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Politique Publié le mardi 14 avril 2009 | Nord-Sud

Révolte de palais à Ferké hier - Le com-secteur enlevé par son adjoint

Alors que les populations de la cité du Tchologo s’apprêtaient à savourer les festins préparés pour le dimanche pascal, un événement est venu donner un coup d’arrêt à leur joie. Des tirs à l’arme lourde ont surpris toute la ville. Les populations se sont terrées chez elles. Aux prises, le commandant du secteur (Com-secteur) et son adjoint. Les deux hommes n’étaient plus en odeur de sainteté. Et Tuo Souleymane, le com-secteur adjoint a décidé de débarquer son chef, Fofana Inza dit «Grumman». Selon des informations recueillies sur place à Ferké, il est 12h 54 ce dimanche de Pâques, lorsque le com-secteur adjoint et ses partisans font une descente musclée à la gendarmerie qui abrite le camp des Forces nouvelles au quartier Mossibougou. Armés jusqu’aux dents, ils surprennent le com-secteur dans son bureau qui devisait tranquillement avec Ouattara Kawéli, le délégué départemental des Forces nouvelles. Des coups de feu assourdissants se font entendre. A 13h06, soit après 12 mn d’opération, le com-secteur adjoint réussit à maitriser son chef, Grumman. Celui-ci aura tenté en vain d’opposer une résistance. Ses «ravisseurs» l’ont vite maîtrisé et jeté sur le siège arrière d’une 4X4, double cabine encadré par plusieurs autres véhicules. Ils démarrent en trombe, direction Korhogo. Les «ravisseurs» marqueront une escale stratégique d’environ deux heures de temps dans un campement de Sinématiali. Avant de regagner Korhogo avec leur «trophée de guerre». Informés de la situation, les fidèles du commandant de secteur préparent la riposte. Ils prennent en otage la famille et l’ami de l’adjoint à Grumman. Un autre groupe se déporte sur les corridors où ils bouclent la circulation et menacent. Toutes les portes d’accès de la cité du Tchologo étant barricadées, les hommes du commandant de secteur exigent le retour de leur patron. Entre temps, des camionneurs maliens appellent Bouaké pour donner l’information. Le chef d’état-major adjoint des FN, Ouattara Issiaka dit « Wattao » intime l’ordre aux éléments de dégager les check points. «Niet», rétorquent les partisans de Grumman qui se disent convaincus que leur chef est victime d’un complot de son adjoint. Bouaké demande alors à Fofié Kouakou, le comzone de Korhogo de prendre les choses en main. Fofié dépêche son adjoint, Koné Yaya dit «Ras» à Ferké pour s’enquérir de la situation. Mais, ce dernier et son détachement sont bloqués à Tiékpè, à 12 kilomètres de Ferké où les hommes de Grumman exigent le retour de leur chef. Après quelques échanges, ils finiront par accepter le passage du cortège. Ce qui permettra à «Ras» de pénétrer la ville natale du secrétaire général des FN. L’émissaire du célèbre barbu de Korhogo engage alors des discussions entre les deux camps. A 19h, pour calmer les éléments, il est obligé d’expliquer que la haute hiérarchie militaire des FN tient fermement la situation en main et que Grumman et son adjoint sont actuellement en train d’être entendus. Sous leurs yeux, Ras engage des échanges téléphoniques sur haut parleur entre le commandant Fofié et le délégué départemental des forces nouvelles, Ouattara Kawéli. Grâce à cet appel, le comsecteur, Grumman lui-même est parvenu à s’adresser à ses fidèles éléments à qui il a expliqué qu’il est convoqué par la hiérarchie et que la situation est sous contrôle. Rassurés ceux-ci ont libéré les otages et les corridors. La vie a aussitôt repris à Ferké. Vers 23h, certains noctambules ont pu faire une virée à la «rue princesse» de cette ville. Selon nos sources, les deux responsables militaires de Ferké ont été conduits hier manu militari à Bouaké devant le Cema adjoint, Wattao. Ils devront être entendus aujourd’hui sur leur conduite. A Ferké, les plaintes des populations contre le com-secteur se multipliaient depuis quelques temps. Grumman, dit-on avait mis la main sur toutes les poches d’entrée d’argent. Il faisait arrêter injustement d’honnêtes populations pendant qu’il en protégeait d’autres de peu de moralité. Prenant quelques fois de l’argent avec les commerçants locaux, ils empêchaient conformément au souhait de ces derniers, que les commerçants des villages environnants viennent vendre à Ferké où ils pratiquaient pourtant des prix bas en faveur des populations. Nos sources révèlent que Grumman avait reçu une décision d’affectation à laquelle il avait refusé de donner suite. Son adjoint aurait été simplement chargé par l’état-major de le cueillir. Ce qui a été fait. «Sans casse !», se réjouissent d’autres sources.

Mazola
Correspondant régional
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