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Politique Publié le lundi 25 janvier 2010 | Notre Voie

Affaire “Fraude sur la liste électorale” : Toute la face cachée de l’opération Mambé

La tentative de fraude sur la liste électorale menée par la paire Mambé-Gomis livre ses secrets. La dérive technique avait des visées politiciennes. Les opérateurs techniques, Sagem Sécurité et l’INS avaient remis à la Commission électorale indépendante (CEI), à l’issue du croisement des données, une base de données comportant la liste électorale provisoire comprenant 5.277.392 personnes croisées positives et 1.033.000 cas litigieux. C’est parmi ces cas litigieux que, selon des critères qui leur sont propres, le président de la CEI, Beugré Mambé, et son acolyte, Jean-Baptiste Gomis (vice-président de la CEI au titre du RDR), ont repêché 429.000 individus qu’ils s’activaient à mettre sur la liste électorale définitive, en violation de la méthode officielle du contentieux qui exige des procès-verbaux. Evidemment, cette initiative du président de la CEI que Beugré Mambé dit avoir conduite “pour sa propre gouverne” ne fait pas partie des missions de la CEI qui est une entité exclusivement politique. Sagem Sécurité n’ayant pas non plus pour mission d’ajouter ou de radier des personnes sur la liste électorale, c’est à l’Institut national de la statistique (INS), l’opérateur technique étatique, qu’il revenait d’installer le logiciel pour faire se travail. Quand les agents de l’INS, suivant le mode opératoire, sont allés sur le terrain, les responsables des commissions électorales locales ne leur ont permis de travailler. Derrière ce blocage, se trouvaient Mambé et Gomis, qui ont recruté 70 informaticiens à qui ils ont remis des CD comprenant les 429.000 noms à introduire sur la liste électorale après avoir installé le nouveau logiciel. Ces informaticiens étaient tous munis d’un ordre de mission signé de la CEI. En se substituant aux opérateurs techniques (Sagem Sécurité et INS), la CEI a non seulement violé le mode opératoire, mais également le cadre logique de gestion des projets d’Etat. La CEI n’est pas outillée pour le suivi d’exécution et le contrôle des travaux à exécuter. Ce n’est donc pas à elle de jouer les opérateurs techniques. Dans le principe, la Primature étant le maître d’ouvrage du processus électoral, la CEI devrait être perçue comme le maître d’ouvrage délégué et l’INS, le maître d’œuvre. Malheureusement, le RHDP et ses alliés ayant récusé l’INS, le mode opératoire a indiqué deux opérateurs techniques (INS et Sagem). En plus du vice de procédure, la CEI a voulu violer, par le biais de ses 70 informaticiens, l’intégrité physique des données sans laisser de trace. En informatique, on appelle cela “Sneakernet”. Les informaticiens devraient introduire les 429.000 noms dans les ordinateurs au moment de l’installation du logiciel. Une fois cela fait, les noms des personnes issus du contentieux viendraient s’ajouter officiellement aux 429.000 individus et le tour est joué. A noter que 10 parmi les 70 informaticiens ont réussi leur tâche dans dix villes, dont Touba, Daloa, Toulépleu, avant que le pot aux-roses ne soit découvert. Beugré Mambé ne saurait être étranger à cette violation de l’intégrité physique des données, comme il le prétend. Puisque c’est lui le super utilisateur des bases de données. C’est à la CEI que les opérateurs techniques ont remis la liste électorale provisoire et la liste du contentieux. C’est au su des réalités présentées par ces données que Mambé et Gomis ont créé une base de données de 429.000 personnes qui peuvent être des identités virtuelles. C’est-à-dire des personnes qui n’existent pas en réalité, mais qui pourraient être “comblées”, lors du scrutin électoral, par des individus proches de ceux pour qui Mambé et Gomis travaillent en réalité. Lorsqu’on voit la liste des 429.000 personnes et les noms à consonance nordique et du centre que ces individus portent à plus de 99%, on se dit qu’il y a des visées tribales et politiciennes derrière tout ça. Et le RHDP, dont les leaders Bédié et Ouattara sont des habitués des considérations ethniques et tribales dans la politique pourrait bien être le bénéficiaire de la vaste fraude éventée.

Didier Depry
didierdepri@yahoo.fr
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