de la mésentente entre les membres de la famille, le demi-frère a réussi à faire annuler la cérémonie funéraire, au grand dam des enfants et de l`épouse du disparu. Pour rééditer son exploit, Gabriel Louhouri Guigui s`est fait cette fois-ci armé d`une ordonnance signe d`un juge du tribunal d`Abidjan-Plateau. Dès lors, l`une des questions qui mérite d`être posée est relative à la « paternité » de la dépouille de l`ancien professeur au département de biochimie et de microbiologie de l`université de Cocody. Surtout que de l`avis de quelques juristes que nous avons interrogés, il ne fait pas de doute que la dépouille mortelle de l`ancien secrétaire national du Rassemblement des républicains, chargé de la défense et de la sécurité appartient à sa famille. D`où vient alors que contre les recommandations telles que l`avancent les enfants du disparu et surtout contre l`avis de ses enfants, les obsèques aient été à deux reprises annulées ? D`analyses en déductions, il est vite permis de se rendre compte que celui qui est accusé d`être derrière ces annulations, en l`occurrence le demi-frère du défunt universitaire, Gabriel Lohouri Guigui n`a fait que s`engouffrer dans une brèche ouverte par le code civil sur la question. Ce code civil, sur la base du droit de la propriété (un cadavre étant considéré comme une chose) indique en effet que la dépouille disparue appartient à sa famille. Pas plus de précision de la part du code civil ivoirien calqué sur le code civil français. En Afrique, la notion de famille, surtout dans ces circonstances n`étant pas facilement cernable, le demi-frère en question qui plus est conseillé spécial du chef de l`Etat n`a pas hésité à s`inviter au débat. En s`appuyant sur les principes qui prévalent dans les coutumes et les traditions africaines, celui-ci a l`intention de faire enterrer son « frère » à Débéguhé, son village natal. Et dans une interview accordée hier à un confrère, il n`a pas hésité à dire jusqu`où il est prêt à aller dans ce bras de fer. « Le lieu de l`enterrement de Guédé Guina n`est pas à négocier avec qui que ce soit », a-t-il laissé entendre. « Nos textes ne réglementent pas expressément la question », admet un avocat très impliqué dans ce genre de dossiers. Mais toujours selon cet avocat, il ne fait l`ombre d`aucun doute que les enfants remporteront la bataille. C`est sur l`article 22 de la loi n° 64-379 du 7 octobre 1964 relatif au droit de succession que le spécialiste du droit fonde son argumentaire. Cette loi indique entre autres que « les enfants succèdent à leur père et mère ou autres ascendants sans distinction de sexe, qu`ils soient nés de mariages différents ou hors mariage». «C`est ce que les enfants veulent qui va s`appliquer», a soutenu un autre avocat qui met lui aussi en avant aussi bien le droit ivoirien à la succession, relevant au passage que dans la plupart des cas, « c`est sur les biens du défunt que se fait son inhumation ». Dans un feuilleton au scénario identique, Franck Guéï n`a-t-il pas eu raison de la grande faille et même de l`Udpci en réussissant à inhumer dans un premier temps son père à Abidjan ? s`est interrogé le spécialiste du droit civil ivoirien. Les enfants de Guédé Guina que nous avons en vain tenté de joindre continue de brandir le testament de leur père sur la question. Sans doute verseront-ils cette pièce dans le dossier, relativement aux démarches qu`ils comptent entamer pour casser l`ordonnance obtenue par leur oncle à la veille de l`inhumation. Réussiront-ils à remporter la bataille ? Rien n`est plus sûr, puisque Gabriel Louhouri Guigui se «réfugie» désormais derrière les dispositions coutumières. « Ce n`est pas un problème de personne mais un problème de respect de la tradition. Ce serait une moquerie, un déshonneur de voir Guina enterré à Daloa », argue t-il.


Marc Dossa
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