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Politique Publié le mardi 28 décembre 2010 | Le Nouveau Réveil

Le député Kobenan Tah Thomas face à la tentative de confiscation du pouvoir par Gbagbo :“A force de renier parole et signature, le monde entier ne reconnaît plus ni la signature, ni la parole de Gbagbo”

Tous ceux et toutes celles qui ont eu le courage de visionner le discours de M. Gbagbo sur les écrans de la RTI (cela relevait quand même d`une gageure), ont pu se rendre compte de la forte présence d`éléments de discours (déictiques selon les linguistes) qui font sens. En l`occurrence, ce sont les mimiques faciales, les insistances sur certaines séquences ou sur certains mots ainsi que les inflexions vocales. Mais laissons le soin aux spécialistes du domaine de l`image et des textes filmiques de faire leurs analyses. Intéressons-nous plutôt au récit intégral proposé par le quotidien Fraternité Matin en sa livraison n°13837 du mercredi 22 décembre 2010 à la page 3, pour une lecture entre les lignes de l`adresse de Monsieur Gbagbo à ses concitoyens que nous sommes. Pour notre part, nous y voyons amalgames, fuites en avant, ruses politiciennes, contradictions surtout et derniers soubresauts des éruptions politiques d`un prince (qu`on sort ?) déjà sorti.

Politique de l`autruche
Dès les premières lignes de son adresse, l`ex-Chef de l`Etat de Côte d`Ivoire superpose un succédané d`actes politico-administratifs qui relatent les moments de sa forfaiture à l`issue de la présidentielle du 28 novembre 2010 et prend le soin d`occulter, bien entendu, les actes essentiels qui sont à la base de l`actuel imbroglio : "J`ai remporté le scrutin, avec 51.45% des suffrages. Je suis le Président de la République…Je remercie les Ivoiriens… J`ai prêté serment devant le conseil constitutionnel … au palais de la présidence de la république, le samedi 4 décembre 2010…J`ai nommé un Premier ministre (…). L`Etat fonctionne. L`économie est en route. Durant tout ce processus, je m`en suis tenu, scrupuleusement, aux règles établies par notre constitution".
Il est évident pour tous que de nombreux scrutins présidentiels se sont déroulés de cette façon en Afrique. Le schéma habituel est que l`opposition refuse ou conteste les résultats, s`ensuivent en général quelques violences et pif, les dés sont pipés, les incidents sont clos. On a vu le cas du Togo en avril 2005 avec Emmanuel Bob Akitani contre Faure Gnassingbé et celui du Gabon avec Ali Bongo contre Pierre Mamboundou en août/septembre 2009. Pour ne citer que ceux-là. Le cas ivoirien n`est pas similaire au schéma habituel. Le cas de novembre 2010 n`est même pas comparable au cas d`octobre 2000 avec le Général Guéi contre Gbagbo Laurent. Ici, il est question d`un processus normal court-circuité par les sbires, manies, subterfuges de tous ordres et de toute nature de M. Gbagbo. Le scrutin s`est déroulé comme il fallait partout en Côte d`Ivoire. La proclamation des résultats constitue le point d`achoppement entre les deux camps ne laissant ainsi aucun choix au candidat du RHDP que celui d`une révolution de " Bourbons ". C`est-à-dire une révolution à l`issue de laquelle, le peuple se soulèvera pour imposer le prince légitime ; la loi ici étant celle des urnes et non plus celle promue par la force des armes, des tueries, des menaces, des assassinats sommaires, bref du brigandage d`Etat et des tueries. Il reste entendu que dans la réalité du scrutin et quelques soient la forme et les schémas d`analyse des résultats, c`est bien M. Ouattara Alassane du RHDP qui a recueilli la majorité des suffrages du peuple ivoirien. M. Gbagbo nourrit le vœu secret que le monde entier assimile ce cas-ci au schéma habituel et ne réduise la victoire du RHDP en un cas isolé d`une opposition frustrée d`avoir perdu un scrutin essentiel pour elle. Mal lui en a pris et pire lui en prendra davantage puisque c`est lui le vrai perdant.
En fait de légitimité et de légalité dont se targue M. Gbagbo, il ne peut y en avoir quand manifestement, au vu et au su de tout le monde, les commissaires qui ont représenté sa LMP dans le comité central de la CEI arrachent les feuilles de résultats et les réduisent en chiffons. Ce scénario de la honte est pire que celui des forces de l`ordre qui usurpent des urnes et s`enfuient comme l`on l`avait vu au Togo en 2005. En termes clairs, tous les candidats qui ont compétitionné, que ce soient les douze perdants du premier tour du 31 octobre 2010 ou son adversaire du second tour le 28 novembre 2010, tous sans exclusive se sont "tenus, scrupuleusement, aux règles établies par notre constitution". A ce titre, ils sont tous légalistes. Le légalisme n`est pas l`apanage du seul Gbagbo Laurent. Il faut remarquer et noter justement chez M. Gbagbo, ce complexe (schizophrénique) d`auto-sublimation de son personnage. Dans cette vision narcissique, il est depuis 1990 le seul démocrate, le seul légaliste, le porte flambeau du leadership africain qui décolonisera totalement l`Afrique, le seul et vrai produit des élections... Le scrutin du 28 novembre dernier a démythifié ce narcissisme politique d`où toute la gymnastique juridique, cette ferveur diplomatique infructueuse et ces contorsions pseudo-intellectuelles avec des analyses sans éclat ni vitalité ni étincelle intellectuels. Pour s`en convaincre, faites l`effort surhumain de suivre les JT, débats et émissions de la RTI 1ère Chaine.
Quant à la légitimité du Président Ouattara Alassane, il faut la rejoindre là où elle se trouve. Les lois elles-mêmes ne sont légales, constitutionnelles et légitimes que si elles découlent du peuple. Or dans le cas qui nous concerne ici, c`est bien le peuple qui s`est prononcé en faveur du candidat du RHDP. Ce que nous dit M. Gbagbo, c`est qu`en dehors du peuple, on peut, selon sa théorie, organiser un circuit juridique et administratif calqué sur la légalité et accéder au pouvoir d`Etat. Qu`est-ce à dire ? On peut prendre les résultats d`une élection propre, transparente, libre et ouverte à tous, les manipuler à sa guise, user d`artifices pour "forclore" l`intervention des organisateurs dudit scrutin, enjoindre à un ami de s`autosaisir et de proclamer les résultats obtenus dans les laboratoires et de prêter serment dans l`enceinte de la présidence et devenir ainsi Président de la République.
Il faut faire savoir que la lettre des lois ne donne pas la légitimité. C`est bien l`esprit des lois qui donnent autant la légalité que la légitimité. En la matière, c`est bien le peuple qui incarne l`esprit des lois. Et le peuple est l`unique souverain de notre régime politique en Côte d`Ivoire. Il aurait été logique, avec ce légalisme exacerbant, que le Conseil constitutionnel recommande la reprise du scrutin dans les neuf départements où des irrégularités auraient été perpétrées selon Gbagbo. La passion du juriste N`dré Yao l`a emporté sur l`objectivisme du savant agrégé de droit. Ils oublièrent tous que la certification de l`ONUCI vient en dernier ressort et pas avant l`avis du Conseil constitutionnel. C`est aussi cela le légalisme. Quand on joue à le rendre rigide, il se raidit pour tout le monde et ses sentences sont dures à digérer. C`est pourquoi M. Gbagbo doit éviter de faire l`autruche qui est réputée avoir un estomac capable de digérer même du fer.
Et c`est au non de ce parcours calqué honteusement sur la lettre des lois que M. Gbagbo ordonne les tueries des marcheurs. Et fidèle à ses méthodes de fasciste, son discours nie et sa conscience annihile les nombreuses victimes de la barbarie des mercenaires angolais et libériens recrutés à cette occasion. Tout comme sa décence de démagogue lui interdit d`évoquer le sujet des mercenaires. Pour lui, il n`y a eu que les martyrs de sa république. Les autres morts de la marche, les centaines de corps qui jonchent hideusement la morgue d`Anyama sont les sorciers, les " baïfoué et soubaga (…) " de Dédi Sery. Ils ont mérité leur mort ces "cancrelats" qui ont cru pouvoir mettre fin au poder absoluto (pouvoir absolu) de Gbagbo le démocrate, le légaliste, le légitime, le seul fils des élections… . Péché suprême, sentence suprême et immédiate. Pour montrer qu`il ne joue pas, il continue sur la même lancée : "Je ne veux pas d`une guerre en Côte d`Ivoire qui peut s`étendre aux pays voisins ou les affaiblir". Pas une guerre QUI POURRAIT S`ETENDRE (au conditionnel pour relever le caractère probable et éventuel) mais bien qui PEUT à l`indicatif ; donc affirmation et certitude. Reformulons l`idée. "Si vous ne parlez pas à Ouattara et si vous continuez de le soutenir et de m`humilier, je tuerai non seulement les populations ivoiriennes mais j`étendrai ma folie meurtrière à l`ensemble des pays limitrophes de la Côte d`Ivoire. Vous connaitrez tous le désordre". Sévère mise en garde. Bluff ou menace ? Que ceux qui ont des oreilles entendent. Que ceux qui ont la simple vue ou la double vue voient ce qui s`est passé du jeudi 16 au mardi 21 décembre 2010 dans certains quartiers d`Abidjan dont Abobo PK 18. Spéculons un peu sur la question. On sait qu`avant la réunion de la CEDAO et celle de la Commission de l`UA, des émissaires de Gbagbo ont fait la ronde de certains Chefs d`Etats. Infructueuses furent les missions de Séry Bailly. A son investiture, Blaise Compaoré a refusé la délégation de Gbagbo ou à tout le moins, il n`a pas invité Gbagbo. Par contre, M. Mabri Toikeusse était là au nom et pour le compte de la Côte d`Ivoire et de son Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara. En Guinée avec Le Pr Alpha Condé, ce fut pareil. Mme Helen Sirleaf s`est défendu de toute implication dans le recrutement et l`implication de mercenaires libériens présents dans les rangs des FDS et même de juger ses concitoyens qui seront impliqués dans cette affaire. Reste le Mali ? On pourrait ajouter le Sénégal, le Niger, le Togo, le Bénin. Qu`ils veuillent tous bien réfléchir avant de rendre définitives leurs positions car chacun d`eux a de nombreux ressortissants ici en Côte d`Ivoire. Tous éternueront quand Gbagbo enrhumera la Côte d`Ivoire. Parole du fidèle admirateur de feu Kragbé Gnangbé.
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