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Société Publié le lundi 3 février 2014 | Le Patriote

La grande interview / Logements sociaux, réhabilitation des bâtiments administratifs, assainissements : Mamadou Sanogo dit tout

© Le Patriote Par PRISCA
Logements sociaux: le ministre Mamadou Sanogo fixe la date de lancement des pré-souscriptions au 28 mars 2013
Lundi 11 mars 2013. Abidjan. Cabinet du Ministre de la Construction, du Logement, de l`Assainissement et de l`Urbanisme, 26e étage, Tour D. Le ministre Mamadou Sanogo fixe la date de lancement des pré-souscriptions au 28 mars 2013, au siège de la SICOGI sis à Adjamé, Immeuble le Mirador
Les 71 chantiers repartis sur le territoire national, dans le cadre du programme présidentiel des logements sociaux et économiques, ont effectivement démarré. Et tous les mécanismes d’accès aux crédits bancaires sont opérationnels. A quatre jours du lancement de la deuxième phase de l’opération de pré-souscription aux logements sociaux, le ministre de la Construction, du Logement, de l’Assainissement et de l’Urbanisme ( MLCAU) Sanogo Mamadou fait le point de l’état d’avancement de ce programme du Président Alassane Ouattara. Entretien.
Le Patriote : Vous venez de sillonner quelques régions et chefs-lieux de départements pour constater de visu la réalisation des chantiers et les maisons témoins. Où en êtes-vous aujourd’hui avec la réalisation de ce programme de logements sociaux et économiques du chef de l’Etat ?
Mamadou Sanogo : Au moment où nous réalisons cette interview, je peux vous affirmer que nous n’avons parcouru que la moitié des chefs- lieux de régions de Côte d’Ivoire. C’est déjà une grande performance. Concernant le bilan du programme des logements sociaux, je puis vous dire qu’il est très bon. Nous n’avons eu la charge de ce département que lors du dernier remaniement ministériel, il y a de cela un an. Et lorsque le chef de l’Etat nous a confié ce dossier, le ministère ne disposait pas de foncier aussi bien à Abidjan qu’à l’intérieur du pays. Nous avons senti une démotivation du secteur bancaire, qui était dans une position attentiste. Nous avons senti aussi une sorte de léthargie au niveau des acteurs majeurs, qui sont les promoteurs immobiliers et tous les autres auxiliaires, c’est-à-dire, les urbanistes, les géomètres, experts, les ingénieurs en BTP et les architectes par rapport à la question des promotions immobilières. Il fallait remobiliser tous ces acteurs-là. Quant aux acquéreurs eux-mêmes, nous savons que la Côte d’Ivoire connait un déficit structurel de 400 milles logements et que chaque fois que nous ne faisons rien, s’ajoutent à ce déficit un besoin tous les ans, de près 50 milles logements. C’est ainsi que nous avons remobilisé tous les acteurs du secteur BTP. Notre fierté aujourd’hui, c’est qu’exactement neuf mois après le lancement de l’opération, non seulement nous avons eu plus de 60 milles demandeurs de logements, mais il y a eu aussi une remobilisation des banquiers. Ces derniers ont enfin réalisé qu’ils ont de la clientèle capable de payer ces logements. Et une fois la clientèle connue, les promoteurs qui étaient dans l’attentisme, se sont remobilisés et se sont engagés à produire ces logements. Nous avons procédé à un appel à manifestation d’intérêt pour recruter les promoteurs. Au total, 120 promoteurs ont réagi. Mais seulement 39 d’entre eux ont été retenus. Ils ont été déployés, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à Abidjan. Aujourd’hui, on peut dire avec fierté que ce programme de logements s’est généralisé sur toute l’étendue du territoire national. Le mois de décembre avait été fixé comme la date à laquelle les logements devraient commencer à être produits. Effectivement, tous les Ivoiriens constatent avec moi que du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les chantiers poussent partout. Pour la seule ville d’Abidjan, nous avons concomitamment plus de 39 chantiers.

LP : Lesquels ?
MS : A Bingerville, nous avons 4 promoteurs, 08 à Modeste (route de Bassam) et 25 à Songon. Du côté d’Anyama il y a en 2. Il y a également des chantiers à Abobo et sur la route d’Alépé. Les logements sortent de partout.

LP : Etes -vous satisfait de la prestation de ces promoteurs ?
MS: Bien sûr que oui ! Ce sont des promoteurs professionnels. Notre fierté, c’est qu’ils sont pour la plupart des entreprises de droit ivoirien, très souvent dirigées par des Ivoiriens. Il faut créer une nouvelle classe de promoteurs ivoiriens à côté des grands groupes internationaux.

LP : Combien de chantiers avez-vous visité sur les 71 repartis sur le territoire national ?
MS: J’ai visité juste 17 chantiers sur les 71 repartis sur l’ensemble du pays. C’est vous dire que beaucoup reste encore à faire. Pour le District Autonome d’Abidjan, nous allons faire des visites collectives. Cela va se faire en compagnie du premier Ministre, Daniel Kablan Duncan, à partir du 20 février. Nous ne pouvons pas prétendre avoir le temps d’aller sur chacun des 71 chantiers. Mais nous ferons l’effort de visiter tous les 15 autres chantiers de l’intérieur du pays.

LP : La réalisation des maisons témoins avait accusé d’énormes retards à Abidjan. Qu’est ce qui explique cela ?
MS: Dans le District d’Abidjan, il y a eu un léger retard dans la mesure où les questions foncières ont tardé à être résolues. Donc nous étions obligés de mettre l’accent sur l’intérieur du pays. Cela a été d’ailleurs pour nous, une très bonne chose. Parce que des promoteurs n’avaient pas cru au départ à la possibilité d’avoir des clients hors d’Abidjan. Mais à partir du moment où ils se sont engagés, ils ont tous confessé qu’ils ne regrettent pas d’y être allés. Il est bon de préciser que partout, les travaux ont démarré aussi bien à Bingerville qu’à Bassam et à Songon- Kassemblé. Nous envisageons de visiter ces chantiers dans le mois de février. Cette visite se fera avec d’autres membres du Gouvernement. Les Ivoiriens auront l’occasion de constater que partout, les chantiers ont démarré. Ceux qui ont souscrit peuvent toujours approcher leur promoteur et exiger qu’ils les accompagnent sur les chantiers. Je puis rassurer les acquéreurs qu’au niveau d’Abidjan, il n’y a pas de problème. Tout est rentré en ordre. Le ministère de la Construction a pris des engagements avec des propriétaires terriens, même s’il y a eu quelques soubresauts au départ, tout est rentré dans l’ordre.

LP : Il semble que les banquiers sont toujours réticents pour les prêts immobiliers. Qu’en est-il ?
MS: Il faut que nos concitoyens comprennent que le banquier veut s’assurer que les fonds décaissés correspondent bien à des prêts qui vont avoir un retour rapide sur investissement pour eux. Au départ, des banquiers doutaient, mais depuis quelques temps, ce n’est plus le cas, cela à partir du moment où ils ont vu les chantiers sortir sans que les promoteurs n’aient recours à eux. Aujourd’hui, des banques courent aujourd’hui après les promoteurs pour les financer. Il en sera de même pour les acquéreurs. Il suffit qu’ils s’assurent que leur dossier de crédit est inattaquable. Il ne faudrait pas que la quotité cessible qui les concerne soit un montant réglementaire. Nous sommes en train de proposer que le taux de quotité cessible soit relevé, c’est-à-dire au-delà de 30% du salaire. En outre, il ne faudrait pas que l’acquéreur figure dans les fichiers de mauvais payeurs de ces banques. Donc les banquiers vont analyser le dossier de chaque acquéreur selon leur règle interne. Mais aujourd’hui, j’ai l’espoir, parce que je constate que le crédit promoteur commence à être mis en place. C’est-à-dire, le type de prêt qu’on donne au promoteur lui-même. C’est le signe qu’il y aura rapidement de l’argent pour les acquéreurs. Et je vous annonce qu’une communication en Conseil des ministres a abouti à l’adhésion du gouvernement à mettre à la disposition du ministère de la Construction la somme de 15 milliards de FCFA pour renflouer le Compte de Mobilisation pour l’Habitat (CDMH) en plus des 19 milliards de FCFA qui s’y trouvent déjà. Soit un total de 34 milliards. Le gouvernement respectera cet engagement. Une fois cela fait, nous pensons qu’il y aura suffisamment d’argent pour que les banques elles-mêmes puissent procéder à leur propre refinancement . Toutes les conditions sont réunies pour que l’opération soit une réussite. En tout cas, mon département a joué sa part du début jusqu’à ce jour. Nous pensons que rien ne s’oppose aujourd’hui à l’aboutissement de ce projet si tous les autres acteurs jouent franchement leur partition.

LP : Des Ivoiriens estiment que les 5 millions FCFA pour l’acquisition de logements sociaux ne sont que des promesses de campagnes. Quels commentaires ?
MS : Il y a des logements de 5 millions FCFA chez tous les promoteurs. Je reconnais que le nombre de logements à ce prix est limité chez chaque promoteur. Conséquence, très rapidement, les gens vont se ruer sur ces logements de 5 millions pour les acheter. Il y a beaucoup de logements qui coûtent entre 5 et 10 millions. Mais ce que ces Ivoiriens doivent admettre, c’est qu’on ne peut pas imaginer systématiquement que dans une promotion immobilière, tous les logements coûtent 5 millions. Mais il y a tous les prix. Chacun y va de son goût et de ses moyens, en fonction des superficies. Il appartient à chacun de s’inscrire dans le budget qui est à sa portée. Ce qu’on doit reconnaître, c’est que des logements qui coûtent aujourd’hui au moins 10 millions FCFA sont ceux que les promoteurs vendaient à 22 millions voire 30 millions FCFA ici à Abidjan. Les logements qui coûtent 5, 7 à 8 millions FCFA sont ceux qui étaient vendus au minimum à 16 voire 17 millions FCFA. Il faut que tout le monde reconnaisse qu’il y a une politique volontariste de la part du Président de la République pour faire en sorte que le coût des logements baisse. Il y a tout un ensemble de mécanismes et de facilités qui ont été proposés aux promoteurs pour qu’ils acceptent ces prix. Il s’agit du foncier, de la fiscalité et les VRD primaires.

LP : A quand la livraison des premières maisons ?
MS : Pour toute promotion immobilière, les livraisons se font par tranche. Un promoteur peut décider de faire ses livraisons par tranche de 50 (maisons). Un autre peut aller sur la base de 300 ou 400 logements. Donc, ce sont les promoteurs eux-mêmes qui décideront des tranches pour les livraisons. Si vous voulez bénéficier de vos logements dans la première tranche, il faut que vos dossiers financiers soient totalement montés. Si c’est par prêt bancaire, que votre banque ait accepté rapidement de mettre en place ce prêt. Si c’est par paiement à tempérament, il faudrait que l’acquéreur accélère ses paiements pour qu’il puisse faire partie du premier contingent à avoir sa maison. Nous n’imposons pas de délai. Mais étant donné que les chantiers d’Abidjan sont en train d’être lancés pour ce mois de février, six mois après les promoteurs les plus rapides, et avec les dossiers des acquéreurs qui ont été les plus rapides à payer vont avoir leur clé. En clair, les premiers logements pourraient être livrés en Aout 2014. Et vous verrez maintenant que tous les six mois après, il y aura les remises de clés.

LP : Est-ce à dire qu’un acquéreur peut habiter la maison alors qu’il n’a pas encore fini de payer?
MS: Oui. Le mécanisme du prêt bancaire est simple. La banque considère que vous êtes « bancables »(vous avez une capacité d’endettement) . A partir de cet instant, on considère que vous avez un bon dossier selon les règles des banquiers. Alors, la banque paie l’intégralité du coût du logement au promoteur. C’est le promoteur qui reçoit l’argent. Et la même banque va prélever sur votre salaire les traites pour amortir le coût du loyer. Le prélèvement peut durer dix ans ou quinze ans selon le contrat. Vous habitez systématiquement la maison sans avoir fini de la payer. C’est ce mécanisme qui est dans le système des prêts bancaires. La banque elle-même se couvre à travers l’hypothèque, c’est le crédit hypothécaire. En cas d’impayé, elle peut saisir la maison pour la vendre et se faire rembourser par la suite. Cela va se généraliser grâce aux différentes réformes entreprises par mon département. Notamment celles relatives au CDMH qui est un compte qui se trouve à la Banque Nationale d’Investissement (BNI), tout comme sur le Fonds de Soutien à l’Habitat ( FSH) pour faire en sorte que les taux de crédits bancaires soient autour de 5,5 %. Nous regrettons aujourd’hui que les représentants du ministère de l’Economie et des Finances, qui président les comités de gestion des fonds que sont le CDMH et le FSH, retardent la mise en ?uvre des taux de crédit de 5,5%. Il leur suffit d’adresser des notes d’information aux banques pour que cela s’applique partout.

LP : Ces présidents des comités de gestion du CDMH et du FSH vous ont-ils donné des explications?
MS : Non. Mais nous constatons qu’il y a des lourdeurs qui sont au détriment de nos concitoyens, qui attendent des prêts à taux bas. Le ministère a fait sa part, il est temps qu’on applique maintenant les taux. Qu’on diffuse simplement les taux du CDMH en direction de toutes les banques pour qu’ils soient appliqués.

LP : vous avez en charge de piloter le Programme présidentiel de logements sociaux et économiques du chef de l’Etat. Et la SICOGI a lancé un Programme présidentiel de logements. Quelle différence ?
MS : Il n’y a pas deux programmes gouvernementaux en matière de production de logements sociaux, économiques et de standing. Le seul programme présidentiel est celui que nous pilotons sous la haute direction de Monsieur le Premier Ministre. Cela dit, je n’avais pas envie de parler de la direction de la SICOGI.

LP : En tant que premier responsable de la Construction en Côte d’Ivoire, avez-vous saisi le chef du Gouvernement pour en discuter ?
MS : La SICOGI n’est qu’une société parmi tant d’autres sous notre tutelle. Nous n’avons pas besoin de déranger Monsieur le Premier Ministre pour cela. Le plus important, c’est que nous avons 39 sociétés de promotion immobilières qui ont commencé à construire des logements pour le bonheur des Ivoiriens.

LP : Vous vous apprêtez à lancer la 2ème phase de l’opération de pré-souscription de logements sociaux. A quand le début de cette opération ?
MS : La deuxième phase de pré-souscription aux logements sociaux sera lancée le jeudi 6 février prochain au siège du CEFFAL, aux II Plateaux. Ce centre a été créé par un arrêté ministériel du premier Ministre, à l’effet de servir d’interface entre les milliers d’acquéreurs et les promoteurs. Il est un guichet unique où le souscripteur peut régler toutes ses formalités d’accès au logement.

LP : Combien de temps va durer la pré-souscription ?
MS : Cette pré-souscription finit le 5 avril 2014. Soit deux mois pour cette deuxième phase. Nous serons beaucoup plus rigoureux, parce que lors de la première pré-souscription, beaucoup sont venus s’enrôler tout en sachant qu’ils n’étaient pas en mesure de remplir une seule des conditions. Cette fois-ci, nous voulons nous assurer que celui qui ne peut remplir les conditions les plus simples ne s’inscrive pas. Les fiches de pré-souscription sont assez claires et les agents ont été instruits à cet effet.

LP : Quelles innovations pour cette deuxième phase ?
MS : L’innovation, cette fois-ci, c’est que l’opération est ouverte à tous ceux qui vivent sur le sol ivoirien, même à l’étranger

LP : Pas de différence de nationalité?
MS: Il y a une différence de nationalité, selon le type de logement. Tous ceux qui ont des revenus supérieurs à 400 000 FCFA par mois, Ivoiriens ou pas, peuvent solliciter tout type de logement. Logement de standing et les terrains aménagés. Ceux qui ont les revenus inférieurs à 400.000FCFA doivent être absolument des Ivoiriens. Eux, sont les seuls qui peuvent accéder aux logements sociaux et économiques.

LP : Pensez-vous qu’avec ces deux opérations de pré-souscription, la Côte d’Ivoire pourra combler son déficit en matière de logements ?
MS : Non ! Le déficit structurel est de 400.000 logements. Avec la première opération de pré-souscription, il y a eu plus de 60.000 demandeurs. Et avec cette deuxième opération, nous nous attendons à plus de personnes. Mais à des pré-souscripteurs de qualité. C’est un élément qui nous tient à cœur. Nous pensons que la production de logements qui va en découler permettra de résorber progressivement le déficit. Nous estimons qu’il y a des statistiques qu’il va falloir prendre en compte. IL s’agit des logements réalisés par des milliers d’Ivoiriens dans le cadre de l’auto-construction. A la lisière de toutes les villes vous avez des nouvelles toitures. Donc les logements sont en train d’être réalisés grâce aux différentes actions politiques édictées par le Président Alassane Ouattara. Il a simplifié les procédures d’accès au foncier. Il a clarifié tous les autres mécanismes. Donc, le déficit structurel va être résorbé à travers les logements collectifs, le programme présidentiel des logements sociaux et économiques et également à travers l’auto-construction.

LP : Comment rassurer les Ivoiriens qui sont encore dans le doute sur le programme des logements sociaux ?
MS : Il n’y a pas de raison de douter, parce que nous voyons les logements sortir de terre. Les promoteurs sont tenus d’avoir des comptes séquestres sur lesquels les dépôts des Ivoiriens sont effectués. Conséquence, pour accéder aux sommes versées par l’acquéreur, le promoteur est tenu de construire ou de rembourser l’acquéreur. Ce qui rassure, c’est que sur l’ensemble des comptes séquestres, les Ivoiriens ont versé plus de 11milliards 100millions de francs à la date du vendredi 31 janvier dernier et chaque semaine, les comptes séquestres enregistrent d’énormes entrées. C’est la preuve que nos compatriotes croient au projet et ont adhéré. Il n’y a plus de raison de douter.

LP : Quels sont les bilans de ces quatre départements que vous avez en charge
MS : Concernant le volet construction, nous pouvons dire qu’il y a eu beaucoup de travaux de réhabilitation initiés et suivis par notre département, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à Abidjan. A l’intérieur du pays, ces réhabilitations se sont beaucoup plus opérées à la faveur des tournées de Son Excellence le Président de la République. Parce qu’il faut dire dans chaque chef-lieu de région, il y a eu la réhabilitation des bâtiments administratifs qui étaient délabrés du fait de la crise. Au niveau d’Abidjan, le cas le plus connu est celui du CCIA. Tout le monde a vu l’état du CCIA au moment de la crise et aujourd’hui, on sait ce qu’il est devenu. Quant au volet Urbanisme, c’est le moins connu du grand public. Or en réalité, il est essentiel. Notre pays se veut émergent à l’horizon 2020. Pour cela, il faut des villes où les documents de planification sont bien conçus. Nous avons donc initié des études d’urbanisme pour mettre à jour l’ensemble des schémas directeurs et des plans d’urbanisme directeurs des chefs- lieux de région. Une ville ne se construit pas n’importe comment, et n’évolue pas n’importe comment. Il faut que nos villes soient des villes intelligentes où les réseaux de transports sont bien pensés longtemps à l’avance. Où les sites dédiés aux commerces, aux activités sportives, récréatives, etc. sont bien pensés. Où l’on sait d’avance où est ce qu’il faut réaliser les quartiers, les habitats, les bâtiments dédiés aux administrations publiques et aux industries. Donc, cela est pensé et réalisé par des cabinets d’urbanisme qui ont une expertise en la matière. C’est cela les études d’urbanisme. Et ces études d’urbanisme ont été initiées par notre ministère dans le cadre d’un vaste projet financé par l’Etat à partir du fonds d’études à hauteur de 5 milliards 200 millions FCFA et est entré dans sa phase opérationnelle.
Sur le volet Assainissement, beaucoup de choses ont été réalisées. Aujourd’hui, tout le monde connait le carrefour de l’Indénié. Il n’est que l’exutoire de l’ensemble des eaux qui viennent d’un périmètre qui est long de 12 km, qui va jusqu’au niveau des ‘’4 Etages’’ à Abobo et qui est large de près de 3 km, en partant des 2 Plateaux jusqu’à la Casse d’Abobo. Toute la masse d’eau qui est drainée sur ce grand périmètre finit dans la lagune par le biais du carrefour de l’Indénié. Les infrastructures qui avaient été réalisées dans les années 70-80, ne sont plus adaptées. Notre ministère a pris beaucoup d’initiatives pour entamer ces travaux. En passant aujourd’hui dans les environs du carrefour de l’indénié, vous verrez que le site est entouré de tôles, parce qu’à l’heure où je vous parle, nous sommes à la tâche. Tous les bassins d’orages, les barrages ecréteurs et autres infrastructures de drainage qui se trouvent en amont du carrefour au niveau du Plateau Dokui, de la Casse, au niveau du Zoo, etc. à contrebas du lycée technique et en face de Fraternité Matin, et même à côté d’Agban, font l’objet d’entretien. A l’heure où je vous parle, les travaux très lourds financés par la BAD sont en cours d’exécution. Vous voyez qu’au total, pour l’année 2013, il y a eu beaucoup d’actions en matière d’assainissement. Nous pouvons dire que l’année 2013 a été l’année des grandes réformes. Il y en a eu au niveau des procédures d’accès aux fonciers. Nous avons simplifié les procédures en limitant le coût de la purge à 2000 FCFA. Nous avons travaillé sur des textes qui permettent maintenant de légiférer sur la copropriété, la vie dans nos cités. Nous avons proposé des réformes au niveau des procédures d’accès aux actes. C’est-à-dire qu’il fallait un temps très long pour avoir un titre de propriété au niveau du foncier urbain. Il fallait au moins deux ans, si on part de la lettre d’attribution en passant par l’arrêté de concession Provisoire jusqu'au Certificat de propriété foncière (CPF). Aujourd’hui, nous avons réduit tout cela. D’un seul trait, on demande l’ACD (Arrêté de Concession Définitive) qui est l’acte unique d’accès au foncier. A côté de cela, la procédure d’accès aux permis a été aussi simplifiée pour partir de 80 jours, aujourd’hui, nous étions à 50 jours. Nous sommes en train de tout mettre en ?uvre avec nos collaborateurs pour que nous revenions à moins de 25 jours si le demandeur a un dossier au complet. Donc l’année 2013, pour nous, a été une année riche en matière de réformes et d’initiatives.

LP : comment obtenir l’ACD ?
MS : L’Arrêté de Concession Définitive fait partie des réformes majeures de l’année 2013. Il n’y a pas un délai précis pour son obtention. Pour l’obtention d’un ACP, en moyenne, selon que votre demande est faite à partir d’une lettre villageoise, le délai peut être de 3 mois à 01 mois.

LP : Quelles perspectives envisagez-vous pour votre département ministériel ?
MS : Les perspectives s’annoncent très bien. Nous pouvons dire que cette politique de logements sociaux va se poursuivre. Nous allons déconcentrer les travaux d’assainissements au niveau de l’intérieur du pays. Notre stratégie, c’est de faire en sorte que l’ONAD (Office National de l’Assainissement et du Drainage) ait une antenne partout pour que nous puissions maitriser les problèmes d’eau usée et de drainage à l’intérieur du pays. Au niveau des études d’urbanisme qui ont démarré, nous souhaitons qu’ au niveau du ministère de l’Economie et des Finances, les cabinets d’urbanisme disposent rapidement de leurs avances de démarrage pour que ces études prennent rapidement fin. Enfin, notre prochain challenge, c’est la vulgarisation du Décret relatif à la copropriété. Vous conviendrez avec nous que les façades des bâtiments sont tristes à Abidjan. On a le sentiment qu’on est dans un vieux pays, alors qu’il n’en est rien. Quand vous voyez les 220 logements, les immeubles aux alentours de l’hyper-marché Sococé sur Latrille ne sont pas du tout agréables à voir. Alors qu’il suffit simplement de procéder à leur ravalement. Nous venons de proposer un Décret relatif à la co-proprieté que le Président de la République a bien voulu prendre. Nous allons essayer de vulgariser ce Décret durant l’année 2014. Ce, pour pouvoir procéder à l’embellissement de l’ensemble de nos quartiers et de nos cadres de vie. C’est un chantier qui nous tient sérieusement à c?ur. Nous pensons que nous allons donner le meilleur de nous-même pour le bonheur de nos concitoyens. En tout cas, c’est le sens de notre présence au gouvernement, juste venir servir les autres. Bonne année 2014 à tous.

Réalisée par Anzoumana Cissé
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