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Société Publié le jeudi 22 janvier 2026 | Le Jour Plus

Projet COSO: un moyen efficace de lutte contre le chômage dans le nord de la Côte d’Ivoire

Projet COSO: un moyen efficace de lutte contre le chômage dans le nord de la Côte d’Ivoire
© Le Jour Plus Par DR
Projet COSO: un moyen efficace de lutte contre le chômage dans le nord de la Côte d’Ivoire

Le Projet de Cohésion Sociale des Régions Nord du Golfe de Guinée (COSO) a montré son efficacité dans les zones où il est mis en œuvre. Lancé en 2022, le projet COSO a permis de générer 43 392 emplois, s’imposant ainsi aujourd’hui comme une réponse tangible aux besoins pressants des populations vivant dans les zones reculées et frontalières de la Côte d’Ivoire. Placé sous la coordination de Dr Gniré Mariam Ouattara, ce projet financé par l’Etat de Côte d’Ivoire avec le soutien de la Banque mondiale, est exécuté par le Conseil du coton, de l’anacarde et du karité sous la maîtrise d’ouvrage du Cabinet du Premier ministre et dans la prise en compte systématique du genre.


Les emplois créés et leur impact sur les populations


Le projet COSO s’avère une solution idoine pour sortir les populations des régions du nord de la Côte d’Ivoire de la pauvreté. Depuis sa mise en œuvre jusqu’au 31 décembre 2025, 43 392 emplois ont été créés en faveur des hommes (54%), des femmes (46%) et des jeunes (57%). Ces emplois sont repartis dans plusieurs secteurs d’activité. Il s’agit notamment du maraîchage, des autres cultures comme les céréales, les tubercules etc., de la transformation, de l’élevage et la miellerie, des services de transport, de la vente sur les marchés fonctionnels et des travailleurs sur chantiers.

A l’analyse, ces milliers d’emplois créés dans ces différents domaines d’activité présentent des avantages économiques du point de vue du développement local et un impact réel sur la vie des populations bénéficiaires.

En effet, les revenus des emplois contribuent largement à sortir les bénéficiaires de la précarité, augmentant le pouvoir d’achat des ménages (réduction de la pauvreté) et renforcent l'estime de soi ainsi que l'intégration sociale (amélioration du bien-être). De plus, la main d’œuvre locale lors des travaux de chantiers est un moyen efficace de lutte contre le chômage. Car certains employés (maçons, menuisiers, ferronnier, etc.) ont pu faire valoir leur service hors de leurs localités d’origine par le biais des marchés des entreprises prestataires. Des jeunes de certaines communautés se sont organisées en fournisseurs de sable, de graviers, etc. Aussi, les opportunités d’emplois offertes par le projet permettent-elles la valorisation des compétences locales (ressources humaines qualifiées ou diplômées). Par ailleurs, les liens entre les services/productions des groupements d’intérêt commun et les marchés locaux ont permis d’impulser une dynamique commerciale intéressante et renforcer les échanges commerciaux, y compris avec les communautés des pays frontaliers. Même la petite transformation est non seulement un moyen de diversification des sources de revenus (pour renforcer les moyens d’existence primaire des ménages concernés) mais aussi une belle opportunité de valorisation des produits agricoles.


Les emplois des jeunes comme mécanisme de prévention


Dans le cadre du projet COSO, les emplois créés concernent 57% des jeunes. Graarce à ces emplois, beaucoup plus de perspectives s’ouvrent à eux au niveau local. Ce qui contribue à réduire énormément leur sentiment de désillusion (facteurs d’instrumentalisation des jeunes recrutés par des forces armées au-delà des frontières). Ainsi, les efforts de création d’emplois jouent un rôle important dans l’implication des jeunes au niveau du développement de leurs localités respectives. Ils se sentent volontairement poussés à exprimer leurs points de vue sur la priorisation des besoins, le suivi et la gestion des investissements, avec une portée positive sur le niveau de confiance dans leurs communautés. D’autre part, ces jeunes ont une plus grande confiance dans la capacité du gouvernement (Primature) à mobiliser des projets/programmes favorisant la création des emplois, conformément aux politiques de l’Etat en la matière.  

C’est pourquoi ces types d’interventions devront être renforcés par les actions directes de l’Etat et d’autres projets de développement en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes hommes et femmes dans une logique d’emplois durables pour accentuer les effets sur la prévention des facteurs de vulnérabilités. Outre les populations ivoiriennes, plusieurs autres emplois ont été créés pour les réfugiés dans le cadre des activités du projet COSO dans les localités d’afflux de migrants/demandeurs d’asile.


La prise en compte systématique du genre


Dans la mise en œuvre du projet COSO dans les régions nord du pays, des actions plus inclusives, équitables et transformatrices des dynamiques sociales ont été posées. Ceci, avec la prise en compte systématique du genre qui se fait avec une réelle participation des femmes et des hommes, séparément ou ensemble selon la nature des interventions et à toutes les étapes du projet. Les résultats sont épatants.

Les femmes sont représentées au moins à 30% dans les Comités de développement villageois (planification, prise de décision et suivi des sous-projets de développement, etc.). Concernant les 153 groupements d’intérêts commun appuyés par le projet dans 139 localités, plus de la moitié des femmes participent activement aux activités de développement économiques. Les femmes sont fortement associées aux consultations pour faire l’état des lieux des violences basées sur le genre, des exploitations et abus sexuels, harcèlements sexuels (VBG/EASHS) et aux sensibilisations sur ces aspects : 36 537 femmes et filles consultées dans 663 villages et 16529 hommes et garçons consultés dans 326 villages.

Plusieurs facteurs ont contribué à atteindre ces résultats.

D’abord le personnel chargé du projet composé de spécialistes et d’agents de développement communautaire, s’est familiarisé aux problèmes et approches sensibles au genre : séances d’information, sensibilisation et formation auprès des hommes et des femmes (ensemble / séparément). Ensuite la stratégie de formation participative des organes communautaires prévoit la responsabilisation des leaders hommes et femmes à des tâches de gestion communautaire. Il y a également la fourniture diversifiée des services qui est inclusive et touche à la fois les hommes et les femmes des localités bénéficiaires, la mise en œuvre effective de l’approche du développement conduit par les communautés, sensible au genre à toutes les étapes du processus. L’on note aussi que les hommes et les femmes prennent une part effective dans le suivi des sous-projets exécutés par les prestataires pour le compte du projet COSO. La stratégie de mise en œuvre du plan d’action de gestion des risques VBG/EASHS implique effectivement autant les hommes que les femmes, y compris les filles et les garçons. En plus, les femmes sont au cœur des activités économiques (groupements agricoles, vendeurs sur les marchés, petite transformation, etc.), la preuve, 70% des bénéficiaires sont des femmes. En moyenne, 30% à 50% des jeunes filles sont impliqués dans les activités des jeunes.


Par ailleurs, la transversalité des aspects genre offre des opportunités diverses d’interventions qui peuvent soit être exécutées par le projet (activités complémentaires) ou en synergie avec d’autres acteurs de développement. Il en est ainsi du renforcement de l’aménagement des points d’eau de proximité ou autres alternatives (cas des gros villages et des petits campements rattachés au village noyau) pour la maîtrise de la gestion de l’eau et du temps des femmes (lié à la charge de travail journalière), l’alphabétisation fonctionnelle pour l’augmentation du pouvoir de décision des femmes au sein du foyer et une meilleure gestion des revenus, l’introduction de nouvelles technologies pour la valorisation du travail de la femme. On peut également citer l’accès aux réseaux commerciaux urbains pour la maîtrise de la commercialisation, le renforcement des capacités et la sensibilisation sur les thématiques de leadership féminin, de droits des femmes, les mécanismes efficaces de règlement pacifique des conflits pour l’amélioration des connaissances et du leadership des femmes.

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