Lors d’un déjeuner de presse organisé ce mercredi 11 février à la Maison du parti, Soumaïla Brédoumy, porte-parole du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), a levé le voile sur le calendrier du retour au pays de Tidjane Thiam.
Pour le porte-parole, l'absence actuelle du président du parti n'a rien d'exceptionnel dans l'histoire politique ivoirienne. Il a tenu à rappeler que tous les leaders majeurs ayant dirigé la nation ont, à un moment de leur parcours, séjourné plus ou moins longuement à l'étranger : « Que ce soit les présidents Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara ou Laurent Gbagbo, tous ont connu l'expérience de l'extérieur. Le président du PDCI rentrera dès que les conditions que nous jugeons favorables seront remplies », a-t-il martelé.
Alors que le débat s'enflamme, le PDCI rejette fermement les termes d'exil ou de retrait. Soumaïla Brédoumy préfère parler de « choix stratégique », utilisant une métaphore chère au père de la nation :
« En boxe, discipline que Félix Houphouët-Boigny appréciait tant, l’esquive fait partie intégrante du combat. Même quand on domine, savoir éviter les coups est essentiel. Le président est parti pour esquiver un certain nombre de choses, tout en restant pleinement aux commandes d'un parti qui fonctionne. »
Pour justifier ce leadership à distance, le porte-parole a cité des figures illustres telles que le Général de Gaulle ou Yasser Arafat, démontrant qu'un dirigeant peut conserver toute sa légitimité et son influence hors de ses frontières. « Moi-même, j’ai passé 24 mois en France avant de revenir sans que personne ne le demande. Le Président rentrera, comme je le suis, au moment voulu », a-t-il ajouté pour clore les spéculations.
Loin de l'agitation, la priorité du PDCI reste la restructuration. L'objectif affiché est de bâtir un appareil politique solide, réorganisé et mobilisé pour les défis futurs. Selon Brédoumy, il est inutile de « prendre des risques » prématurés tant que le parti reste opérationnel et efficace.
Enfin, le PDCI a réitéré son appel à un dialogue politique inclusif, invitant à ne plus percevoir les séjours à l'étranger comme des failles, mais comme des ajustements stratégiques nécessaires à la survie politique. En attendant ce retour tant attendu, la formation assure être en ordre de marche pour les prochaines échéances.
Fn

