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Économie Publié le jeudi 6 juin 2013 | Boigny Express

PPTE : qu’avons-nous vraiment gagné ?

Transparence pour transparence, qui doit nous dire ce que deviennent les comptes du fameux PPTE ? Et comment peut-on contraindre l’Etat et ses représentants à nous éclairer sur l’origine des fumées qui sortent de leurs dossiers ? Des interrogations à l’allure de grognons que propose notre collaborateur Maximus Léo.

En 1998-99, le président BEDIE, pourtant avare en promesses, demandait aux travailleurs de notre pays de prendre leur mal en patience parce qu’à partir de mars 2001, une amélioration des salaires pourrait être sérieusement envisagée. S’agissant des fonctionnaires et agents de l’Etat, le Président BEDIE faisait savoir qu’au même moment, leurs avancements, dont les effets financiers étaient bloqués depuis vingt (20) ans, verraient la disparition de ce blocage. Les avancements auraient donc un impact financier. Ainsi que je viens de le dire plus haut, le Président BEDIE était avare en promesses et aux déclarations tonitruantes qui n’étaient finalement que des effets d’annonce. Dès lors, si le Président BEDIE s’est pour une fois permis de faire les promesses ci-dessus, c’est qu’il était sûr de son fait lui qui avait la même philosophie que le père de la nation qui disait qu’on n’entendait le tigre et /ou la panthère qu’une fois qu’ils avaient leurs proies entre les griffes. Or, il se trouve que la Côte-d’Ivoire avait reçu la garantie ferme des institutions financières internationales et de ses créanciers qu’elle serait admise au PPTE en mars 2001. Assuré que notre pays réaliserait une économie de plus de 500 milliards sur le paiement de la dette extérieure, le Président BEDIE et son gouvernement avait prévu de consacrer une partie de cette somme à l’amélioration de la rémunération des travailleurs. Tout cela a sans doute contribué à la survenance du coup d’Etat de décembre 1999 car non seulement aucun des adversaires potentiels du Président BEDIE n’avait un programme pouvant rivaliser avec son programme, mais encore cette promesse d’amélioration des salaires des travailleurs ne pouvait que lui conquérir les voix des travailleurs. Dès lors, puisqu’il était impossible de la battre à la régulière, il n’y avait que l’acte vil du coup d’Etat qui était à la portée de ses adversaires ! Naturellement, le coup d’Etat est venu tout « foutre » par terre et à notre corps défendant, nous avons été obligés de dire « adieu, vau, vache, cochon, couvée ! » Les incohérences des refondateurs n’ont pas permis cette admission au PPTE qui était pourtant à notre portée. Bénéficiant de préjugés particulièrement favorables, le régime du Président OUATTARA a obtenu en un temps record notre admission au PPTE. Tout le monde s’est souvenu des promesses du Président BEDIE qui reposaient sur notre admission au PPTE et a aussitôt pensé que le but étant enfin atteint, on allait rapidement procéder à cette amélioration des salaires. Que nenni ! C’est plutôt le contraire qui allait se produire sous nos yeux médusés.
En effet, en lieu et place d’une augmentation des salaires et peut-être d’une réduction du coût de la vie, le gouvernement s’empressa de procéder à l’augmentation du prix de certaines denrées sensibles dont l’impact sur le prix des produits de première nécessité était évident. Point d’augmentation des salaires, point de réduction du coût de la vie pour lesquelles on nous demande de repasser demain ! La question que je me pose est celle de savoir ce qui rendait possible une augmentation des salaires en 2001 et qui n’est plus d’actualité en 2012-2013 ! Qu’est-ce qui a changé au point que admission au PPTE signifie augmentation subséquent du coût de la vie ? L’attitude du gouvernement laisse perplexe surtout quand on sait qu’une explication « pédagogique » n’est pas son point fort. On ne nous a jamais vraiment expliqué les conditions d’obtention de cette admission au PPTE et les obligations éventuelles qui l’accompagnent. Le gouvernement lâchait de temps en temps quelques bribes de phrases quant à ce à quoi ne servirait pas l’entrée au PPTE mais n’a jamais jugé utile de consacrer des émissions tant à la radio qu’à la télévision quant à ce qui allait être fait des 500 milliards qu’on ne paierait plus annuellement aux créanciers extérieurs. Tous les investissements aujourd’hui réalisés sont imputés au programme d’urgence de la présidence. Alors question : quel est le programme concocté par le gouvernement pour le développement de notre pays ? Nous avions à l’époque le BSIE et d’autres programmes précis qui concourraient au développement de la Côte-d’Ivoire. Qu’en est-il aujourd’hui et quelle est la part qu’y prennent les économies réalisées par notre admission au PPTE au point qu’on ait sacrifié les travailleurs sur l’autel d’un développement dont ils sont censés être les moteurs ?

Comment compte-t-on motiver ces travailleurs et particulièrement les fonctionnaires et agents de l’Etat ? J’en suis à me demander si nous n’avons pas passé un marché de dupes avec notre admission au PPTE, les organisations financières internationales et les créanciers de notre pays donnant d’une main ce qu’ils récupèrent de l’autre ! Il n’est jamais tard pour bien faire et le gouvernement gagnerait à revoir sa copie en nous expliquant, mille fois s’il le faut, pourquoi ce que nous attendions comme retombées de notre admission au PPTE n’est pas possible.

Maximus Léo

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