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Politique Publié le lundi 17 janvier 2011 | Le Nouveau Courrier

Quand Dos Santos certifie les élections pour …Choi

© Le Nouveau Courrier Par DR
Angola - Le président José Eduardo dos Santos
Administrée, 8 ans durant, par les Accords de Marcoussis, la Côte d`Ivoire s`est davantage enlisée dans la crise. Les effets secondaires de ce "médicament", qui a été associé à toutes les thérapies successives, ont mis le pays dans un état quasi comateux, notamment depuis le second tour de l`élection présidentielle. Peu de personnes sont prêtes à parier sur l`issue de cette crise, tant les scenarii, aussi probables les uns les autres, sont aussi nombreux qu`incertains. Et pourtant la vérité est unique. Cette vérité fait de Laurent Gbagbo l`unique président de la République de Côte d`Ivoire.
Alors que personne, de l`introuvable Communauté internationale, ne semblait se préoccuper des faits en Côte d`Ivoire sur la crise postélectorale, avant de condamner les victimes de la fraude et absoudre ainsi les tricheurs, le président Angolais, José Eduardo Dos Santos, vient de rompre la chape de silence pour restituer les faits. Il a pour cela choisi l`occasion de la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an de tous les corps constitués de la République d’Angola, jeudi dernier, au Palais présidentiel angolais. Devant tous les ambassadeurs accrédités en Angola, c`est-à-dire devant une mini-assemblée générale de l`ONU, le président angolais s`est voulu très intellectuellement honnête et surtout franc. Là où, les œillères des intérêts partisans conduisaient les Occidentaux à des prises de positions méprisantes pour les africains, le président angolais, pourtant connu pour être proche de Laurent Gbagbo, s`est élevé au-dessus de la mêlée pour ne rechercher que la vérité. Et comme cette sortie intervient au lendemain de la mission de lobbying d`Alassane Ouattara auprès des autorités angolaises et à la veille de la mission de l`UA à Abidjan, il reste à espérer que les uns et les autres entendent raison même si le mot d`ordre de "pays mort" du RHDP prévu pour cette semaine n`est guère de bon augure.
En effet, c`est sans détours que le président angolais se livre à une analyse sans complaisance de la crise ivoirienne. Pour lui, "le Président de la Commission électorale a diffusé les résultats du deuxième tour de l´élection présidentielle quand il n´était plus compétent : le délai prévu par la loi pour le faire était déjà dépassé et le dossier avait été transmis, pour le traitement nécessaire, au Conseil constitutionnel ; Le représentant des Nations unies en Côte d’Ivoire, dans une attitude précipitée, a certifié et annoncé ces résultats, alors que la résolution ad hoc des Nations unies dit que la certification doit s’appliquer aux résultats électoraux validés par le Conseil constitutionnel, lequel ne s´était pas encore prononcé ; Cette déclaration du représentant des Nations unies a induit en erreur toute la communauté internationale, car le Conseil constitutionnel n´a pas validé les résultats provisoires diffusés par le Président de la Commission électorale, ayant accepté les réclamations et plaintes d´irrégularités et fraudes graves qui mettaient en cause lesdits résultats ; Le Conseil constitutionnel est, en vérité, le seul organe compétent légal pour valider et publier les résultats finaux des élections".
Quelle lucidité! Quelle pertinence et quel souci de clarification. Là où nous attendions M. Choi et l`ONU pour nous réconcilier avec les valeurs de probité et d`éthique, c`est Dos Santos qui nous console. Car la vérité console et elle libère. Elle rapproche les adversaires alors que le mépris durcit les positions.
Mais Dos Santos, qui n`est tenu par aucune chaîne de la dépendance et qui n`est apparemment pas esclave du gouvernement mondial, ira jusqu`à ramener dos à dos les protagonistes en se démarquant quelque peu de la position du Conseil constitutionnel, qui selon lui " devrait recommander la réalisation de nouvelles élections dans un délai de 45 jours, mais (il) n´a pas agi ainsi et a proclamé les résultats donnant la victoire". Toutefois, il accordera des circonstances atténuantes au Conseil Constitutionnel, conscient que "les 45 jours ne sont plus suffisants pour créer un climat propice et l’actuelle situation de crise complique davantage ce cadre".
Ainsi, on peut avoir un ami et lui rester fidèle dans la vérité. Au nom du gouvernement mondial, les socialistes se taisent en France. Or Choi crée en Côte d`Ivoire un précédent fâcheux qui discrédite l`ONU et affaiblit la notion et les principes du gouvernement mondial. Tant que la France des décideurs ne le comprendra pas, les Africains ne se sentiront que méprisés par ses prises de position partisanes et insultantes pour leur intelligence. Brandir la force où l`Afrique et le monde attendent des arguments enlève toute crédibilité à la France officielle qui vient de prouver que son amitié pour les peuples africains n`est que pure hypocrisie et son souci pour leur développement démagogie.
Comme pour dire que les observateurs avertis voient bien le dos du nageur, Dos Santos enfoncera le clou en insistant pour dire que "Dans le monde actuel, des solutions imposées par la force, par l´intimidation ou par la terreur ne sont plus acceptables, car elles se heurtent aux valeurs et principes universaux qui constituent la base de l´action des peuples vers la paix, le progrès et le bien-être. Tous ensemble, nous devons ériger une barrière au terrorisme, au narcotrafic, à l´immigration illégale et à d´autres maux qui touchent nos sociétés, comme une contribution pour un monde plus libre et plus sûr".
M. Choi est payé par le contribuable universel pour "certifier que tous les stades du processus électoral fourniront toutes les garanties nécessaires pour la tenue d`élections présidentielle et législatives ouvertes, libres, justes et transparentes, conformément aux normes internationales" (voir Résolution 1765 du Conseil de Sécurité). A l`arrivée c`est Dos Santos qui s`acquitte de cette mission de certification confiée à M. Choi.
C`est une occasion inespérée de résolution pacifique de la crise ivoirienne que vient d`offrir le président angolais à ses homologues français et américains en tenant Choi pour "celui qui a induit toute la communauté internationale en erreur". Même si en termes diplomatiques, cela signifie beaucoup plus, la France et les Etats-Unis ont une belle perche pour prouver leur bonne foi et de montrer que leur haine pour Gbagbo n`est ni viscérale, ni préméditée. Ils sont particulièrement attendus, avec leurs poulains locaux, sur le chapitre du désarmement, maintenant qu`ils savent qu`on ne peut pas organiser une élection "libre, juste et transparente" sans désarmement de la rébellion.
Particulièrement, Barack Obama. Poussé dans le dos par une Hilary Clinton très heureuse de le couper de son électorat afro-américain par de grossières erreurs en Afrique, et de se positionner ainsi dans le camp démocrate pour l`élection présidentielle américaine à venir, Barack Obama doit se défaire du piège qui lui a été tendu.
Par Sékou Assegoué Godpeace
fraternelleeburnie@yahoo.fr
+225 44 319 422 (Sms sur roaming)

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