À l’occasion de sa participation au Sommet de l’Union Africaine, Sheikh Shakhboot bin Nahyan Al Nahyan, Ministre d’État des Émirats arabes unis au Ministère des Affaires étrangères, a réaffirmé la profondeur et l’ambition du partenariat entre son pays et le continent africain. Dans une déclaration à portée stratégique consultée par Abidjan.net ce mardi 17 février, le diplomate émirati a mis en lumière une coopération fondée sur l’histoire, consolidée par des investissements massifs et orientée vers une transformation durable des économies africaines. « Notre engagement envers l’Afrique s’appuie sur des décennies de commerce, de liens maritimes et d’échanges entre les peuples à travers les corridors de la mer Rouge et de l’océan Indien », a-t-il rappelé.
Cette connectivité historique se traduit par une présence diplomatique renforcée avec 19 ambassades émiraties établies en Afrique subsaharienne, et d’autres ouvertures sont en préparation. En parallèle, la représentation diplomatique africaine aux Émirats arabes unis s’intensifie, consolidant le rôle d’Abou Dhabi et de Dubaï comme carrefours du commerce, de la finance et du dialogue africains.
Selon lui, entre 2019 et 2023, les Émirats arabes unis ont investi plus de 110 milliards de dollars américains soit plus de 60 990 milliards de Francs CFA en Afrique dans les secteurs de l’énergie, des énergies vertes et renouvelables, un niveau record pour un seul pays sur cette période.
À en croire la déclaration, les Émirats arabes unis ont conclu neuf Accords de Partenariat Économique Global (APEC) avec des pays africains notamment le Nigéria, la République démocratique du Congo, la Sierra Leone, le Gabon, l’Angola, le Kenya, la République du Congo, Maurice et la République centrafricaine. Ces accords vont au-delà des simples réductions tarifaires. Ils couvrent également les services, le commerce numérique et la protection des investissements. Structurés pour compléter la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), ils visent à renforcer les chaînes de valeur et la compétitivité transfrontalière.
Sur le plan logistique, les groupes émiratis poursuivent l’expansion de leurs activités portuaires en Afrique. Ainsi, DP World modernise notamment le port de Dar es Salaam en Tanzanie pour un montant d’un milliard de dollars. De son côté, AD Ports Group a lancé la construction d’un nouveau terminal à Luanda, renforçant significativement la capacité de traitement des conteneurs en Angola. ''Ces investissements structurants s’inscrivent dans une vision d’intégration régionale à long terme, essentielle à la compétitivité du continent.'', indique le diplomate émirati.
Au-delà des investissements économiques, l’engagement humanitaire demeure un pilier central de la coopération. Au cours de la dernière décennie, près de 40 % de l’aide publique au développement des Émirats arabes unis soit environ 20,9 milliards de dollars a été allouée aux pays africains, couvrant l’aide au développement, l’aide humanitaire et l’aide caritative. Face aux défis croissants liés à l’eau et au climat, les Émirats arabes unis co-organiseront, avec le Sénégal, la Conférence des Nations Unies sur l’eau de 2026, prévue du 2 au 4 décembre 2026.
Sheikh Shakhboot bin Nahyan Al Nahyan a souligné que l’approche émiratie repose sur une coopération structurelle, conçue pour s’inscrire dans la durée. À travers diplomatie, investissements massifs, infrastructures stratégiques et solidarité humanitaire, les Émirats arabes unis entendent consolider une relation avec l’Afrique qui dépasse les logiques conjoncturelles, pour s’ancrer dans une vision partagée de prospérité et de résilience pour les décennies à venir.
Cyprien K.

