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Politique Publié le vendredi 22 avril 2011 | Le Patriote

Quand les cadres de la refondation oublient leurs crimes - Pour qui se prend donc Koulibaly ?

Bien souvent, on peut s’étonner de la grande capacité – érigée parfois en art – de certaines personnes à manipuler la conscience des autres. A leur faire douter de leur propre raison au point de la transformer en tort. A faire des victimes qu’ils sont des bourreaux qui s’ignorent.
Mamadou Koulibaly, le président de l’Assemblée nationale, puisqu’il faut encore le considérer comme tel, l’a bien tenté avant-hier, au sortir d’une audience avec le Président de la République.
Aux micros des nombreux journalistes qui voulaient s’enquérir de la teneur de l’entretien de 50 mn qu’il venait d’avoir avec Alassane Ouattara, l’homme a fait montre d’une rare habileté à travestir à son propre profit et à celui des siens, la réalité d’une conjonction de faits si récents qu’ils sont encore vivaces dans les esprits.
Il a bien voulu pour ce faire axer ses propos – qu’il dit être les préoccupations des députés – sur deux chapitres : la légalité constitutionnelle, et donc le droit, et le problème d’insécurité.
Parlant du premier chapitre, Koulibaly a indiqué : « Les députés aimeraient qu’en début de mandat, l’on puisse s’inscrire dans la légalité constitutionnelle. Les ordonnances qui sont prises actuellement doivent avoir l’autorisation de l’Assemblée nationale (…) Les députés ont suggéré que l’on puisse entrer dans l’application de la constitution sur tous les problèmes de l’Etat de droit, du respect des libertés individuelles ». On peut bien se demander de quelle légalité constitutionnelle parle ce monsieur qui, pendant près de huit ans, a regardé Laurent Gbagbo gouverner le pays par ordonnance, sans en référer à l’Assemblée nationale, au point où lui, Koulibaly, s’est fait le champion toutes catégories de l’absentéisme à l’Hémicycle où il passait parfois près d’une année sans y mettre les pieds ? Bien sûr, ils aimaient parfois à évoquer – lui et son président – le contexte exceptionnel de la guerre. Mais Koulibaly peut-il nous dire dans quel contexte Ouattara se trouve-t-il actuellement avec la guerre – la vraie celle-là, meurtrière comme jamais – que lui a imposée Gbagbo en refusant de reconnaître sa défaite ? Pourquoi par-dessus tout cette mauvaise foi d’un homme qui, en quittant le Ghana où il a fui dès les premiers coups de canon qui allaient déchoir son champion, pour se rendre au Golf hôtel d’Abidjan, prenait du coup acte d’une double réalité : la reconnaissance d’Alassane Ouattara comme le président de la République élu, puisqu’il ne lui a pas nié cette qualité, et l’aveu en annonçant l’arrivée imminente de Paul Yao N’dré pour investir le nouveau chef de l’Etat, que le président du Conseil constitutionnel avait volontairement tordu le cou du droit en inversant les résultats de l’’élection présidentielle au profit de Laurent Gbagbo.
Pourquoi donc, sachant cela, Mamadou Koulibaly n’a-t-il jamais interpelé, et Yao N’dré et Laurent Gbagbo, sur le déni de droit auquel ces deux hommes s’adonnaient, risquant ainsi de mettre en péril la paix sociale ?
Pourquoi lui, Mamadou, l’honnête homme, qui est si attaché aux vertus de droit et de la justice, n’a-t-il pas rétabli, quatre longs mois durant, la vérité des faits, en réalité sa conviction profonde, sur la défaite électorale de Gbagbo ? Pourquoi a-t-il laissé Gbagbo usurper un pouvoir que, lui, Koulibaly, savait que ce dernier avait perdu ?
S’agissant du deuxième chapitre sur l’insécurité, voici ce que ose dire Koulibaly : «Je lui ai dit (à Ouattara, ndlr) que de nombreux militants du Fpi, de Lmp, des pro-Gbagbo, étaient très inquiets. Ils étaient dénoncés, indexés comme si être militant de ce mouvement était une tare. Qu’ils se cachaient et se sentaient brimés, qu’ils ont fui. Je lui ai signalé les cas de plusieurs familles bété qui disent « nous sommes poursuivis dans notre quartier simplement parce que nous sommes bété ». Même si, pour le principe de la réconciliation cher à Alassane Ouattara, on peut louer une telle entreprise, on est quand même surpris de constater l’extraordinaire amnésie dont Koulibaly fait preuve en n’évoquant même pas l’extrême insécurité, voire le terrorisme d’Etat qu’ont dû essuyer les militants aux mains nues opposés à Gbagbo, lesquelles ont été massacrés, notamment à Abobo, trois mois durant, par les obus et autres mortiers des miliciens et mercenaires à la solde de son tyran d’ami. Sait-il seulement que des femmes qui manifestaient pacifiquement ont été écrasées par la soldatesque de Gbagbo ? Sait-il qu’un obus a été lâché sur un marché tuant au bas mot quarante personnes ? Ou était-il quand chaque nuit, des quartiers entiers indexées pro-Ouattara était pris d’assaut par les séides de Gbagbo, qui pénétraient dans des concessions pour en assassiner à l’arme lourde les occupants ? Sait-il ce monsieur que le bilan des tueries à visée ethno-tribale perpétrées par les hommes de Gbagbo a atteint plus de mille morts, seulement à Abidjan ? Et cet homme a le toupet de dire : « mon domicile à Abidjan ainsi qu’à Azaguié ont été pillés ». N’a-t-il pas appris que le domicile du président Henri Konan Bédié, ceux de presque tous les ministres de Ouattara ainsi que de nombreux cadres du RHDP ont été lâchement pillés ou incendiés alors que leurs propriétaires se trouvaient bloqués par les mercenaires de Gbagbo au Golf hôtel ? Mamadou Koulibaly est-il d’une amnésie si maladive jusqu’à oublier que la personne en face de qui il se trouvait avant-hier, c’était bien Alassane Ouattara, l’homme dont le domicile, un certain 19 septembre 2002, a été littéralement réduit en cendres par les tueurs de Gbagbo, qui ont manqué de l’assassiner ? Mamadou a-t-il perdu la mémoire au point d’oublier que son interlocuteur du Golf hôtel a vu sa défunte mère déterrée de sa tombe à Williamsville par les hommes de Gbagbo ? A-t-il une seule fois vu Alassane Ouattara s’en plaindre ?
Pourquoi donc cette indignation sélective de la part de Koulibaly ? Croit-il qu’une vie humaine vaut plus qu’une autre ? Croit-il qu’elle doit être catégorisée en fonction de l’appartenance à tel ou tel parti politique, groupement ethnique, religieux ?
Pour qui diantre se prend ce monsieur ?
En réalité, Mamadou Koulibaly n’est rien moins qu’un petit homme imbu de sa personne, qui se croit si important qu’il peut se permettre d’étaler son arrogance partout. Il croit que cet irrespect notoire – qui lui fait par exemple se rendre chez le chef de l’Etat (qui lui a fait la politesse de lui affréter un avion spécial pour le rencontrer) en pantalon jean, bras de chemise et basquets - lui confère une certaine carrure. Il se trompe. Sans Koulibaly, la Côte d’Ivoire, qui a amorcé l’écriture de sa nouvelle histoire sur des valeurs d’unité, de discipline, de paix et de travail, sous la houlette du Président Alassane Ouattara, ne s’en portera que mieux. Ce pays n’a plus besoin de cette race de politicien, qui ne regardent que leur nombril là où le peuple réclame ne serait-ce qu’une petite attention à ses besoins les plus élémentaires, ceux de son bien-être.
KORE EMMANUEL
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