Le président du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC) de Côte d'Ivoire, le Dr Eugène Aka Aouélé a indiqué que l’amélioration durable du niveau de la pratique mathématique en Côte d’Ivoire ne peut se faire sans un accompagnement structuré des enseignants, une vulgarisation scientifique accrue et une meilleure valorisation des modèles de réussite. Il s'exprimait à l'occasion de la rentrée solennelle de l’Académie des Sciences, des Arts, des Cultures d'Afrique et des Diasporas Africaines ( ASCAD) 2025-2026 de ce jeudi 19 février 2026 à Abidjan-Cocody.
Dans son intervention solennelle, le président du Cesec, parrain de cette cérémonie a placé la question des mathématiques au cœur des priorités nationales. Il a rappelé que l’enjeu dépasse le cadre strictement scolaire, il s'agit de renforcer l’excellence scientifique et, à terme, de consolider le capital humain du pays.
Pour lui, derrière cette formulation, plusieurs problématiques se dessinent notamment la formation continue, l’actualisation des contenus pédagogiques, l’appropriation des outils numériques et la diffusion d’une culture scientifique accessible.
La vulgarisation scientifique, autre pilier évoqué, vise à sortir les mathématiques de leur image élitiste ou abstraite. En sus, c'est de rendre la discipline plus intelligible, plus attractive et mieux connectée aux réalités économiques et technologiques contemporaines.
Enfin, la mise en lumière des modèles de réussite apparaît comme un outil de motivation. Valoriser des parcours exemplaires permet de créer des repères pour les jeunes générations et de nourrir une dynamique d’excellence.
Au-delà des intentions, le parrain a pris un engagement institutionnel. Il a assuré que l’institution « prendra toute sa part » dans les réformes nécessaires à l’amélioration du niveau en mathématiques.
Concrètement, le CESEC entend mobiliser son pouvoir consultatif à travers des avis adressés à l’exécutif et au Parlement. Cette posture confirme son rôle d’organe de conseil stratégique auprès des pouvoirs publics, notamment sur les politiques éducatives à fort impact socio-économique.
Bien avant, le président de l'Acad, pf Aké N'Gbo a rappelé brièvement les activités menées par l’Académie en 2025 et celles prévues en 2026. Il s’agit pour 2025 du colloque international sur « les mathématiques : une discipline fondamentale et une efficacité déraisonnable » ; les activités délocalisées à l’Université Jean Lorougnon Guédé de Daloa, pour le Domaine des Sciences Exactes, à Tiassalé pour le Domaine des Sciences Sociales et à l’Université Polytechnique de Man pour le Domaine des Sciences Naturelles.
Selon lui, les travaux du Colloque International sur les mathématiques ont montré que les mathématiques sont une discipline non seulement fondamentale mais surtout transversale et que le désintérêt pour les mathématiques a un impact négatif sur le développement. ''Les résultats des travaux et les recommandations de ce colloque pour redonner le goût à l’enseignement et à l’apprentissage des mathématiques sont formulés et consignés dans deux documents à savoir le Rapport Général et le Résumé exécutif du Colloque.'', a-t-il soutenu.
Pour l’année 2026, le président de l'Acad a cité entre autres les activités délocalisées des Domaines, les activités des Commissions comme le Prix Ascad et les Bourses Ascad.
Il a enfin rappélé que l’ASCAD va continuer à jouer son rôle pour un développement socio-économique de la Côte d’Ivoire basé sur la connaissance, à travers les missions qui lui sont dévolues notamment la promotion de la science et le conseil et l’offre d’expertise aux pouvoirs publics.
Cette rentrée solennelle a été marquée par une conférence inaugurale prononcée par le professeur Saliou Touré autour du thème : « les mathématiques : investir dans l’abstrait pour bâtir la prospérité ».
Pour professeur Saliou Touré, construire l'avenir d'une nation exige plus que des ressources matérielles. Il faut former des citoyens responsables capables d'une part, de comprendre la complexité du monde et capables d'autre part, de bâtir la prospérité de la société.
Toutefois, il a fait savoir que la prospérité ne se construit ni dans l'improvisation, ni dans le dans le court terme. ''Elle se bâtit sur des fondations solides, souvent invisibles, mais essentielles.'', confie-t-il.
Par leur capacité à structurer la connaissance, à éclairer la décision et à former les intelligences, les mathématiques constituent l'une de ces fondations majeures.
Investir dans l'abstrait, loin d'être un luxe intellectuel, est un choix stratégique en faveur d'une prospérité durable et autonome.
Cyprien K.

