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Politique Publié le vendredi 22 avril 2011 | Le Patriote

Le Président Bédié : « Je félicite le Président Ouattara »

Le Président Bédié : « Je félicite le Président Ouattara »
© Le Patriote Par Aristide
Activités du Président de la République: Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié ont échangé
Jeudi 21 avril 2011. Abidjan. Le chef de l`Etat, le Président Alassane Ouattara rend visite au Président Bédié
« Le travail abattu s’est fait sous nos yeux. Nous devons féliciter le Président Ouattara et son gouvernement. Nous les encourageons à continuer ce combat.

Processus de sortie de crise
La réconciliation : un passage obligatoire
Quand les Ivoiriens seront réconciliés, les partisans du président Alassane Ouattara ne seront pas les seuls à en tirer bénéfice. Certes, le Président de la République verra sa cote relevée. Une fois de plus, la communauté internationale lui réitérera sa fierté de le compter parmi les hommes qu’elle a choisi d’adouber pour leur qualité intrinsèque, mais, c’est tout le pays qui tirera bénéfice de cette nouvelle donne. Ceux qui ont voté pour lui et ceux qui ont voté contre lui, goûteront ensemble aux délices du vivre ensemble. La réconciliation est donc nécessaire. Elle est même un passage obligatoire pour un pays qui sort d’une très longue situation d’un conflit embrassant tous les ingrédients nocifs pour la survie des populations. La crise ivoirienne, ne l’oublions pas, est passée des simples considérations politiques, aux divers fanatismes ethniques et a été sur le point de déborder sur les croyances religieuses sinon mystiques. La Côte d’Ivoire vient donc de loin. Les plaies ouvertes sont béantes. Les cœurs meurtris sont nombreux. Pour parvenir à une réconciliation, il faut une dose de sincérité et surtout une grosse pincée de bonne volonté. Pour se réconcilier, il faut le vouloir. Comme on dit, qui veut, peut. La réconciliation se faisant à deux, les efforts doivent venir de tous les côtés. La victime, celle qui a subi tous les traitements, qui a connu toutes les frustrations, a beau vouloir passer l’éponge sur son vécu, elle ne peut y arriver, véritablement, que si elle sent que son bourreau d’hier est dans les mêmes prédispositions d’esprit qu’elle.
Avec ce qui nous est donné de voir depuis la prise totale du pouvoir par Alassane Ouattara, victime d’hier, l’on n’a aucune raison de penser qu’il ne veut pas de la réconciliation. Depuis la capture de Laurent Gbagbo, le lundi 11 avril dernier, il a multiplié des gestes de conciliation vis-à-vis de ses adversaires politiques. Jamais, il n’a dit un mot plus haut que l’autre quand il parle de l’ancien président de la République. Auparavant, il avait donné des instructions fermes pour que rien ne lui arrive à l’occasion de son arrestation. Et quand les partisans de Laurent Gbagbo et lui-même ont été faits prisonniers, toujours sur instruction d’Alassane Ouattara, ils ont été traités avec dignité. A leur arrivée au Golf, première étape de la détention de l’ancien chef de l’Etat, un repas copieux leur a été servi. Cela faisait des jours, a-t-on appris, qu’ils étaient à la diète avec des enfants à bas âges et des personnes âgées, confinés dans un sous-sol de la résidence présidentielle, abusivement appelé bunker. « Alassane Ouattara est un homme qui a bon cœur », ne cessaient de répéter les sympathisants du président du RDR quand ils le présentaient aux électeurs. L’homme le démontre et appellent les uns et les autres à le suivre pour réconcilier le pays. Personne ne peut alors douter de la volonté du chef de l’Etat à passer cette première étape de la normalisation de la vie en Côte d’Ivoire.
Si les premiers actes posés par le Président de la République dans le cadre de la réconciliation, donnent des indications sur sa capacité et sa volonté de parvenir à une réconciliation, il n’en est pas de même pour les bourreaux d’hier. C’est avec beaucoup de colère retenue que les militants du RHDP ont vu apparaître sur le petit écran de TCI, la semaine dernière, avec désinvolture, l’ancien chef d’Etat-major des anciennes FDS, Philippe Mangou, maniant son bâton de commandement, devant le chef de l’Etat comme s’il ne s’était rien passé. Comme si les milliers de personnes innocentes lâchement assassinées par ses supplétifs, n’avaient pas besoin de respect. Ces mêmes militants, ont encore été choqués d’entendre Mamadou Koulibaly, le toujours président de l’Assemblée nationale, parler des militants de son parti qui seraient pourchassés dans les quartiers, en ne prononçant aucun mot de compassion pour les milliers de victimes et surtout n’exprimant aucun regret pour le chaos dans lequel son parti a jeté la Côte d’Ivoire. Or, pour que la réconciliation soit réelle, il faut que les bourreaux d’hier reconnaissent leurs fautes. Il faut que tous ceux qui ont mal fait se repentissent sincèrement. S’ils ne reconnaissent pas qu’ils ont mal agi et que ce sont leurs croyances et leurs pratiques qui ont défiguré le pays, la réconciliation sera artificielle et même éphémère. Les refondateurs, puisqu’il faut les citer, ont mal géré la Côte d’Ivoire. Leurs théories fumeuses sur la souveraineté nationale et la dignité africaine à défendre, ont fait régresser le pays émergent qu’était la Côte d’Ivoire. A cause de ces thèses éculées, il y a eu des morts, beaucoup de morts. II faut qu’ils reconnaissent cela. Le pays a déjà trop souffert de leur arrogance et du refus de leur chef à réconcilier les Ivoiriens. Jamais, au cours de son double mandat, il n’a dit qu’il était le président de tous les Ivoiriens. De ceux qui avaient voté pour lui et de ceux qui n’avaient pas voté pour lui. Sa façon manichéenne de voir les choses, a contribué à creuser un fossé entre les Ivoiriens. Pour lui, il y avait toujours les Houphouétistes et lui. Ceux qui avaient lutté pour la démocratie et les autres. Ses partisans et les autres. Les Ivoiriens, les vrais et les autres, prêts à vendre leur pays. Les candidats de l’étranger et celui des Ivoiriens, etc…
Quand on sait le sort qui a été réservé au Général Guéi et aux membres de sa famille et à ses collaborateurs en 2002, Mamadou Koulibaly et Philippe Mangou devaient être les premiers à remercier le Seigneur d’avoir inspiré les Ivoiriens le 28 novembre 2010, pour porter Alassane Ouattara au pouvoir. Ils savent très bien que si Laurent Gbagbo avait été à la place d’Alassane Ouattara, tous les vaincus seraient passés de vie à trépas. Ils savent très bien que la Commission « vérité et réconciliation » que veut mettre sur pied le nouveau pouvoir ne connaîtra pas le même sort que leur mentor a réservé au Forum de la réconciliation en 2001. Forum rendu caduc avant même qu’il n’entame ses travaux. Ils savent très bien que les résultats de la Commission « vérité et réconciliation » d’Alassane Ouattara, ne verra pas ses résolutions rangés dans le placard comme l’ont été ceux du Forum pour la réconciliation et ceux du séminaire national de formation à la négociation raisonnée et à l’éducation à la paix qui a eu lieu du 29 mai au 6 juin 2003, à l’école des douanes sur initiative de l’ancienne première Dame Simone Gbagbo. « Ce Forum n’est pas un gouvernement-bis », avait indiqué Laurent Gbagbo au moment où l’ancien Premier ministre Seydou Diarra s’échinait à donner un corps à la mission qui lui avait été confiée. A l’évidence, Laurent Gbagbo n’a jamais cherché à réconcilier les Ivoiriens. Certainement, il n’en voyait pas la nécessité. Il avait pris le pouvoir pour ses seuls partisans. Il avait une revanche à prendre contre tous ceux qui avaient osé lui barrer le chemin du Palais. Il avait pour souci de donner du regret à tous ceux qui n’avaient jamais cru en son destin ou l’avaient quitté en cours de chemin. Rien ne l’intéressait que son parcours : « mille morts à gauche, mille morts à droite, moi j’avance ». Tel avait été son premier discours, tel a été le chemin qu’il a suivi jusqu’au bout.
Or, Alassane Ouattara a la volonté de réconcilier les Ivoiriens. Ce n’est pas une faiblesse, c’est une nature. Et pour un économiste, c’est une nécessité. Car, c’est ensemble que les Ivoiriens construiront leur pays. Chacun doit donc y mettre du sien. L’on pardonne mieux et vite quand on voit que celui qui est à l’origine du tort causé reconnaît, sincèrement, le mal qu’il a fait. L’arrogance et les provocations inutiles ne mènent nulle part. La preuve. Aujourd’hui, Laurent Gbagbo se retrouve seul avec lui-même. Sous son règne, les Ivoiriens ont connu les pires divisions et le malheur, sous toutes ses formes, s’est abattu sur leur pays. Il est grand temps qu’ils tournent la page et s’éloignent des comportements qui ont fait souffrir des milliers et des milliers de familles. Une réconciliation n’est pas impossible. Pour des Ivoiriens qui ont toujours vécu ensemble, se retrouver à nouveau, ne paraît pas comme la mer à boire.
Raphaël Lakpé
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