L’Assemblée nationale a enregistré la création d’un nouveau groupe parlementaire dénommé AGIR, constitué de huit députés indépendants, conformément aux dispositions du règlement intérieur qui fixe à huit le nombre minimum requis pour former un groupe, a appris Abidjan.net ce 19 février 2026.
Si la présidence du groupe a été confiée à l Houra Kouassi Marc, député de la circonscription 133 (Bouaflé et localités rattachées), plusieurs sources parlementaires indiquent que l’initiative et la structuration politique du groupe ont été conduites par le député de Gboguhé–Zaïbo, Stéphane Kipré.
Selon des informations concordantes, la mise en place d’AGIR est le résultat de plusieurs semaines d’échanges entre députés indépendants. Une première tentative aurait échoué à la suite d’un désistement intervenu avant l’officialisation, faisant temporairement passer l’effectif en dessous du seuil réglementaire.
Les discussions ont ensuite repris, permettant de stabiliser un noyau de huit parlementaires issus de différentes régions du pays. Cette séquence illustre les équilibres délicats nécessaires à la formation d’un groupe hors des grands blocs partisans structurés.
Bien qu’il ne soit pas président du groupe, Stéphane Kipré apparaît comme l’artisan principal de sa constitution. Le choix de ne pas en assumer la présidence est analysé dans les milieux parlementaires comme une décision stratégique visant à privilégier un fonctionnement collégial et à éviter une personnalisation excessive de la structuremais surtout à laisser la porte ouverte pour une réconciliation d’avec son parti : « Il est parti aux élections législatives sans l’accord de son parti et surtout de son mentor Laurent Gbagbo. Assumer la présidence du groupe dans ces conditions auraient tendus des relations déjà difficiles » commente-t-on dans les milieux politiques.
En confiant la présidence au doyen d’âge du groupe, les députés semblent avoir opté pour un équilibre interne susceptible de renforcer la cohésion et de donner au groupe une image d’indépendance institutionnelle.
Sur le plan institutionnel, la création du groupe AGIR modifie la configuration interne de l’Assemblée nationale. La reconnaissance d’un groupe parlementaire ouvre droit à des moyens spécifiques comme la représentation dans les commissions, temps de parole encadré, et capacité accrue d’initiative législative.
Dans un hémicycle marqué par une forte présence de la majorité présidentielle, l’émergence d’un groupe indépendant structuré constitue un fait politique notable. Elle traduit la volonté de certains députés de disposer d’un espace d’expression distinct des grands ensembles partisans.
Reste à observer comment AGIR s’inscrira dans les grands débats législatifs à venir et quelle ligne politique il adoptera sur les dossiers majeurs. Son fonctionnement interne et sa capacité à maintenir sa cohésion seront déterminants pour évaluer son poids réel dans l’équilibre parlementaire.
Sb

