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Politique Publié le samedi 25 juin 2011 | Nord-Sud

Goué Marcel, sous-préfet de Zaïbo : «La réconciliation des Ivoiriens est une priorité»

Zaïbo est une sous-préfecture située dans le département de Daloa. Resté à son poste, le sous-préfet de cette circonscription administrative, Marcel Goué, évoque, dans cet entretien, les raisons de son choix et affirme que l’élection d’Alassane Ouattara est l’expression de la volonté de changement des Ivoiriens.


Le pays vient de traverser plus de 4 mois de crise post-électorale. Comment avez-vous vécu cette difficile période ?
Les quatre mois qu’a durés la crise post-électorale, ont été réellement des moments difficiles pour moi ainsi que pour les populations que j’administre. Il fallait trouver des voies et moyens pour soutenir ces populations dans leur angoisse et les rassurer. Mais je voudrais affirmer que Zaïbo n’était pas un cas isolé, car les mêmes situations que nous avons vécues étaient propres à celles vécues dans plusieurs localités du pays.

Quel a été l’impact de la crise dans votre sous-préfecture ?
Les impacts sont nombreux. On a enregistré la perturbation des populations entraînant des dislocations de certaines familles, des foyers abandonnés. On a aussi malheureusement enregistré des pertes en vies humaines et des biens. En ce qui concerne les difficultés enregistrées, on note la fuite de plusieurs personnes des villages et qui ont cherché refuge ailleurs, où leurs conditions de vie précaire ont souvent entraîné des maladies qu’ils ont du mal à soigner. Il ne faut pas oublier le manque de nourriture, ainsi que l’abandon de l’école par les enseignants et les élèves. Toute chose qui s’est présentée comme une préoccupation majeure.


Vous comptez parmi les rares sous-préfets qui ont décidé de rester sur place. Qu’est-ce qui explique ce choix ?
Ma décision dépendait dans un premier temps de ma volonté à servir mon pays tant dans le bonheur que dans les difficultés. Donc, il fallait rester auprès de mes administrés. J’étais convaincu que les Frci (Forces républicaines de Côte d’Ivoire, Ndlr) n’étaient pas venues contre les préfets, ni contre les sous-préfets et les fonctionnaires de l’Etat et encore moins contre les populations, mais plutôt pour imposer le résultat des urnes et par la même occasion, asseoir la démocratie. Ensuite, j’ai simplement décidé de rester jusqu’au dénouement de ces évènements à côté de mes populations et de mieux appréhender le changement qui s’opé

rait dans le cadre des combats historiques menés par les Frci. Malgré mon inquiétude, j’observais l’avenir de mon pays face à tout ce qui se passait. Et l’avenir immédiat pour moi, c’était qu’il était nécessaire pour moi de suivre les mouvements des personnes dans ma circonscription et protéger celles qui avaient besoin de secours. Ce qu’il faut ajouter et qui est très important, c’est que des élections ont été organisées dans notre pays sous le regard de tout le monde entier. Ces élections ont été sanctionnées par la victoire du candidat Alassane Ouattara. Les Ivoiriens se sont exprimés dans les urnes en portant dans leur grande majorité, leur choix sur lui. Incontestablement, son élection est l’expression réelle du peuple de Côte d’Ivoire. Il s’imposait que ce choix soit respecté au nom de la démocratie. Et j’ai compris que c’était le sens du combat des Frci.

Le 21 mai 2011, vous étiez à l’investiture du nouveau président à Yamoussoukro. Quel commentaire faites-vous sur cette intronisation ?
L’investiture du président de la République, Alassane Ouattara, à laquelle j’ai assisté, était pleine de symbole pour moi. J’ai suivi intégralement et avec beaucoup d’émotions cet évènement historique. J’étais tout simplement heureux de constater que mon pays, la Côte d’Ivoire, occupe désormais une place remarquée dans le concert des nations du monde. Je fonde cette réalité sur la qualité des personnalités de diverses origines venues de toute la planète pour assister à cette investiture. C’est un symbole fort qui marque le début d’une ère nouvelle, avec le consentement de la majorité des Ivoiriens pour faire la paix et vivre ensemble pour un développement économique et social durable du pays.

Comment comptez-vous réussir la réconciliation qui est un vœu cher au président de la République ?
Pour réussir la réconciliation que le président et le gouvernement appellent de tous leurs vœux, nous avons déjà pris des dispositions par des rencontres avec les populations. La voie que nous avons décidé de suivre consiste à donner les informations relatives aux idéaux du président de la République qui veut que tous les Ivoiriens déplacés retournent dans leurs localités d’origine. Pour ceux qui sont encore dans les brousses, nous les exhortons à regagner leurs villages tout en rassurant que leur sécurité sera assurée par les Frci. A toutes les populations, nous demandons de s’inscrire dans le programme de réconciliation prônée par le président de la République et abandonner l’éventuelle voie de la vengeance. Notre mission d’administrateur nous recommande d’exhorter nos populations à oublier le passé, à s’asseoir ensemble et penser à l’avenir de notre bien commun qu’est le pays. C’est un travail multidimensionnel que nous entreprenons, en acceptant d’écouter les victimes, d’enregistrer les préoccupations et de faire part de notre méthode d’assistance, à vouloir soulager un tant soit peu les cœurs meurtris. Pour ce faire, nous bénéficions de l’apport de partenaires nationaux notamment les Ong, des organismes internationaux que nous invitons en cette période difficile de réconciliation nationale. Et nous osons croire que le président de la République nous permettra de relever ce défi de la réconciliation des Ivoiriens qui est une priorité et un chantier important pour le chef de l’Etat, son Premier ministre et tout son nouveau gouvernement.

Interview réalisée par Bayo Fatim à Daloa

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