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Politique Publié le mardi 27 septembre 2011 | Le Patriote

Interview/ Patricia Kobina Aké : “Papa, tu as mené le bon combat ”

Patricia Kobina épouse Aké est la fille aînée du premier secrétaire général du RDR Georges Djéni Kobina. A l’occasion du 17e anniversaire de la naissance du parti créé dans le courage, la douleur et la conviction par son défunt père, cette experte en consultation a quitté le temps d’un entretien, ses bureaux, pour raconter son géniteur. Avec un brin de nostalgie, doublé d’un soupçon d’amertume et de larmes, elle ouvre le livre de Djéni Kobina, parle de ses passions, de ses amitiés, de ses convictions et du Président Alassane Ouattara.

Le Patriote: Cela fait 17 ans, jour pour jour, que votre père a créé avec certains de ses camarades, le Rassemblement Des Républicains. Avec du recul, quel était l’ambiance familiale ce jour mémorable du 27 septembre 1994?
Patricia Kobina Aké : Le sentiment était mitigé, d’une part, la crainte car c’était le début d’un combat politique dont on ne pouvait prévoir l’issue, d’autre part, la fierté car mon père et certains de ses camarades politiques venaient de démontrer à la face du monde qu’en politique, il y a des vertus comme le courage, la vision et la conviction que tout politicien doit posséder s’il veut inscrire son combat dans la durée et la noblesse.

L P : La date du 27 septembre coïncide également avec l’anniversaire de votre mariage. Hasard ou choix manifeste ?
P K A : Ce n’était pas un choix manifeste mais un hasard que l’on peut appeler une heureuse coïncidence, on devait repousser la date du mariage car elle coïncidait avec celle de la convention du RDR prévue en septembre 2008 à YAMOUSSOUKRO. Heureusement le Président ADO a accédé à ma requête en déplaçant la date de la convention pour pouvoir assister à mon mariage. C’est le lieu de le remercier pour cette décision car sa présence a donné une saveur particulière à mon mariage.

LP : Quels sont les sentiments qui vous animent de voir le parti et l’homme qu’il a défendu bec et ongle, à la tête du pays ?
P K A : Un profond soulagement et une joie incommensurable car cela prouve que mon père ne s’est pas trompé en confiant le parti à un homme à tous points de vue exceptionnel comme le Président ADO. Le président ADO et son épouse ont été humiliés pendant quasiment 17 ans. Notamment la profanation de la tombe de sa mère. On a tenté à plusieurs reprises de les assassiner et pourtant une fois arrivés au pouvoir, ils ne parlent que de pardon et de réconciliation. Si on ajoute à cela la volonté politique affichée de remettre le pays sur les rails à travers tous ces chantiers que nous voyons, après à peine cinq mois de mandat, on se dit : «Papa tu as mené le bon combat, Papa tu as fait le bon choix en demandant au président ADO de prendre les rênes du parti». La Côte d’Ivoire retrouvera sa place dans le concert des nations développées et civilisées très bientôt, j’en suis convaincue.

L P : Les Ivoiriens aimeraient bien savoir quel type de père était Georges Djéni Kobina?
P K A : Malgré son engagement très prononcé en politique, il a toujours trouvé le temps de s’occuper de sa famille. C’est vrai qu’on le trouvait très dur avec nous ses enfants en terme de respect des principes moraux et d’assumer toujours ses responsabilités ; avec du recul il avait raison car DJENY KOBINA a cinq enfants qui ont tous le niveau ingénieur. Il insistait beaucoup là-dessus car il disait que cela constituait notre valeur intrinsèque et nous pourrions la valoriser le jour où il ne serait plus des nôtres
LP : Il lui arrivait-il de vous taper dessus ?
P K A : Naturellement, lorsque nous étions très jeunes et ne mesurions pas toujours la portée de nos actes. Mais, au nom du principe de la responsabilité qui est individuelle, on devait assumer pleinement nos actes lorsque nous étions majeurs. Je me rappelle qu’en son temps, Franck avait eu maille à partir avec des policiers pour un refus d’obtempérer. Comptant sur la position de papa qui était Directeur du cabinet du Ministre Oumar N’dao, il a demandé aux policiers de le raccompagner à la maison sous peine de représailles s’ils ne s’exécutaient pas. Une fois à la maison, mon père a demandé aux policiers ce qui est prévu par la loi en cas de refus d’obtempérer. J’avoue que Franck n’a pas eu un traitement de faveur auprès de Papa sur qui il comptait.

LP : Quels étaient ses principales passions, qu’aimait-il comme nourriture, lecture et qui étaient ses meilleurs amis ?
P K A : La politique et la lecture. Il lisait énormément, aimait beaucoup manger la sauce gnangnan. Concernant ses amis, je n’ai pas tous les noms en tête, je pourrais citer entre autres : Mr Hoba Albert, l’ex-président Laurent Gbagbo, le Pr Alassane Salif N’diaye etc.

LP : Ses amis continuent-ils de fréquenter la famille ?
P K A : Non pas vraiment à mon sens car je ne vis plus à la maison depuis longtemps, peut-être M. Hoba Albert de temps à autre et quelques militants de base du parti. Par contre, ils arrivent que certains appellent les jours de fête.

LP : Quelle était l’ambiance à la maison, le jour où des politiciens ont décrété que votre père n’était plus Ivoirien ?
P K A C’était horrible. Sous nos tropiques, cette propension des politiciens à disserter sur le sexe, la nationalité ou l’ethnie de leurs adversaires politiques pour masquer leur incapacité à proposer des schémas appropriés de gestion de leur pays est à bannir. Je pense qu’aujourd’hui, de tels agissements sont des disques rayés, anachroniques qui ne trouveront aucune platine pour les accueillir pendant le mandat d’ADO.

L P : Comment vivez- vous son absence? Quels souvenirs gardez-vous de lui ?
P K A : Il me manque énormément car il était une source d’inspiration. Je garde de lui le souvenir d’un homme de conviction, intègre, affectif, persévérant, combattant absolu pour l’avènement de la démocratie. Son intégrité et ses convictions lui ont permis de mener un combat intellectuel à travers une vision qu’il avait du développement de son pays, de l’homme qui était capable d’inscrire son combat dans la durée , de porter son parti et ses valeurs sur les fonts baptismaux. Il a vu juste car aujourd’hui nous avons en ADO, un grand président qui fait véritablement la fierté de tous les Ivoiriens.

LP : Est-il facile de porter le patronyme Kobina ? Cela vous ouvre-t-il des portes?
P K A : Cela dépend à quelle époque on se situe. Déjà de son vivant, nous avons été l’objet de nombreuses brimades. Ce qu’il faut retenir, c’est surtout la dimension comportementale héritée de ce patronyme qui me rappelle sans cesse que je suis sa fille et que je dois porter ces valeurs toujours un peu plus haut. J’avoue que je n’ai jamais utilisé ce passeport pour me faire ouvrir des portes. Comme je vous le disais, mon père ne s’est pas battu pour des postes sinon le RDR ne serait pas né. Je ne peux donc me prévaloir d’être sa fille pour estimer que toutes les portes doivent aujourd’hui m’être automatiquement ouvertes. J’ai une compétence à revendre à travers mon parcours académique et professionnel. Si cela peut m’ouvrir des portes, ce serait amplement suffisant.

LP : Justement que deviennent les enfants Kobina ?
P K A : Mes deux petites sœurs vivent aux USA et à Londres où elles sont respectivement responsables de services à l’ONU et responsable juridique d’une banque londonienne. Mon Petit frère, Jean Claude est cadre supérieur dans la filiale Française d’une entreprise Américaine qui opère dans le domaine de la résistance des matériaux. Franck s’est lancé dans l’agriculture et l’élevage et moi je travaille en tant que consultant dans une société agricole de la place.

LP: Votre père était connu pour être un tribun, un grand orateur. Avez-vous hérité de cela ?
P A K Ah non, le tribun de la famille, c’est mon frère Franck, il est capable de vous improviser un discours sans la moindre préparation ou de parler devant 50.000 personnes en toute décontraction, rappelez vous son intervention lors de l’inauguration de la stèle de Djeny Kobina à Adjamé, ce jour-là j’ai reçu pas moins d’une centaine d’appels de Côte d’Ivoire comme de l’étranger et des mails de félicitations pour la qualité de son intervention. Je vous assure qu’il avait improvisé. Cette qualité, il l’a naturellement en lui. Mon fils Georges-William a de la graine de tribun, enfin on verra dans une dizaine d’années.

BN
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