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Société Publié le lundi 22 août 2011 | L’intelligent d’Abidjan

Une semaine après la certification du ministre Bandama et du Burida / La Rue princesse de Yopougon rasée : Comment comprendre l’opération menée contre 25 maquis et bars

© L’intelligent d’Abidjan Par Franck Danon
Aménagement de la ville d`Abidjan : Ce qui reste de la Rue Princesse.
La rue princesse de Yopougon rasée au Bulldozer.
Le ministre de la Culture et de la Francophonie était présent, le 28 juillet 2011, en compagnie du Burida pour apposer des autocollants (stickers) à la Rue princesse de Yopougon. Une semaine plus tard, la ministre de la Salubrité Urbaine Anne Ouloto est allée, muni de bulldozers, pour détruire les maquis qui avaient occupé le domaine public. Dysfonctionnement au sein de l’action gouvernementale ? Dans ce dossier réalisé, l’I.A a voulu faire la lumière sur cette affaire.

La destruction des espaces sonorisés de la Rue princesse (installés sur le domaine public) est sur toutes les lèvres. Si d’autres applaudissent l’action d’assainissement, certains sont d’avis qu’à Abidjan, s’il y a une destination à prendre pour qui met les pieds sur les bords de la lagune Ebrié, c’est d’abord la Rue princesse. A’Salfo, ne dit pas le contraire quand il est intervenu le mardi 15 août sur Jeuneafrique TV. Invité sur le plateau de la RTI 1, pour aborder les nouveaux chantiers du ministère de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandaman a été épinglé sur la question de la Rue princesse. Lui qui y était le 28 juillet dernier pour apposer les premiers autocollants lançant l’opération d’identification des usagers du Burida. Certifiait-il ainsi la Rue princesse appréciée entre nuisance sonore et site culturel touristique ? Sur sa présence à la Rue princesse de Yopougon, Maurice Bandaman a dit être allé non pas en qualité de géographe ou géomètre pour dire que ces espaces sont construits sur le domaine public. Il a reconnu être allé en tant que ministre de la Culture pour soutenir les artistes. « Parce que la Rue princesse est un espace où on consomme beaucoup les œuvres des artistes. Nous allons créer un espace qui réponde aux normes architecturales, aux normes acoustiques et qui ne soit pas un espace de nuisance.

Et qui ne soit pas un espace de dépravation des mœurs mais qui soit un espace de consommation culturelle. On n’a pas besoin de faire du bruit pour consommer de la musique. La Rue princesse faisait du bruit. Elle faisait de la nuisance. Nous ne sommes pas allés cautionner cela. Nous y sommes allés pour que là où la musique ivoirienne est produite, elle puisse générer de l’argent. Pour que les artistes qui produisent cette musique-là puissent en vivre», avait-t-il dit pour justifier sa présence à la Rue princesse de
Yopougon. Non sans saluer le travail amorcé par le nouveau directeur général du Burida.

«Le nouveau Dg intérimaire est en train de faire un travail remarquable. Je suis allé pour l’encourager. Parce que c’est le travail qu’il a fait sous mes conseils. J’ai demandé que le Burida fasse l’état des lieux et ait une base de données. Il se trouve que la Rue princesse est un lieu où la musique est fortement consommée. Nous sommes allés là où il y a les premiers consommateurs. C’est tout ! », a expliqué Maurice Bandaman. Des gérants, des managers et des Disc Jokeys, et d’ailleurs certains Ivoiriens, n’ont pas manqué de marquer leur indignation face à cette action ‘’incohérente’’ des membres du gouvernement Soro. Ils sont nombreux, ceux qui auraient voulu que la Rue princesse soit déchue après qu’une partie des commerçants ait renfloué leurs caisses. Le ministre Maurice Bandaman a reconnu que la misère et la paupérisation se sont emparées des populations ivoiriennes. A l’en croire, de nombreux bailleurs de fonds font le pied de grue aux portes de la Côte d’Ivoire. Toutefois, la condition sine qua non de leur installation reste la sécurité, le respect des droits humains, la stabilité et l’instauration de l’Etat de droit. « Pour les caniveaux, savez-vous combien de morts cela génère quand les bâtiments sont construits sur des caniveaux, sur les canalisations et sur les conduits d’eau. Des bailleurs de fonds attendent que l’ordre soit mis pour qu’on puisse avoir l’aide. C’est une conditionnalité pour la reprise.

Pour que les Ivoiriens qui souffrent aujourd’hui puissent prospérer. Aucun pays ne prospère dans le désordre et l’anarchie. L’anarchie avait pris le pas sur l’Etat, Il n’y avait plus d’Etat », a-t-il expliqué. C’est pourquoi dira le maire-ministre pour justifier l’action de la ministre de la Salubrité Urbaine : « Le Président Alassane Ouattara est venu pour mettre de l’ordre. Pour faire en sorte que la Côte d’Ivoire soit un Etat. Et un Etat impartial. L’Etat est rigoureux ; c’est vrai nous en souffrons. Nous avons des parents qui ont ouvert des boutiques et des petits commerces sur les trottoirs, il faut que l’Etat construise des infrastructures viables.

Les maires que nous sommes ne devons pas nous décharger en mettant les populations dans les rues et nous dérober de nos fonctions. Il faut construire des espaces viabilisés et sécurisés. Pour que quand les commerçants font un investissement, ce soit sur la durée et qu’ils puissent les remettre à leurs enfants. Ce qui est fait là pour dire, on va se débrouiller, ce n’est pas responsable. Le Président de la République a fait signe au gouvernement pour qu’on mette de l’ordre. Et cela est en train d’être fait. C’est cet ordre-là qui va générer la richesse et la croissance». Mais, c’était si facile à dire et à faire, le ministre de la Culture ne devait pas aller la Rue Princesse. Il devait avant que sa collègue arrive à annoncer la nouvelle du départ et préparer les acteurs à cela.

Patrick Krou

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