C'est avec étonnement que l'on constate, depuis près d'une semaine, que des gens, sur les réseaux sociaux et dans la presse proche du pouvoir RHDP, font de leurs choux gras deux supposées affaires qui ébranleraient le PDCI-RDA.
D'abord, la question des fonds qui diviseraient les parlementaires : le problème des 3 millions et la réponse donnée par Doho Simon.
Ensuite, la question des 3 députés-maires, élus sous la bannière PDCI-RDA, qui seraient contre la nomination de Me Blessy Jean-Chrysostome comme président du Groupe parlementaire et qui refuseraient d'intégrer le Groupe parlementaire du PDCI-RDA.
Au départ, c'est de façon biaisée qu'on parlait d'eux, puis quelques jours après, c'est avec la photo des trois députés-maires, Dr Emmou Sylvestre, ex- secrétaire exécutif en Chef du PDCI-RDA, (Port-Bouët) ; Jacques Ehouo, secrétaire exécutif (Plateau); Jean-Marc Yacé, vice-président et coordonnateur des délégués PDCI-RDA de Cocody que sont illustrés les articles et autres posts-vidéo sur Meta.
Du coup, ces trois mousquetaires qui ont crânement défendu les couleurs du PDCI-RDA dans le grand Abidjan et ont maintenu haut sa flamme dans le grand Abidjan, sont présentés comme des "rebelles", comme des gens qui ne veulent plus du bien du Parti et donc des parias.
Ces élus peuvent avoir dit des choses qui dérangent ou qui ne vont pas dans le sens souhaité, mais le milieu parlementaire étant par excellence celui des débats d'idées, qu'ont-ils bien pu dire à une réunion du Groupe parlementaire PDCI-RDA qui ait provoqué cette levée de boucliers de la part de ceux qui ne participent pas aux réunions des députés ?
Si la réunion s'est tenue entre les députés et qu'il y aurait eu désaccord ou "rébellion" de leur part, qui donc a activé les réseaux sociaux et les médias proches du pouvoir pour les "achever"? Que gagne-t-on à immoler ou à isoler aujourd'hui ces trois députés-maires qui maintiennent le drapeau PDCI-RDA dans le grand Abidjan ? Surtout qu'aucun des trois n'a, jusque-là, dit aucun mot qui permettrait de déduire qu'ils combattent le président du Parti, à travers un refus d'adhérer au Groupe parlementaire.
Après la présidentielle qui s'est déroulée dans les conditions d'exclusion du candidat du PDCI-RDA que tout le monde sait, après les élections législatives tenues dans des conditions très hostiles que tout le monde sait également, l'opposition entière est à la croisée des chemins. Et le PDCI-RDA particulièrement est à un tournant décisif de son histoire.
Le président a lancé une consultation de grande envergure pour non seulement diagnostiquer, de fond en comble, mais aussi et surtout panser les plaies, réorganiser la maison et projeter le parti vers un avenir meilleur. Le cadre est donc tout trouvé pour poser et régler les problèmes internes (dans un parti, les problèmes internes ne manquent pas). Dans ce cas, et pour l'amour du parti que chaque animateur des réseaux sociaux brandit, il faut demander à tous de mettre balle à terre.
Il est impératif que le président Cheick Tidjane Thiam, avec le Chef du Secrétariat Exécutif, Yapo Calice et le ministre d'État Emile Constant Bombet, coordonnateur des Activités des vice-présidents, puissent très vite intervenir pour trouver une suite militante à cette affaire.
Il faut surtout éviter ces débats sur les réseaux sociaux, parce que cela fragilise le parti de l’intérieur, pendant que de l’extérieur, des gens du pouvoir font feu de tout bois pour faire disparaître cette œuvre politique d'Houphouët-Boigny.
Pour ce qui est des 3 millions que chaque député de l’ancienne législature réclamerait à l’ex-président du Groupe Parlementaire PDCI-RDA, Doho Simon, il faut d’abord chercher à savoir de quel argent il s’agit et comment est censé être géré cet argent et surtout vérifier si oui ou non, tant de milliards ont été détournés, au nez et à la barbe de tout l’appareil du PDCI-RDA sans qu’un seul petit doit ne se soit levé pendant cinq ans. D’où la question, pourquoi maintenant ? En attendant que le président Doho Simon ne dise un seul mot, les mêmes adeptes des réseaux sociaux se jettent sur lui pour le livrer au bûcher. Sans mesurer que c’est bien au PDCI-RDA qu’ils s’attaquent insidieusement, en donnant une fois de plus du grain à moudre aux officines du pouvoir qui ne demandent que cela pour abattre le PDCI-RDA.
Certes, il peut y avoir des désaccords, des points d'achoppement sur certains sujets, mais chacun devra faire attention à ne pas jeter le bébé avec l'eau de bain, en voulant forcément tout régler sur la place publique de Meta.
O. CHÉRIF
