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Société Publié le vendredi 27 août 2010 | Nord-Sud

Grève à la poste : Les travailleurs en colère ferment le bureau du D.G

La grève dans l’administration postale continue. Les postiers, ulcérés, ont procédé jeudi à la fermeture des bureaux du siège à Abidjan-Plateau.

Les grèves à la Poste de Côte d’Ivoire font partie désormais de la vie de cette entreprise, en proie à des difficultés structurelles depuis au moins cinq années. Mais l’évènement nouveau, c’est que le directeur général, Jean-Michel Déignan, a été empêché, jeudi, d’accéder à son bureau de l’immeuble Postel 2001. Les agents mécontents ne se sont cette fois pas contentés d’assiéger le pied de l’édifice mais ils ont fermé, à double tour, les portes du siège. La fronde a affecté de nombreux bureaux de poste aussi bien à Abidjan qu’à l’intérieur du pays. Au centre de la révolte contre Jean-Michel Déignan, «ses manquements aux règles élémentaires » de la bonne gouvernance. Lesquels écarts auraient engendré plusieurs mois d’arriérés de salaires et la perte d’impotants avantages sociaux. Ces retards vont de deux à trois mois. Selon les grévistes, plusieurs chèques émis par la direction générale sont retournés impayés. Désabusés, une bonne partie des travailleurs a également été obligé de rentrer à la maison. Certains membres du collectif des syndicats qui ont lancé le mouvement, ont mis la tête de M. Déignan à prix. «Il a montré son incapacité à sortir l’entreprise des difficultés malgré les moyens importants mis à sa disposition», hurlaient les postiers ivres de rage. En effet, dans le cadre de la restructuration, le gouvernement a injecté plus de 2 milliards Fcfa en vue de la relance. Le premier plan ayant échoué, le directeur général a proposé un nouveau plan de redressement qui a été validé par le conseil d’administration, l’année dernière. Malheureusement, en dépit de cette disponibilité des pouvoirs publics, la Poste de Côte d’Ivoire éprouve beaucoup de mal à se remettre à flots. La poste n’ayant pas réussi à s’adapter au nouvel environnement lié aux nouvelles technologies, son administration se trouve groggy devant des concurrents plus entreprenants qui usent parfois de méthodes déloyales. N’empêche que la Poste de Côte d’Ivoire ne fait rien pour reconquérir la confiance d’une clientèle de plus en plus tournée vers l’innovation et le modernisme. A mots couverts, Jean-Michel Déignan reconnaît son impuissance. Sur le segment des courriers, par exemple, après avoir évoqué le monopole que l’Etat lui avait concédé, il a fini, en désespoir de cause, par se raviser en demandant un partenariat de sous-traitance avec « les sociétés informelles » installées dans les gares routières. «Nous sommes en train de trouver une solution durable à l’endettement de la poste et d’étudier profondément les modalités pouvant aboutir à l’apurement des arriérés de salaire et garantir leur régularité », assure M. Déignan. Un optimisme basé sur des rencontres qu’il a eues les 19 et 20 août dernier avec le ministère de l’Economie et des Finances. En raison de son lourd endettement, l’Etat avait déjà fait en 2009, un premier effort en mettant la poste en règlement préventif pour la protéger contre les saisies récurrentes de ses comptes par les créanciers. Mais, Si Jean-Michel Déignan perd la confiance de sa tutelle, il n’est pas à exclure que l’on s’achemine vers une sorte de remake de la «guerre des serrures» qui a précédé le limogeage de son prédécesseur Sébastien Zéhi. Ce dernier qui contestait la méthode de son éviction, s’était parfois vu empêcher de rentrer dans son bureau. Pour l’heu­re, on n’en est pas encore là.

Lanciné Bakayoko

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