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Société Publié le jeudi 2 mai 2013 | L’intelligent d’Abidjan

Fête du 1er mai / Face aux attentes nombreuses des travailleurs : Daniel Kablan Duncan dévoile les recettes du gouvernement

© L’intelligent d’Abidjan Par DR
Cérémonie officielle de la fête du travail à la Primature
Mercredi 1er mai 2013. Primature. Abidjan. Photo : Le premier ministre Daniel Kablan Duncan
Elles étaient nombreuses, les revendications des travailleurs ce mercredi 1er mai 2013 à l’occasion de la commémoration de la fête du travail. Face au Premier ministre Daniel Kablan Duncan, les SG des centrales syndicales que sont Soro Mamadou (Humanisme), Yves Kodibo (Unatr-ci), Traoré Dohia Mamadou (Fesaci), Emile Boga Dago (Dignité) et Joseph Ebagnérin (Ugtci) ont égrainé le cahier de doléances au chef du gouvernement. Cherté de la vie, revalorisation salariale, chômage endémique, insécurité, hausse du Smig… sont entre autres les principales réclamations faites au Premier ministre.

Pour Daniel Kablan Duncan la journée solennelle est un moment privilégié pour les travailleurs et pour le Gouvernement de se retrouver, afin d’examiner ensemble, les progrès réalisés et les préoccupations nouvelles inhérentes au monde du travail. Le Premier ministre a rappelé qu’après de longues années de crise, l’année 2013 marque la consolidation progressive de la Sécurité, de la Paix et de la reprise économique. Pour lui, il faut persévérer dans l’effort, en renforçant le dialogue à tous les niveaux, pour asseoir de manière irréversible la paix, préalable au développement et au bien-être de tous. Il a fallu beaucoup d’efforts, en réformes structurelles et sectorielles, pour permettre selon le chef de gouvernement, au pays de renaître, de renouer avec ses valeurs et de regagner l’estime de la communauté internationale.

La Côte d’Ivoire renoue avec une croissance forte en 2012

Le Premier ministre a fait une présentation de la situation. L’évolution du PIB qui était en repli de – 4,7 % en 2011, année de fin de crise, a connu une forte progression pour se situer à 9,8% en 2012. Le regain de dynamisme de tous les grands secteurs de l’activité économique a été stimulé par la relance de l’investissement, de la consommation et des exportations. Le taux d’investissement ressort à 13,7% du PIB en 2012, contre 8,2% du PIB en 2011. Les exportations ont progressé de 12% en 2012 contre un recul de - 4% en 2011.

De même, l’évolution de la consommation des ménages a cru avec un taux de 13 % en 2012 contre une baisse de 5,1% en 2011. L’année 2013 devrait confirmer le rebond économique. «Nous travaillons pour que le taux de croissance atteigne 9% en 2013, et 10% en 2014 et 2015», a-t-il souligné. En restaurant pleinement le niveau économique des années glorieuses, les populations et en particulier les travailleurs, devraient mieux ressentir les effets de la croissance économique en 2013. Le revenu par tête d’habitant connaît une hausse de 7,8 % en 2012 et de 8,5 % en prévision pour l’année 2013. Kablan Duncan a indiqué que l’amélioration des revenus ruraux a été plus rapide qu’en milieu urbain. Les revenus agricoles pour le cacao et les vivriers ont porté sur un montant de plus de 2000 milliards de FCFA, dont environ 720 milliards de FCFA pour les producteurs de cacao et 1292 milliards de FCFA pour les producteurs de vivriers. Il affirme aussi que les résultats de l’enquête emploi de novembre 2012, montrent que de mai 2011 à octobre 2012, 1.043.293 emplois ont été créés, dont 101.670 emplois formels et 941.623 emplois non formels. Ces créations concernent principalement le commerce de détail, l’agriculture et les autres services. «Le Gouvernement est au travail», a assuré Kablan Duncan. Mais, les performances retrouvées méritent d’être consolidées sur plusieurs années, afin de produire des résultats irréversibles et plus sensibles au niveau de toute la population. Pour cela, il faut dégager de grandes marges budgétaires pour maintenir de hauts niveaux d’investissements ; investissements générateurs de croissance et d’emplois stables. A cet effet, il a reconnu que la masse salariale, qui représente 43,4% des recettes fiscales, contre une norme communautaire UEMOA de 35%, pèse encore lourdement sur l’atteinte de ces objectifs.

Les améliorations salariales et de conditions de vie à venir

Le Premier ministre a souligné que des efforts conséquents ont été faits pour prendre progressivement en compte, sur le budget de l’Etat, les engagements à incidence financière pris en faveur des fonctionnaires. A cet égard, et en dépit de ses contraintes budgétaires, le Gouvernement a décidé de consacrer, selon lui, au titre du budget 2013, une enveloppe de 42,6 milliards de FCFA, afin de satisfaire 50% du reliquat des engagements pris ; ce qui porte à 75% le taux de satisfaction des revendications. Ce traitement prend en compte : le reliquat de l’indemnité contributive au logement au profit des instituteurs, à raison de 5000 FCFA par personne, soit un montant cumulé de 3,6 milliards de F.CFA ; les indemnités hospitalières du personnel de la santé, y compris la bi-appartenance des médecins praticiens enseignants, pour un montant global de 3,9 milliards de FCFA. A cela s’ajoute, le paiement intégral des indemnités de Directeurs d’Ecole et maîtres d’application ainsi que des indemnités d’études surveillées, pour un montant total de 332 millions de F.CFA. Relativement à la revalorisation indiciaire de 400 points au profit des cadres supérieurs de la santé et de 150 points promise aux emplois du secteur de la Santé, les mesures entreront en application en janvier 2014. Ces mesures qui prennent en compte les 4000 nouveaux agents de la Santé dont le recrutement est en instance s’évaluent à près de 15 milliards FCFA. Un décret sera pris dans ce sens dès cette année 2013 et plus précisément au mois de mai 2013. Un autre point qui tient à cœur au Gouvernement concerne la question de la couverture maladie universelle pour tous. Ce projet, disponible, à ce jour ; est une composante de la Stratégie Nationale de Protection Sociale validée au cours des deux ateliers nationaux déjà organisés. La phase-pilote de ce grand projet social devrait débuter avant la fin de l’année en cours.

Lutte contre la cherté de la vie

‘’La surveillance des prix sera renforcée par l’amélioration des dispositifs existants’’, a promis le Premier ministre. En outre, l’amélioration progressive de l’état du réseau routier et la réduction sensible du racket, en rapport avec la création du CCDO, permettent une meilleure fluidité dans la distribution des produits et une réduction conséquente des prix. De même que la loi sur la concurrence est en cours de révision. Il a précisé cependant que, l’axe stratégique privilégié de la lutte contre la cherté de la vie est bien l’augmentation significative de l’offre des biens et services, notamment la production vivrière et maraichère.

A cet effet, au niveau agricole, le Gouvernement a mis en place le Plan National des Investissements Agricoles (PNIA). Ce plan à moyen terme, évalué à 2.040 milliards de F CFA, et financé pour une grande partie par le secteur privé, permettra de créer plus de 2 millions d’emplois. Il s’agit d’assurer l’autosuffisance alimentaire et de faire de la Côte d’Ivoire «un grenier de la Sous Région Ouest Africaine», notamment au niveau du riz qui fait l’objet d’importants projets avec le secteur privé. La production de riz devrait passer de 1 million de tonnes actuellement à 3 millions de tonnes en 2015, pour des besoins nationaux estimés à 1,5 millions de tonnes. La lutte contre la cherté de la vie, prend également en compte la mise à disposition des populations de logements décents, à des coûts abordables. C’est pourquoi, le Gouvernement vient de lancer le programme de construction de 60.000 logements sociaux. Un recensement de la population cible est en cours ; ce qui permettra de mieux répondre aux nombreuses attentes.

Création d’emplois

La question du chômage étant récurrente, le Premier ministre a dévoilé la batterie de dispositions pour endiguer le phénomène. Il s’agira de renforcer le secteur privé comme principal moteur de la croissance économique comme seule alternative viable. Des investissements importants sont en cours de réalisation ou de lancement sous forme de PPP (Partenariats Public-Privé). Ils concernent notamment : Le troisième pont dénommé «Pont Henri Konan Bédié» d’un coût d’environ 150 milliards de FCFA qui génère plus de 300 emplois directs ; La construction du barrage hydroélectrique de SOUBRE d’un coût d’environ 350 milliards de FCFA pour près de 5.000 emplois directs ; La réalisation du projet «Aérocité», avec 1.000 milliards d’investissements prévus et plus de 10.000 emplois directs, pour faire de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny un hub de service sous régional ; Le train urbain d’Abidjan d’un coût d’environ 330 milliards de FCFA, permettra de créer environ 1500 emplois directs. Cette stratégie de promotion de l’investissement privé concerne tous les secteurs de l’économie : gaz, énergie, eau potable, routes et ponts à péage, transports collectifs, zones industrielles, marchés de gros, marchés communaux, abattoirs régionaux, gares routières interurbaines, collecte et traitement des ordures ménagères, etc. Une bonne partie de ces projets sera réalisée par des entreprises nationales. Ce sont ainsi deux (02) millions d’emplois qui devraient être créés à moyen terme. Pour renforcer la plate-forme de concertation, Kablan Duncan a sollicité une rencontre périodique d’échanges tous les six (6) mois avec les centrales pour permettre de faire le point.

Olivier Guédé
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