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Politique Publié le mardi 31 décembre 2013 | APA

83% des Ivoiriens croient en la « réconciliation » nationale, selon Konan Banny

© APA Par Atapointe
Réconciliation: Charles Konan Banny présente le rapport de la CDVR à la Presse
Lundi 30 décembre 2013. Abidjan. Riviera 3. le président de la commission Dialogue Vérité et Réconciliation Charles Konann Banny a présenté aux journalistes les grandes lignes qui composent le rapport de son institution après les 2 années d`exercice. Il en a profité pour faire ses voeux pour l`an 2014. Photo : Charles Konan Banny.
Abidjan (Côte d’Ivoire) - Charles Konan Banny, Président de la Commission Dialogue, Vérité et réconciliation (Cdvr) a rencontré la presse nationale et internationale, lundi, pour « restituer » l’essentiel des travaux accomplis en 2 ans, estimant que « 83% des Ivoiriens croient en la réconciliation » nationale.

Après la remise, le 20 novembre dernier au Chef de l'Etat, Alassane Ouattara, de son rapport d'activités de deux ans conformément à l'ordonnance de sa création, Charles Konan Banny, le président de la Cdvr a jugé « utile » d'informer les Ivoiriens sur « l'essentiel des travaux » de la Commission.

« Si administrativement, nous travaillons sous l'autorité du Chef de l'Etat, la mission de la Cdvr étant d'intérêt national, il est juste et bon que les résultats desdits travaux soient communiqués à nos compatriotes » a justifié M. Banny devant la presse.

Après avoir rappelé les phases préparatoires du processus de réconciliation, comportant plusieurs aspects dont les aspects consultatifs et symboliques, le président de la Cdvr a insisté sur les sept principaux thématiques qui ont guidé l'action de la Commission.

«Dans la démarche de la Cdvr, il était important de savoir l'opinion des populations. Ainsi, nous avons commis un cabinet d'enquête dont la compétence est reconnue pour mener cette tâche sur un échantillon représentatif de 60.000 personnes. C'était notre plan d'action qui a, du reste, déterminé notre vision de la mission » a indiqué Charles Konan Banny soulignant « la profondeur historique des investigations » menées par ce cabinet.

Ainsi, la démarche s'est appuyée sur plusieurs thématiques dont les principaux se résument à la période à prendre en compte, aux types des violations, à la repentance et au pardon, aux formes de réparation, à la possibilité réelle de la réconciliation, aux changements à opérer pour éviter pareille situation, au rôle de la presse, à l'avenir du pays…

Concernant la période à considérer dans le processus, M. Banny a déclaré que les populations interrogées souhaitent que la lumière soit faite sur tous les événements socio-politiques compris entre 1990 et 2011. ‘' Vous remarquerez avec moi que 1990 marque le retour du multipartisme dans notre pays et 2011 la crise post-électorale » a-t-il expliqué.

Pour les types de violations à retenir dans le processus, les Ivoiriens, selon lui, ont retenu quatre catégories. « Les atteintes à la vie que sont les cas de violation ayant entraîné la mort (95%), les atteintes aux droits économiques ++vols, pillages, destructions des biens++ (80%), les atteintes à l'intégrité physique et morale (73%) et les atteintes à la liberté de la presse (40%) », a révélé Charles Konan Banny.

A la thématique de la repentance et du pardon, M. Banny a affirmé que le pardon des victimes doit être motivé par un repentir sincère des auteurs des violations. La réconciliation est-elle possible encore en Côte d'Ivoire ? A cette thématique, le président de la Cdvr a indiqué que « 83% des Ivoiriens ont répondu par l'affirmative car ils y croient même s'ils sont conscients que c'est difficile ».

C'est pourquoi, il a conseillé de ne pas « avoir peur » de la réconciliation et d'aller à la « vérité » soulignant que c'est une « nécessité ». « On ne peut pas pardonner dans le mensonge » a insisté Charles Konan Banny pour qui « l'enracinement de la paix est primordiale ».

Par ailleurs, il a invité les Ivoiriens à s'inscrire dans la philosophie de deux grandes figures africaines « célébrées » en cette année finissante que sont Félix Houphouët-Boigny et Nelson Mandela. « Qui peut parler de réconciliation sans se souvenir de Mandela ? Qui peut parler de dialogue sans se souvenir de Félix Houphouët-Boigny ? » s'est-il demandé.

Interrogé sur son avenir à la tête de la Cdvr, M. Banny a répondu que « la Commission n'est pas un job mais une mission ».

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