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Politique Publié le jeudi 23 août 2012 | L’Inter

Situation socio-politique en Cote d`Ivoire / Adama Diomandé (farouche partisan de Ouattara en France): “Voici ceux qui attaquent la Côte d`Ivoire” - “Ce que des partisans de Gbagbo m`ont confié”

© L’Inter Par DR
Humanitaire : Adama Diomandé, président de l’Association pour la Défense de la Démocratie et des Libertés - France (ADDL, France)
Il est l'un des principaux interlocuteurs des médias français, intervenant pour la défense des intérêts du régime Ouattara. Monsieur Adama Diomandé est le président de l'Association pour la défense des libertés. Une organisation à travers laquelle il a pris fait et cause pour le président ivoirien dont il passe pour être l'un des plus farouches partisans. Dans cet entretien, l'homme de passage à Abidjan, se prononce sur les derniers
développements de l'actualité


Diomandé Adama, vous êtes un farouche partisan du président Ouattara très actif en France. Qu’est-ce qui vous emmène actuellement au pays?

Je suis venu pour raison familiale doublée d'une mission d'observation par rapport à mes partenaires en France, pour leur faire le point de la réalité politique de la situation en Côte d'Ivoire.

Vous tombez en pleine
situation confuse avec ces
attaques répétées çà et là.
Quelle analyse faites-vous
de cette situation?

De l'extérieur, ces attaques nous paniquent. A peine suis-je arrivé que j'ai été accueilli par ces informations. Mais, ce qui m'a surpris, c'est la réaction de la population. Elle est restée sereine, malgré les dommages
causés, les émotions des tueries qui ont eu lieu. Quand on est loin du pays, on est paniqué quand on entend ces genres d'information. Aujourd'hui, je salue la réaction de cette population, qui a pris conscience
qu'il faut stabiliser le pays pour le bonheur de tous. Il faudrait que les acteurs politiques songent vraiment à la réconciliation. Tant qu'une politique d'envergure volontariste et de vérité n'est pas menée, la population
se sent un peu blasée. Malgré tout, on note une réelle volonté de réconciliation chez cette population. Je peux même dire que la population veut la réconciliation. Ce sont les politiques qui n'ont rien compris encore en la chose. Je vous donne un exemple. J'ai été manger dans un ''maquis'' appelé le ''Maquis
des M…'' qui a la réputation d'être un endroit où les dignitaires de l'ancien régime venaient manger. Comme je ne passe plus inaperçu, des gens m'ont reconnu et m'ont approché. J'ai eu à échanger avec eux, et ils m'ont dit: ''On a combattu contre le président Ouattara. On a perdu sur le plan militaire, sur le plan politique et même diplomatique. Il faut avouer qu'il y a un an et demi, il n'est même pas à mi-mandat, mais il s'est mis au travail malgré la situation. C'est ce dont la Côte d'Ivoire a besoin. Nous pensons qu'on peut faire la politique autrement sans être obligé de se tuer''. C'est ce que je souhaite. Alors, il faut que le gouvernement et les partis qui soutiennent Alassane Ouattara se mettent au travail. Parce que je pense que ce travail n'est pas fait suffisamment.

Où voulez-vous en venir?

Laissez-moi vous donner mon point de vue sur la réconciliation. Je n'y vais pas du dos de la cuillère, mais franchement on a l'impression que ceux qui ont la charge de cette mission dorment, attendant que quelque
chose tombe du ciel. Depuis un an, ils sont incapables de donner un programme, un schéma clair de réconciliation. Le président de la commission Dialogue, Vérité et réconciliation est pourtant entouré de deux
éminents dignitaires religieux. Mais, on n'a jamais vu à quoi ils servent. Aucune déclaration, aucune démarche. Pourtant la population a soif de réconciliation. En tout cas, sur le plan international, c'est mal vu tout çà. Il ne s'agit pas d'attirer les gens dans les émotions. On peut demander pardon, mais quand l'acte marquant la volonté de réconciliation n'est pas posé, cela crée des doutes. Ce qui fait qu'aujourd'hui certains individus ou bien ceux qui ont le sentiment d'avoir perdu le pouvoir, font tonner des coups de fusil. Je pense que le gouvernement doit se mettre au travail, adopter une politique de communication
dans ce sens. Je trouve que la communication n'est pas assez développée dans le sens de la réconciliation. Deuxième point, ce sont les partis politiques qui soutiennent Alassane Ouattara. Je les
trouve dans une certaine posture. Chacun veut un poste, chacun veut avoir des ministres.
Tout le monde ne peut pas être ministre ; on peut servir à tous les niveaux. Des gens me
demande: '' M. Diomandé, vous qui vous êtes battu, on ne vous voit pas, est-ce que vous êtes
promu?...''. Non, ma priorité n'est pas d'être nommé. Ma priorité, c'est d'aider le président
de la République à tenir sa promesse. Et, malgré les conditions difficiles, il est en train de réussir. Tout le monde connait Alassane comme un économiste chevronné. Mais, il se révèle aujourd'hui un grand diplomate. Après une crise aussi profonde, relancer les affaires économiques et la diplomatie en moins de deux ans, ce n'est pas donné à tout le monde. Des gens ont cru qu'après Nicolas Sarkozy, Alassane serait dans des difficultés avec le nouveau président français, François Hollande. Mais, ils se sont mis le doigt dans l’oeil. Puisque le lien entre la France et la Côte d'Ivoire est une relation entre pays et pays. Même si l'amitié peut faciliter certaines choses, rien ne compromettrait cette relation d'intérêts mutuels. Qu'on soit de gauche ou de droite, ces relations seront toujours
aux beau-fixe.

Revenons aux partis qui
soutiennent le président
Ouattara, que leur reprochez-
vous?

J'ai été scandalisé qu'un jeune comme KKB (ndlr: Bertin Kouadio Konan), au lieu de penser à
l'avenir de son pays, pense à des postes. Il se trompe d'époque. Aujourd'hui, le développement
de la Côte d'Ivoire est la priorité, parce que cette jeunesse, qui a été négligée pendant 10 ans, va se relayer. Et quand les chantiers vont être en marche, il nous faudra des jeunes qui ont la volonté de travailler, de développer, de rattraper son retard. Le pouvoir FPI a pendant 10 ans, enfoncé ce
pays dans un gouffre. Pour en sortir, il faut la volonté de tout le monde. Aussi, très sincèrement,
je souhaite une opposition pacifique, combative pour contrôler le gouvernement. C'est ça aussi la démocratie et le développement. Mais, on ne se cache pas derrière des coups de fusil. La page de la
confrontation est terminée. Maintenant, que l'opposition s'engage dans le combat démocratique et arrête d'attiser la haine. (…).

Vous attaquez de façon
frontale la CDVR. Avezvous
le sentiment que cette
commission a failli?

Je n'ai pas vu une action posée aujourd'hui par la commission de réconciliation. On ne leur reconnaît pas de schéma clair et net pour conduire les Ivoiriens à la réconciliation dont ils ont tant besoin. Il y a des gens
qui ont tout perdu, qu'est-ce qu'on fait pour eux? Il y a des familles qui ont été endeuillées, que fait-on pour les consoler?
Pour aller à la réconciliation, il faut réparer d'abord le tort. Qu'est-ce que la commission a proposé au président de la République?
C'est tout cela qu’on attend. On n'attend pas un budget pour commencer à travailler. On fait d'abord l'effort
de donner un schéma, et cet effort est récompensé par ce qu'on propose.

A côté de la CDVR, une
autre initiative a vu le jour
avec le dialogue républicain
engagé par la Primature.
Votre regard sur cette
initiative?

Elle est bonne. Elle comble un vide, le fait que sur le plan international, les gens sentent qu'il
n'y a pas une volonté de réconciliation des politiques. Je ne vais pas parler de la population,
parce qu'à ce niveau, il n'y a pas de problème. Le gouvernement doit prendre cet aspect en
charge, surtout que la commission de réconciliation a failli. C'est important pour sa crédibilité
sur le plan international. Surtout qu'il y a un groupuscule d'acteurs politiques, qui veulent
bloquer la réconciliation pour revendiquer ce qu'ils n'ont pas eu dans les urnes. Il y a des
personnes, aujourd'hui, qui veulent le malheur de notre pays pour se venger. Le Gouvernement
doit veiller pour ne pas que ces personnes réussissent.

Pour vous, qui sont ceux
qui attaquent? Qui a intérêt
à ces coups actuellement?

Ce sont des revanchards qui ne veulent pas le bien de la Côte d'Ivoire. Je suis persuadé qu'ils
ne sont pas soutenus en majorité. C'est pour cela que je vous ai relevé la réaction de la population
après ces coups de feu. La population a soif de se reconstruire, elle a vu un début de travail, elle veut que cela continue dans la sérénité. Et je sais qu'il y a des hommes politiques assez responsables pour
dire: ''nous voulons nous opposer à ce gouvernement d'une manière démocratique''. Mais, il
y en a qui veulent revenir coûte que coûte au pouvoir en pensant que la Côte d'Ivoire est un bien personnel dont ils ne peuvent pas accepter le fait de l'avoir perdu. A l'Ouest, c'est ce qui se passe ; on va manipuler
des personnes vulnérables pour s'en servir.

En parlant de revanchard,
ne craignez-vous pas que
le mal soit interne, avec les
ex-combattants pro-Ouattara
frustrés, qui n'ont eu de
cesse de crier leur mécontentement
d'avoir été laissés
pour compte ?

Il n'y a pas que des ex-combattants laissés pour compte. Il y a des militants qui se sont battus aussi, et qui se sentent aujourd'hui spoliés, frustrés. C'est là où les partis politiques, notamment le RHDP et le RDR en
particulier, doivent jouer leur partition en les rencontrant, en se mettant à l'écoute de ces gens qui se sentent oubliés, ignorés, sacrifiés pour un combat existentiel. J'ai dis que je dirai toujours la vérité pour que
le président entende, parce que je ne lui rendrai pas service si je n'exprime pas ce que je pense
être juste pour lui remonter les sentiments de la population. C'est vrai qu'il peut y avoir des
frustrés, mais il faut expliquer à ces populations que nous sortons de 10 ans de gabegies. Et
la transition n'a pas été facile. Il y a eu des dégâts. Il faut réparer ces dégâts d'abord pour que
tout le monde bénéficie du changement. D'abord la Côte d'Ivoire, car ce ne sont pas les
situations individuelles qui importent. Il faut voir l'intérêt général. Ce qui importe, c'est comment nous pouvons sortir le pays de la situation actuelle pour que tout le monde en bénéficie. Ceux qui sont chargés
de l'expliquer ainsi, s'ils ne font pas leur travail, les gens seront impatients et le résultat, on le connaît.

Comment appréhendezvous
le jeu du RDR dans le
processus de réconciliation?

Moi, je ne suis plus dans la mentalité du RDR, du PDCI et de tous les partis qui soutiennent
Alassane Ouattara. Ils doivent former un parti unifié pour soutenir l'action du président de
la République. Donc, je ne suis plus dans le schéma RDR ou PDCI. Le PDCI, Houphouët l'a
construit à son image pour faire de la Côte d'Ivoire ce qu'il pouvait. Tout parti politique,
construit par un grand homme d'Etat, disparaît 10 ans après la mort de son fondateur. Aujourd'hui,
les gens sont face à des schémas dépassés. Cette jeunesse qui souffre aujourd'hui
n'a pas connu l'heure de gloire du PDCI. C'est dans l'histoire. Maintenant, si Bédié et Ouattara
veulent honorer Houphouët, le RHDP doit devenir un parti politique pour relever la Côte
d'Ivoire. Le PDCI et le RDR sont des partis dépassés. On doit rassembler cette jeunesse
souffrante dans un parti solide pour soutenir le quinquennat du président Alassane pour sortir
notre pays de la précarité. Les partis de l'opposition doivent aussi laisser Gbagbo là où il est
pour penser à la démocratie en Côte d'Ivoire. Ils doivent s'atteler à reconstruire un parti d'opposition
crédible qui peut faire évoluer le pays.

N'est-ce pas un discours
tardif au moment où des
voix s'élèvent au PDCI pour
réclamer son indépendance
du RHDP?

Tout dépende de la décision de deux leaders: le président Alassane Ouattara, qui est le président
du RDR et le président Henri Konan Bédié du PDCIRDA. S'ils décident aujourd'hui, la population va suivre. J'en ai vécu l'expérience à Grand-Bassam pour la désignation du futur candidat aux municipales.
Les populations disent: ''pourquoi ne pas aller en RHDP, au lieu qu'il y ait deux prétendants,
l'un du RDR et l'autre du PDCI, qui se disputent!''. Voyez combien la population est en avance. Nos querelles passées nous ont amenés à la création du RDR. Nous devons tourner cette page, et avec le PDCI. On ne peut pas rénover le PDCI aujourd'hui, il faut créer autre chose. C'est-à-dire que c'est
terminé, l'action d'Houphouët, et son outil de travail est caduc maintenant.

Comment créer un parti
RHDP sans Bédié de plus
en plus contesté par le courant
de ceux qui tiennent à
la rénovation du PDCIRDA?

Tantôt j'ai lu dans les journaux que Bédié est le dépositaire du PDCI. Soyons franc, l'apport
personnel de Bédié à l'élection de M. Ouattara est considérable. Je ne dirai pas le PDCI,
parce que je connais des gens qui n'ont pas voté pour Ouattara au sein du PDCI. En somme,
le président Bédié a pris un risque énorme en soutenant sous la bombe, Alassane Ouattara.
En le faisant, il a sauvé son pays. Alassane m'a confié ceci ci: ''Mon alliance avec Bédié est solide, parce que nous voulons sortir notre pays du chaos''. Maintenant, pour répondre à votre question, le
RHDP peut se construire quand le PDCI rénové peut prendre une autre direction. Nous
sommes dans un pays de démocratie, ceux qui veulent s'attaquer au projet peuvent
créer leur parti. Sinon, moi je suis pour la dissolution du RDR et du PDCI à un congrès qui annonce un nouveau parti pour soutenir l'action du gouvernement. De là viendra la réconciliation. Cela amènera l'opposition à se rénover sans Gbagbo.

Comment entrevoyez-vous
donc l'horizon 2015, en
RHDP derrière le président
Ouattara déjà ?

Le contraire, ce serait créer un corps parsemé de plaies, si nous voulons vraiment consolider
la paix. Aujourd'hui, la CDVR est défaillante. Un parti solidifié, et même si ça s'apparente
au parti unique, est une solution pour aller à la réconciliation, comme en Afrique du
Sud avec l'ANC, un parti solide et solidifié. Au sein du RHDP, il peut y avoir des tendances.
Moi, j'aurais aimé que KKB se batte avec Guillaume Soro au sein du RHDP. Idem pour tous
ceux qui prétendraient à la Présidence.

Sans complaisance, comment
jugez-vous le pouvoir
Ouattara aujourd'hui, plus
d'un an après son avènement?

Vous me posez une question embarrassante. Pour certains, je ne serai pas objectif, mais je
l'assume, puisque j'ai confiance en l'homme. Mais, cela ne m'empêcherait pas de dénoncer
ce qui me paraît inacceptable. Mais, j'ai confiance en la capacité de l'homme à surmonter
toutes les frustrations et incompréhensions, parce qu'il s'est fixé un objectif à sa vie: être utile à son pays en taisant ses propres frustrations et regrets. Je soutiens l’action de l’homme politique, de l’homme
engagé. Parce qu’il avait d’autres possibilités. Mais voyez combien il donne du sien
à 70 ans maintenant, parce qu’il se dit qu’il n’a pas plus tellement de temps. Alors, je veux
contribuer modestement à mon niveau, à l’aider. C’est pour cela que j’ai l’intention de revenir
comme il l’a demandé à tous les Ivoiriens de l’extérieur, non pas pour revendiquer des
postes, mais mettre son expérience acquise au service de la nation.

On reproche au pouvoir
Ouattara de faire de la discrimination
dans les choix
au niveau des administrations.
On parle de rattrapage,
pour employer le mot
sorti de la bouche du chef
de l’Etat lui-même. Qu’en
dites-vous ?

Il n’y a pas de rattrapage. Mais, en politique, dès qu’il y a une faille, ses opposants l’utilisent.
Est-ce que pendant 10 ans, nous n’avons pas subi de catégorisation
des citoyens ivoiriens ? Si tant est-il que cela est vérifié, on peut parler d’équilibrage
et non de rattrapage. Le président équilibre, parce qu’il y a eu des frustrations. Réparer ces
torts, ce n’est pas une discrimination. Nous sommes en politique et c’est de la communication
faite autour du mot utilisé par le président. Ils ont trouvé une faille, ils s’y sont engouffrés.
Maintenant, il appartient à l’entourage de faire de la communication pour éclairer l’opinion sur cet aspect des choses.

On ne faut pas se le cacher,
des Ivoiriens regardent
d’autres Ivoiriens (c’est-àdire
les communautés du
nord) comme des populations
‘’rattrapées’’ (des privilégiés
avec l’avènement
du régime Ouattara). Ce
prisme ne fait-il pas
craindre une autre explosion
demain, si le pouvoir
venait à changer de main?

Cette manière de voir les choses n’est pas propre à la Côte d’Ivoire. Cela fait partie de la faiblesse de la démocratie en Afrique. Des gens pensent que lorsque quelqu’un de leur ethnie est au pouvoir, ils sont le
pouvoir. C’est aux politiques de se battre contre cette manière de voir, c’est-à-dire la tribalisation
du débat. C’est peut-être bénéfique à des candidats, quand ils sortent d’une communauté
assez développée, mais on ne peut pas gérer un pays comme la Côte d’Ivoire sur
cette base. C’est faire un procès d’intention malveillant au président de la République que de réagir de la sorte. D’ailleurs, j’entends le contraire dans la population. Beaucoup de ceux
qui ont soutenu Alassane Ouattara se plaignent d’avoir tout donné et de se retrouver
oubliés. Vous me demandiez tantôt si les coups de canon que nous entendons ne sont
pas le fait de frustrés, qui n’ont pas reçu ce qu’ils voulaient. C’est cela qu’il faut résoudre.
Ce n’est pas parce qu’on a été catégorisé, on a subi une injustice que si nous sommes au
pouvoir, maintenant il faut refaire le même schéma. Non, on ne s’en sortira pas. Il est toujours
bon de dire aux gens qu’on s’est battu contre ces pratiques, et si nous sommes au pouvoir, il
faut procéder autrement. Je fais confiance au président de la République, qui malgré les difficultés,
j’en suis convaincu, ne va pas tomber dans ce schéma- là.

Par deux fois, le procès de
l’ex-président, Laurent
Gbagbo, a été reporté à la
demande de ses avocats.
Comment appréhendezvous
ces reports ?

Les avocats font leur boulot, ils sont payés pour ça. Me Altit a un marché considérable. Tant
que ça dure et que les partisans de Gbagbo prennent cela pour une victoire, il ne s’en plaint
pas. Moi, je ne voudrais pas que le procès de Gbagbo soit un ingrédient politique en Côte
d’Ivoire. Le gars a des comptes à rendre devant la justice internationale,
parce qu’il a posé des actes dans son pays qui l’ont amené là où il est. Il y a des accusations contre lui, on va lui présenter les preuves, il a ses avocats avec lui, il va se défendre. Je ne souhaite pas que le RHDP, notamment le RDR, utilise ce procès comme une action politique. On ne peut
pas empêcher les partisans de Gbagbo de pleurer. Je ne souhaite pas une contre-manifestation
contre les actions des partisans de Gbagbo à la Haye. Que les associations des victimes
soient représentées d’une manière modeste, mais pas d’une manière politique.

Pourtant, il se dit que vous
préparez un déferlement
bientôt sur la Haye ?

Oui, mais ce n’est pas ma conception. Je ne me suis impliqué dans cette mobilisation,
parce que je pense que ce n’est pas en faisant du bruit autour de la Haye qu’on va
influencer la décision des juges. Même le boucan des partisans de Gbagbo à la Haye ne sert
pas la cause de Gbagbo.

Ne craignez-vous pas que
ce procès attire d’autres
personnes vers la Haye
dans les rangs du pouvoir
actuel, suite aux tueries
massives qu’il y a eu
durant la crise post-électorale
?
Moi, je suis pour que la justice se fasse et dans n’importe quel camp, que ce soit celui du pouvoir
ou celui de l’opposition. Il faut reconnaître une chose cependant : il y a un camp qui, malgré sa défaite, a voulu confisquer le pouvoir,

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