La Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) a organisé, ce mercredi 6 mai 2026, à la Maison de l’Entreprise au Plateau, un forum sur la lutte contre la criminalité financière, couplé au lancement du Programme d’Accompagnement pour l’Intégrité Financière des PME (PAIF-PME Propre).
Porté conjointement par la Commission Gouvernance, Éthique et RSE (GERSE) et la Commission Développement des PME et Financement (CDPMEF), cet événement a réuni autorités judiciaires, institutions de régulation, experts et acteurs économiques autour d’un objectif commun : renforcer la vigilance, la conformité et l’engagement du secteur privé ivoirien face aux risques financiers.
Blanchiment de capitaux, financement du terrorisme, corruption et fraude fiscale constituent autant de menaces qui pèsent sur la stabilité économique et la crédibilité des États.
À l’ouverture des travaux, le Directeur exécutif de la CGECI, Stéphane Aka-Anghui, a insisté sur l’urgence d’une mobilisation collective.
« La conformité n’est pas un coût pour l’entreprise, mais un investissement dans sa pérennité et sa crédibilité », a-t-il déclaré.
Dans la même dynamique, la Présidente du Pôle pénal économique et financier, Blanche Essoh Abanet, a dressé un état des lieux sans complaisance « La corruption et les flux financiers illicites fragilisent notre économie et exposent les entreprises à des risques judiciaires majeurs », a-t-elle indiqué.
Elle a appelé les entreprises à intégrer pleinement les exigences de conformité, notamment en matière de traçabilité des flux et de transparence.
Les échanges ont mis en lumière un constat clair : le secteur privé est désormais en première ligne dans la lutte contre la criminalité financière.
Entre obligations de vigilance, notamment la connaissance du client (KYC), la déclaration de soupçons, la mise en place de dispositifs internes de conformité et les exigences des partenaires internationaux, les entreprises doivent s’adapter à un environnement de plus en plus rigoureux.
Les panélistes, issus notamment de la CENTIF, du Pôle pénal économique et financier, de l’AGRAC et du secteur bancaire, ont insisté sur un point essentiel : une entreprise conforme est une entreprise plus crédible, plus résiliente et plus compétitive.
Au-delà des échanges techniques, ce forum s’inscrit dans une volonté plus large d’aligner le tissu économique ivoirien sur les standards internationaux, notamment ceux du GAFI et du GIABA.
Dans un contexte où l’accès au financement et aux marchés dépend de plus en plus de la transparence et de la qualité de la gouvernance, la conformité s’impose désormais comme un levier stratégique.
En marge du forum, la CGECI a procédé au lancement officiel de la première cohorte de 100 PME ivoiriennes dans le cadre du Programme d’Accompagnement pour l’Intégrité Financière (PAIF-PME Propre).
Présentant l’initiative, la Présidente de la Commission Développement des PME et Financement, Patricia Zoundi Yao, a souligné la nécessité d’un accompagnement structuré « Les PME ne doivent plus être fragilisées par l’ignorance des règles, mais renforcées par la maîtrise des standards de conformité », a-t-elle affirmé.
Ce programme, d’une durée de six mois, vise à former et accompagner 500 PME et 1 000 dirigeants autour de trois axes , diagnostic personnalisé, formation approfondie et déploiement d’outils opérationnels de conformité.
L’objectif est de permettre aux PME de structurer leur gouvernance, sécuriser leurs opérations et améliorer leur accès aux financements.
Intervenant lors de cette seconde séquence, le Président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, Épiphane Zoro Bi Ballo, a replacé l’initiative dans une vision plus globale « La conformité et la lutte contre la corruption ne sont pas des contraintes, mais des investissements stratégiques pour la crédibilité de nos entreprises et de notre économie », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que la corruption représente une perte estimée entre 2 % et 5 % du produit intérieur brut dans les pays en développement, appelant à une responsabilisation accrue du secteur privé.
Pour les dirigeants présents, ce programme marque un tournant, avec le passage d’une logique de performance commerciale à une logique fondée sur la confiance, la transparence et l’intégrité.
Les 100 PME sélectionnées ont été saluées comme des pionnières, appelées à servir de modèle pour l’ensemble du tissu économique.
À travers cette journée articulée entre réflexion stratégique et action concrète, la CGECI prouve la volonté du secteur privé ivoirien de jouer pleinement son rôle dans la lutte contre la criminalité financière et de faire de la conformité un moteur de compétitivité durable.
JB

