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Société Publié le jeudi 29 mars 2012 | L’expression

Université de Cocody/Le jardin botanique se meurt

Le Centre national de floristique de Cocody a été durement éprouvé par la crise. Même si les bureaux sont en réhabilitation, le jardin botanique, lui, se meurt.

L’Université de Cocody est en plein chantier ce mercredi matin. Des ouvriers s’activent au niveau des amphithéâtres et le bruit des machines se fait entendre de loin. A l’entrée, des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) veillent au grain. Notre équipe de reportage est interceptée par les forces de l’ordre qui nous informent que seuls les étudiants de l’Ecole normale supérieure (Ens) peuvent accéder à l’intérieur. Malgré nos explications, ceux-ci ne démordront pas. Nous changeons de stratégie et arrivons à y accéder par la 2ème entrée. A notre arrivée, le jardin botanique de l’Université de Cocody présente un autre visage. Le Centre national de floristique n’est pas en marge des travaux de réhabilitation du campus. A l’entrée des bureaux qui abritent la direction, des sièges et tout le matériel qu’abrite la direction sont déposés ça et là. Mais le bâtiment respire la nouveauté. Une nouvelle couche de peinture a été apportée à l’édifice et l’appentis qui servait autrefois pour les cobayes est flambant neuf. Les cagibis qui étaient occupés par ces animaux sont entassés dans un coin de la cour. Les vigiles nous confient que le personnel est absent à cause des travaux de réfection en cours dans le centre. «Il n’y a personne ici à part nous. De temps en temps, le directeur, M. Ipou Joseph, vient constater l’avancée des travaux », explique l’un des vigiles. Il poursuit pour révéler que ces travaux de réhabilitation étaient nécessaires, car le centre a été pillé pendant la crise postélectorale.

La forêt se clairseme petit à petit
«La direction a été saccagée ainsi que le bureau du Pr Aké Assi Laurent pendant la crise. Les climatiseurs et déshumidificateurs, qui servaient à la conservation des différentes espèces de la flore, ont été emportés par les pillards. Ils avaient tout saccagé, même les travaux de recherche et les livres qui étaient dans la bibliothèque ont été emportés », explique le gardien. Des propos confirmés par un professeur qui a requis l’anonymat. Lequel ajoute que le siège de ’’Sos forêt’’ n’a pas non plus été épargné par la crise. L’enseignant-chercheur explique que les individus mal intentionnés avaient tout saccagé dans ce bâtiment le matériel informatique et les meubles y compris. Si les bâtiments du Centre national de floristique font plaisir à regarder de nouveau, ce n’est pas le cas pour le jardin botanique. La forêt est clairsemée et les arbres que l’on pouvait apercevoir en venant de la voie menant à l’Ecole de police ont fait place à des amphithéâtres en construction. La piste qui mène aux bureaux est parsemée de fagots de bois. Certains arbres abattus gisent à terre. Même à l’entrée du jardin botanique, un restaurant en finition remplace les espèces entières de plantes qui y étaient autrefois. La bibliothèque des plantes du Centre national de floristique est également en ‘’danger’’. Le Pr Aké Assi Laurent avait après le pillage de son bureau, exprimé son inquiétude quant à la probable disparition des espèces répertoriées dans la bibliothèque de plantes. Cet herbier constitué depuis plus d’un demi-siècle, entre 1953 et 1956, par le Pr Aké, est composé d’espèces de plantes dont certaines n’existent plus en Côte d’Ivoire. «Ce sont 42 espèces que la Côte d’Ivoire a perdues en l’espace de 50 années d’indépendance. Il ne faudrait pas que cela continue. Et ces plantes ont même des vertus thérapeutiques. Il faut que les autorités prennent des mesures adéquates pour la protection de certaines espèces», s’alarme un botaniste.
Napargalè Marie

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