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Necrologie Publié le jeudi 18 mars 2021 | L’Essor Ivoirien

Décès du Premier ministre ivoirien L’hommage d’Evariste Méambly à Hamed Bakayoko

Avec la disparition de SEM le Premier ministre Hamed Bakayoko, la Côte d’Ivoire perd un Homme politique dans la pleine expression de tout son talent d’homme d’Etat ; les jeunes Ivoiriens perdent une icône, symbole de grande fidélité et d’abnégation ; les démunis et les nécessiteux de tous genres perdent un bienfaiteur discret ; les milieux du sport, de la musique, de la culture en général, un mécène.

Quelle grande admiration j’ai, pour cet « enfant d’Abobo » qui a su très tôt forcer l’admiration de tous, par ses nombreuses qualités, son remarquable parcours et sa belle ascension sociale, d’où son affectueux surnom de Golden Boy, qui évoque sa réussite. Il aimait la vie, il aimait les autres et tout dans son vécu l’aura démontré. De son remarquable attachement et sa fidélité à son mentor, SEM le président Alassane Ouattara à ses discrètes largesses dont bénéficiaient tous ceux qui le sollicitaient ; en passant par sa passion pour la musique et la compagnie de ses amis dont j’ai eu l’honneur de faire partie.

D’une grande amitié doublée de sens aigu de la convivialité

C’était un véritable ami et aîné cher à mes yeux. En sa mémoire, je me permettrai de faire quelques confidences sur notre relation qui, grâce à sa grandeur d’âme, est demeurée exceptionnelle jusqu’à la fin. En effet, Hamed savait recevoir ses convives et n’était pas homme à s’affubler de lourds protocoles avec ses frères. Pourtant, il savait tout aussi bien se plier aux exigences que lui imposaient son statut d’homme d’Etat depuis quelques années maintenant. Personnellement, il me recevait à chaque fois que je sollicitais un rendez-vous et il avait l’habitude de dire que je venais encore prendre de son temps de travail pour l’embêter, le faire rire et le fatiguer avec toutes les railleries auxquelles on s’adonnait entre nous quand on se voyait. Et je lui rétorquais que si je ne l’embêtais pas lui, mon grand frère qui est ce que j’allais embêter ? Il faut dire qu’on se marrait bien quand on se retrouvait.

D’une grande générosité

S’il y a bien une chose sur laquelle tout le monde s’accorde en ce qui concerne le Premier ministre Hamed Bakayoko, c’est bien sa grande générosité et puisse DIEU le tout puissant s’en souvenir pour cela. J’entendais parler de ses largesses envers de nombreuses personnes de diverses couches sociales et lorsque je lui posais des questions, il me disait « Tu sais Méambly, il ne faut pas prêter attention à tout ce que disent les gens ». Il voulait ainsi m’assurer du contraire de ce que les gens disaient de sa générosité alors que personnellement, j’ai toujours bénéficié de son affection et de sa grandeur de cœur, à plusieurs reprises. Comme un père ou un frère le ferait, il m’avait par exemple agréablement surpris une fois, en me faisant parvenir une coquette somme d’argent alors que j’étais allé en vacances en Suisse, avec toute ma famille, sans l’en avoir informé au préalable, comme à l’accoutumée. Emerveillée par cet acte de grande générosité, mon épouse et mes enfants lui ont dédié durant toute leurs vacances de nombreuses prières ainsi qu’à toute sa famille. Par ailleurs, il ne manquait pas de nous inviter, ma famille et moi durant les fêtes de fin d’année à Assinie où nous passions d’agréables moments et où sur ses conseils, j’ai acquis un pied à terre pour conserver la proximité de nos familles. Sacré Hambak !

Un grand homme d’Etat

En politique, il faisait montre d’une grande franchise et n’était pas prétentieux. En 2018, alors que le scrutin des élections régionales n’avait pas été favorable pour moi, il m’avait reçu avec mon épouse en compagnie de sa femme à sa résidence. Et tout en me rassurant sur le fait que mon véritable poids politique dans le Guémon était su de tous, il m’avait longuement exposé la vision que le chef de l’Etat, SEM Alassane Ouattara avait pour notre pays pendant les cinquante prochaines années et n’avait pas tari d’éloges et de belles anecdotes qui démontraient les grandes connaissances et les capacités de son mentor. Ce jour-là, je pus constater la grandeur d’esprit de l’homme et la pertinence de son analyse politique. Je découvris alors que j’avais pour ami un grand homme politique ; que la Côte d’Ivoire possédait un grand homme d’Etat et que le Rhdp pouvait sereinement songer à son rayonnement avec un tel responsable. Par ailleurs, je demeure particulièrement admiratif des relations, empruntes de respect et de fraternité, qu’il entretenait avec chaque leader politique en Côte d’Ivoire. A ce propos, au retour d’un de mes voyages à La Haye, j’étais allé le voir avec les membres de mon ex-groupe parlementaire ‘’Agir pour le peuple’’, pour lui faire part d’une des réflexions que l’ex-président Gbagbo m’avait faite dans le cadre de nos échanges sur la proposition de loi d’amnistie que nous avions initiée à l’Assemblée nationale. En effet, de toutes les personnalités auprès de SEM le président Ouattara, l’ex-président Laurent Gbagbo m’avait conseillé d’aller voir spécifiquement Hamed Bakayoko et Henriette Diabaté pour la bonne marche de notre entreprise afin de libérer les prisonniers de la crise postélectorale dont sa femme Simone Ehivet Gbagbo. Hamed Bakayoko, alors ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la sécurité, nous avait assuré qu’il s’emploierait à cela surtout que c’est pour libérer l’épouse de l’ex-président Gbagbo. Après les échanges de ce jour, je me suis rendu compte qu’il possédait un sens inouï du patriotisme et un excellent relationnel avec tous les membres de l’opposition. C’est pourquoi, j’aimerais aujourd’hui lui dédier la libération de tous les prisonniers de la crise postélectorale de 2010.

Un homme de parole

Enfin, je reste à jamais convaincu qu’il était un homme de parole. Après sa nomination en tant que Premier ministre en juillet 2020, Hamed me fit convoquer d’urgence à Abidjan alors que j’étais en précampagne pour le président Ouattara dans le Guemon. A mon arrivée chez lui, j’y trouvai de nombreux Présidents de conseil d’administration et Directeurs généraux de la place, venus s’entretenir avec lui. Alors que je ne comprenais pas ma présence au sein de cette assemblée, je dû attendre la fin de l’intervention du Pca Nizako qui remerciait notre hôte, pour en savoir un peu plus. C’est alors que Monsieur le Premier ministre me sourit et me répondit qu’il souhaiterait que j’aille voir son Directeur de cabinet Monsieur Ahoutou afin de lui porter mon Curriculum vitae à l’effet de ma nomination en qualité de Président du conseil d’administration (Pca) d’une société de la place. Et que ma nomination, comme il a souhaité un jour au cours de nos échanges fraternels, sera la toute première de sa signature à la Primature. Je l’ai alors fixé droit dans les yeux et je les ai, chaleureusement remerciés le président de la République et lui, pour leur précieuse attention à mon égard. Cependant je lui ai signifié que je ne pouvais accepter ce poste qui ne pourrait pas me permettre d’insérer aisément la jeunesse du Guemon (Duekoué-Bangolo-Kouibly-Facobly) et que ce poste ne profiterait qu’à moi tout seul, donc je pouvais m’en passer. Il me dit alors qu’il appréciait à sa juste valeur mon sens du partage et mon amour pour la jeunesse du Guemon et que même si je risquais fort de décevoir le président, ce dernier saurait par contre apprécier le fait que je ne sois pas venu au Rhdp par purs intérêts. A une autre de ses convocations, en présence de personnalités européennes, il m’avait laissé entendre que le président de la République souhaitait savoir quels marchés, je souhaitais obtenir dans l’attente d’une future nomination. Je lui ai alors répondu que je n’avais besoin d’aucun marché et que je pouvais me débrouiller seul dans mes affaires mais qu’un poste m’importait pour la jeunesse du Guemon et ce, à cause de la bataille stratégique qui s’y jouerait bientôt avec le retour sur le terrain politique du Fpi et du Pdci. Au regard de tout ce qu’il aurait été pour moi, un ainé bienveillant, un ami franc et joyeux, un conseiller averti, je perds avec tous nos amis communs de l’école primaire Habitat extension (1974-1981) et du Collège moderne d’Adjamé (1981-1985) ainsi que ceux du Burkina Faso (1988-1990), un être profondément spécial aux multiples talents dont chacun a pu se faire une très belle opinion. A son épouse et à ses enfants ainsi qu’à la grande famille Bakayoko et au Rhdp, je présente toute mes sincères condoléances.
Adieu le Golden Boy, Adieu Hambak ; Adieu cher aîné. Ta grande stature à l’ombre de laquelle plus d’un s’abritait, ton élégance, tes fous rires et ta joie de vivre, ton sens du devoir vont nous manquer.
Nous te garderons dans nos cœurs ad vitam aeternam !

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