Au cœur du Salon International de l’Agriculture (SIA) de Paris ce 25 février 2026, où la Côte d’Ivoire est cette année pays à l’honneur, le Ministère des Ressources Animales et Halieutiques (MIRAH) a marqué les esprits avec une masterclass stratégique consacrée à l’économie bleue. Porté par le MIRAH, sous l’impulsion de son premier responsable, le Ministre Sidi Tiémoko Touré, cet événement a mis en lumière une ambition claire à savoir faire de l’aquaculture un pilier de la souveraineté alimentaire ivoirienne et un moteur de croissance économique durable.
La présentation, assurée par M. Ouattara Lacinan, Coordonnateur Adjoint du Programme Stratégique de Transformation de l’Aquaculture en Côte d’ Ivoire (PSTACI) a posé un diagnostic sans détour sur la situation nationale. En Côte d’Ivoire, les produits de la pêche et de l’aquaculture constituent la principale source de protéines animales, avec une consommation moyenne de plus de 20 kg par habitant et par an. Mais la production nationale reste insuffisante face à une demande en forte progression. Avec des besoins estimés à 650 000 tonnes par an et une production locale d’environ 110 000 tonnes, le pays enregistre un déficit structurel supérieur à 80 %.
Le déséquilibre constaté se traduit par une forte dépendance aux importations de poissons congelés, a souligné le coordonnateur adjoint. Une dépendance coûteuse qui fragilise la sécurité alimentaire, dont le montant est estimé à 400 milliards de FCFA de dépense annuelle.
Au-delà de son poids économique, cette situation expose le pays à plusieurs vulnérabilités à savoir : une fragilisation de la sécurité alimentaire, une dépendance accrue aux marchés extérieurs et une pression supplémentaire sur les ressources halieutiques naturelles, déjà fortement sollicitées.
Face à ce constat, le gouvernement ivoirien, sous l’impulsion du Ministre Sidi Tiémoko Touré, entend faire de l’aquaculture non plus une simple alternative, mais une nécessité stratégique.
La masterclass a ainsi repositionnée l’aquaculture au centre de la vision ivoirienne de l’économie bleue, entendue comme une valorisation responsable, durable et inclusive des ressources maritimes, lagunaires dont les objectifs sont la préservation de la biodiversité, la réduction la pression sur la pêche de capture, la valorisation des ressources aquatiques, la création d’emplois verts et inclusifs et la stimulation de l’innovation dans les filières halieutiques. Cette approche, défendue par le MIRAH, s’inscrit dans une logique de transformation structurelle : produire davantage, produire mieux, et sécuriser l’approvisionnement national en protéines halieutiques.
Monsieur Ouattara Lacinan a dans sa présentation mis en lumière les atouts majeurs pour réussir ce pari. Ainsi, selon lui le potentiel hydrographique de la Côte d’Ivoire lui offre une base solide au développement d’une aquaculture moderne et diversifiée. Il dispose de 550 km de façade maritime, 150 000 hectares de lagunes, 350 000 hectares de lacs et de quatre grands fleuves. Ce maillage naturel permet d’envisager plusieurs modèles de production adaptés aux réalités locales : aquaculture en étangs, en cages flottantes, en bassins hors-sol, ou encore dans des barrages hydro-agricoles. Malgré ce potentiel, la production aquacole reste encore modeste. En 2024, elle était estimée à 9 915 tonnes, un volume qui illustre à la fois l’ampleur du chemin à parcourir et l’importance des opportunités à saisir. Toutefois, il est bon de noter que la démarche du ministère porte tout de même ses fruits car à ce jour, l’on compte sur le territoire national, 1 076 fermes piscicoles et 06 écloseries publiques avec des espèces comme le tilapia, le mâchoiron, la carpe rouge, le mulet, le capitaine, ainsi que des crustacés (crabe, crevette) et des mollusques (huître, moule). Cette diversité constitue un atout stratégique pour répondre à différents segments de marché, renforcer la résilience de la filière et attirer des investisseurs sur des niches à forte valeur ajoutée.
L’un des temps forts de la masterclass a été la mise en avant des niches d’investissement, non seulement dans la production, mais sur l’ensemble de la chaîne de valeur aquacole. Ce sont selon Monsieur Ouattara lacinan, la création d’écloseries privées pour sécuriser l’approvisionnement en alevins de qualité ; le développement de provenderies locales afin de réduire la dépendance aux aliments importés, les investissements dans les infrastructures de grossissement ; la modernisation des systèmes d’élevage. Mais également, la création d’unités de transformation (fumage, congélation, conserverie).
Il a rassuré les investisseurs de la volonté politique de l’Etat à les accompagner par son engagement avec la mise en place d’un cadre politique et réglementaire favorable, notamment à travers : la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA 2022–2026. Ces initiatives offrent à la fois un appui technique, un accompagnement institutionnel et, selon les dispositifs, un soutien au financement pour les producteurs et investisseurs.
La forte visibilité de la Côte d’Ivoire au SIA 2026, et en particulier cette masterclass dédiée à l’économie bleue, envoie un signal clair aux investisseurs sur les opportunités à saisir.
Comme l’a rappelé le Ministre Sidi Tiémoko Touré, « Face au déficit de production interne, le secteur de la pêche requiert désormais un engagement accru des initiatives privées. Il représente à la fois une niche stratégique et une opportunité d’investissement. »
Le message est désormais lancé : investir dans l’aquaculture en Côte d’Ivoire, c’est saisir une opportunité économique prometteuse, c’est aussi contribuer à un projet national de souveraineté alimentaire, de création d’emplois et de développement durable.
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