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Politique Publié le jeudi 19 novembre 2020 | Le Nouveau Réveil

Examen du projet de loi de finances 2021 à l’Assemblée nationale : En l’absence de l’opposition, le RHDP bricole les lois

© Le Nouveau Réveil Par PR
Budget : deuxième jour de la session ordinaire portant adoption de la loi de Finances pour l’année 2021
Abidjan le 18 novembre 2020. La session ordinaire portant adoption de la loi de Finances pour l’année 2021 s’est poursuivie ce mercredi à l’Assemblée Nationale avec le Ministre Moussa Sanogo en charge du Budget de l’Etat face à ses collègues de l’économie et des finances, du plan et du développement et de la fonction publique.
Le projet de budget pour l’année 2021, par ailleurs deuxième loi de finances en mode budget-programmes, est en examen depuis le mardi dernier en Commission par les membres des affaires économiques et financières de l’Assemblée nationale. Il s’agit, pour les ministères et institutions, de passer tour à tour devant ladite Commission pour présenter leurs programmes, les indicateurs de performance permettant d’évaluer et les allocations financières qui s’y rattachent. Selon le ministre du Budget et du portefeuille de l’Etat, Moussa Sanogo, le présent projet de budget qui s’équilibre en ressource et en charge à 8398,9 milliards Fcfa, est structuré en 35 dotations et 149 programmes budgétaires, logés au sein des ministères et institutions. En effet, les ministres et les secrétaires d’Etat ou leurs représentants, tous issus du Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP) passent défendre leurs programmes budgétaires devant une Commission monocolore de la même famille politique, en l’absence de l’opposition. Tout passe comme une lettre à la poste sans de véritables débats. Un sujet important comme la loi de finances doit être débattu à fond par toutes les sensibilités en vue de prendre en compte tous les aspects des différents dossiers. Le plus important n’est pas simplement de faire voter les lois mais de doter le pays de textes crédibles, fiables et impersonnels qui prennent en compte tous les aspects de la question. Il ne s’agit pas non plus de valider des programmes budgétaires inappropriés et des indicateurs de performance irréalistes mais faire des amendements qu’il faut avant d’adopter. Tout ceci n’est pas évident dès lors qu’il n’y a pas de discussions véritables, car il s’agit de ne pas faire obstacle aux dotations et programmes budgétaires proposés par les ministères et institutions qui sont tous dirigés actuellement par des militants du RHDP depuis l’avènement de “dépossession de tabourets“. C’est donc tout logiquement que les députés RHDP, membres de la commission des affaires économiques et financières, approuvent les propositions des ministres RHDP. Ces débats auraient pu se tenir, dans d’autres circonstances, en présence de toutes les composantes de la Commission. Ce n’est pas le cas. Les députés issus des autres groupes parlementaires des partis de l’opposition manquent à l’appel du fait de la crise actuelle déclenchée par le 3ème mandat jugé inconstitutionnel du candidat du RHDP, Alassane Ouattara. Le règlement de la crise est donc un tout. Il faut créer le cadre pour mener des discussions franches sur des questions importantes. Il ne faut pas se précipiter et profiter de la non présence des autres pour valider certains dossiers qui pourraient répondre aux seules aspirations d’une frange de la population. Tel que les choses sont faites, il ne faut vraiment pas s’attendre à ce qu’un seul député présent puisse s’opposer ou même s’abstenir dans l’adoption d’un programme présenté par un ministère contrôlé par un militant RHDP. En tout état de cause, il serait important de trouver des solutions pour résoudre durablement la crise postélectorale que d’enjamber les problèmes et profiter pour faire passer des lois sans avoir débattu préalablement ces lois avec toutes les tendances. Le ministre du Budget a indiqué que pour le budget 2021, les actions prioritaires gouvernementales portent sur l’amélioration continue du bien-être des populations. C’est bien là une raison supplémentaire pour que les représentants des différentes localités et de toutes les tendances soient effectivement associés au processus d’élaboration de la loi de finances.

FRANÇOIS BECANTHY
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