PUBLICITÉ

Politique Publié le mercredi 18 mars 2015 | L’intelligent d’Abidjan

Adama Ouattara Président du MIRE, candidat déclaré à l’élection présidentielle: « Alassane Ouattara n’a fait que renforcer la priorité de riches »

Candidat déclaré à l’élection présidentielle d’octobre 2015, Adama Ouattara, président du Mouvement Ivoirien pour le Renouveau et l’Espoir a rendu une visite de courtoisie à la rédaction de l’Intelligent d’Abidjan le mardi 17 mars 2015. Il en a profité pour aborder les questions liées à l’actualité sociopolitique de la Côte d’Ivoire.

Nombreux sont les candidats déclarés à l’élection présidentielle qui n’ont pas déroulé leur programme.
Effectivement, il y a certains candidats à l’élection présidentielle qui n’ont pas de programme de gouvernement. Ils n’ont rien à proposer aux Ivoiriens. Ensuite, ils ont pour seul programme la libération de Laurent Gbagbo et voient comment imposer cela aux Ivoiriens. A sept (7) mois des élections, ces candidats n’ont pas de sites, de programmes et proposent n’importe quoi comme si les Ivoiriens étaient des idiots. Je prends le cas de Charles Konan Banny qui était le président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR). Où était-il au moment où on envoyait Laurent Gbagbo à La Haye ? Il n’a donné aucune motion de protestation pour s’opposer au départ de l’ex-président à La Haye. Pendant les quatre (4) ans qu’il était le président de la CDVR, qu’a-t-il fait pour trouver les solutions afin de réconcilier les Ivoiriens ? Aujourd’hui, nous savons que les seules personnes capables de réconcilier les Ivoiriens sont Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Qu’a-t-il fait ? s’est-il une fois décidé d’aller rendre visite à Gbagbo à La Haye pour savoir comment réconcilier les Ivoiriens ? Qu’il arrête de faire croire qu’il pourra faire libérer Gbagbo alors que durant tout le temps qu’il était le président de la CDVR, il n’a rien pu faire. Est-ce maintenant qu’il est candidat à l’élection présidentielle qu’il pourra le faire ? Pensons maintenant à faire de la politique et faisons place aux hommes politiques. Nous ne pouvons pas continuer à faire de la politique politicienne. Un homme politique, c’est celui qui a un projet pour le peuple. Alors qu’un politicien est un démagogue. C’est un homme qui use d’astuces et de malices pour pouvoir tromper le peuple et venir s’installer. Tous les candidats qui sont comptables de la gestion de monsieur Ouattara qui a échoué, doivent rendre compte au peuple.

Que voulez-vous insinuer?

Je parle de Charles Konan Banny. Il est comptable de la gestion de monsieur Ouattara en ce qui concerne la réconciliation. Je ne défends pas le Président Ouattara. Mais je dis que Charles Konan Banny ne doit pas prendre les Ivoiriens pour des idiots. En tant que président de la CDVR, il n’a pas empêché le départ de Gbagbo à La Haye. Ensuite, il n’a jamais pris l’initiative de rendre visite à Gbagbo à La Haye alors qu’il avait un budget de plus de 16 milliards de F.CFA. Il pouvait avoir cette gratitude d’aller rencontrer Gbagbo ou envoyer des personnes le faire pour voir comment trouver une solution en ce qui concerne la réconciliation. Il ne l’a pas fait. Et aujourd’hui, il est candidat à la présidence de la République. Et il dit qu’il va réconcilier les Ivoiriens, pourtant il avait eu tous les moyens de le faire. C’est maintenant qu’il est candidat qu’il va réconcilier les Ivoiriens ?

Pourquoi vous vous en prenez à Charles Konan Banny ? N’avez-vous pas d’autres chats à fouetter ? Pourquoi ne parlez-vous pas de votre projet de société ?

Ce que je dis est une vérité. Car, il y a certaines choses qui sont politiquement incorrectes parce qu’aujourd’hui, il faut que nous soyons à même de proposer des programmes clairs aux Ivoiriens. Il faudrait que la démocratie en Côte d’Ivoire soit une affaire de programme contre programme. Et non une affaire de groupes ethniques. Voilà mon problème. Œuvrer dans le tribalisme, c’est pousser les Ivoiriens vers une crise encore plus grave. Le tribalisme est un monstre qui mange ses enfants. Je me plains chaque fois du repli identitaire. Tous ceux qui vont se cantonner dans le repli identitaire sont les ennemis de la Côte d’Ivoire. Ce sont ceux-là que nous allons combattre. Charles Konan Banny n’a pris aucune initiative de réconcilier les Ivoiriens. Et c’est maintenant qu’il est candidat à l’élection présidentielle, qu’il a la solution pour réconcilier les Ivoiriens. Il ne faut pas jouer avec l’argent du pays. Banny est comptable de l’oligarchie qui s’est installée dans le pays. Aujourd’hui, l’on nous parle d’une coalition de candidats pour trouver un candidat.

Voulez-vous parler du “Tout Sauf Ouattara’’ ?

Moi je ne suis pas dans cette logique de “Tout Sauf Ouattara’’. Je suis dans une logique où l’on doit décrier les tares de Ouattara parce que c’est un libéral. Je le dis haut et fort, Ouattara n’a aucun programme social. Tout ce qu’il a comme programme, c’est un programme de prédation. Il s’est entouré de personnes qui ne pensent qu’à s’enrichir. Ils n’ont aucun projet social pour le peuple. La preuve en est qu’ils ont commencé à passer à la phase de destruction des maisons au niveau de “gobelet’’, “adjouffou’’ et autres. Ils sont allés démolir les maisons des pauvres sans qu’il n’y ait une solution alternative.

Il y a eu un dédommagement…

Avant de mener une action qui va toucher le côté social, il faut penser par exemple aux enfants des écoles détruites de “gobelet’’. Où vont-ils aller ? De plus, c’est l’Etat qui a affecté des enseignants dans ces écoles qu’il a construites. Pourquoi ne pas attendre qu’il y ait les vacances scolaires avant de passer à la phase de destruction de ces quartiers ? Voilà le danger. C’est le message que j’adresse aux Ivoiriens, pour dire que les gouvernants actuels, n’ont aucun projet ni programme social. Ils ne se préoccupent pas de l’avancée sociale des pauvres, alors qu’il y a plus de pauvres que de riches. Ils ne font qu’augmenter la richesse de la minorité aux dépens du peuple. Nous allons combattre cette situation. Raison pour laquelle j’ai décidé de parler d’incohérence politique en ce qui concerne Banny qui fait partie de cette frange de riches qui ont pillé et ruiné la Côte d’Ivoire.

A votre niveau, que proposez-vous aux Ivoiriens ?

Mon programme est simple. C’est la redistribution au sens propre comme au sens figuré. Il faut redistribuer. Je vais donner une petite partie de la redistribution. La redistribution, c’est l’école gratuite. Quand un enfant va à l’école, les parents ne déboursent pas un seul centime. La redistribution, c’est aller à l’hôpital et se faire soigner. C’est l’égalité de soins où l’on va à l’hôpital sans débourser un seul centime. La redistribution c’est permettre l’égalité des chances c’est-à-dire donner des bourses à des enfants qui sont en classe d’examens pour que ceux-là puissent avoir les mêmes moyens, les mêmes bagages intellectuelles que les enfants de riches pour affronter les examens et les concours. La redistribution, c’est rendre les concours de la Fonction publique gratuits, c’est-à-dire qu’on ne paye pas un seul centime. C’est cela une partie de la redistribution.

Ouattara a entrepris des réalisations visibles, alors que vous n’en avez aucune. Que pourrez-vous dire aux Ivoiriens le moment venu face à Ouattara qui est en train de développer aujourd’hui la Côte d’Ivoire avec une vitesse vertigineuse ?

Il y a d’abord une nuance que je voulais que vous leviez. Quand vous parlez de Ouattara, vous devez préciser Alassane Ouattara Président de la République. Parce qu’il y a Alassane Ouattara qui est Président de la République et président du RDR et il y a Adama Ouattara président du MIRE (Mouvement Ivoirien pour le Renouveau et l’Espoir). Il faut lever cette nuance. Quand on veut prendre le pouvoir et gérer un pays, il y a deux options. Il y a l’option la plus facile et l’option la plus difficile. Monsieur Alassane Ouattara sait qu’il n’a pas de programme. Il a alors choisi l’option la plus facile : le tape-à-l’œil. C’est-à-dire essayer de profiler quelques routes, de construire quelques ponts qui sont déjà dans des plans directeurs. Il a donc choisi l’option la plus facile parce qu’il n’a aucun plan pour la phase la plus difficile. C’est-à-dire créer une nation, réconcilier les Ivoiriens, créer un climat de paix. La phase la plus difficile, c’est réconcilier tous les Ivoiriens c’est-à-dire, ne pas créer de clivage ethnique, religieux (…) ne pas “sectariser’’ le peuple ivoirien, comment harmoniser la vie en commun en Côte d’Ivoire.

Comment pourrez-vous convaincre les Ivoiriens qui sont devenus « des Saints Thomas » avec de tels propos?

Alassane Ouattara fait du tape-à-l’œil parce qu’il se trouve aujourd’hui dans un environnement favorable. Il est venu après une crise. La communauté internationale lui a fait un grand cadeau en l’aidant. A sa place, j’aurais mieux fait. Car aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est complètement abîmée. La cohésion sociale est en lambeaux. Et tout ce qu’il y a comme modèle pour les jeunes filles c’est la prostitution, et pour les jeunes garçons c’est le “broutage’’, le braquage, la cybercriminalité. Actuellement, c’est l’enlèvement des enfants pour faire des sacrifices rituels. Voici des exemples. Et aujourd’hui, il n’y a que l’insécurité. Nos enfants n’ont pas de modèles. Il n’y a aucun modèle social. Donc, la tâche la plus difficile, c’est comment créer la cohésion entre les Ivoiriens.

Sur qui Adama Ouattara s’adosse ? Quel est son soutien pour pouvoir conquérir le pouvoir face à Alassane Ouattara qui est solidement implanté en Côte d’Ivoire?

Je ne pense pas qu’il soit solidement implanté. Il est arrivé en 2010-2011. Même l’arbre centenaire est déracinable. Nous allons le déraciner dans les urnes en octobre 2015. Donc aujourd’hui, la vieille classe politique doit disparaitre. Nous sommes là ! Il y a des jeunes qui sont là, qui ne sont pas connus des populations qui seront des révélations pendant ses élections présidentielles. Nous allons rajeunir la classe politique. Il est temps maintenant que cette vieille classe politique qui nous a entrainés dans tout ce désastre puisse laisser la place aux jeunes pour faire la politique et sortir les Ivoiriens de leur pessimiste.

Le tribunal militaire d’Abidjan a acquitté les militaires accusés d’avoir bombardé le marché d’Abobo. En tant que leader d’opinion quelle est votre réaction ?

Moi, j’ai toujours prôné l’indépendance de la Justice. Je n’aime pas commenter les décisions de justice.

Les avocats de Mme Gbagbo et l’accusation viennent de se pourvoir en cassation contre la décision de la Cour. En tant que candidat comment avez-vous apprécié ce procès ?

Voyez-vous, ce procès est un procès politique. Ce n’est pas moi qui le dis. C’est la porte-parole adjointe du gouvernement qui l’a dit. Elle a dit cela au vu et au su de tous. Et aujourd’hui, on lui donne raison. C’est un procès politique. Comment comprendre, que Mme Gbagbo a eu 20 ans parce qu’elle était la femme de l’ancien président de la République. Si c’est le cas, ce n’est pas bien, ce n’est pas juste. Si, elle a été condamnée parce qu’elle était Vice-président du FPI, là aussi, ce n’est pas juste. Affi N’Guessan qui était le président du FPI a eu 18 mois avec sursis et elle la Vice-présidente, 20ans. Y a deux poids, deux mesures. On veut trouver des preuves contre un groupe de personnes, et on leur fait des tris. Pourquoi faire des tris ? Est-ce parce que, ça arrange le gouvernement ? Si on veut condamner Mme Gbagbo, qu’on trouve des preuves palpables. En droit, le doute profite à l’accusé. C’est à la justice de prouver qu’elle a des preuves. Comme je l’ai dit, quand tu oublies la jeunesse, la jeunesse va s’occuper de toi. Donc, la jeunesse est une priorité pour le MIRE. Pendant cette crise, il y a eu trois mille morts. Mais, les jeunes sans emploi sont les plus nombreux. Tous ceux qui avaient un emploi, pendant la crise ce sont cachés et quand la crise est terminée, ils sont venus reprendre leurs boulots (. ..) Aujourd’hui, la vraie sécurité, la vraie paix, c’est de trouver un emploi pour chaque jeune et vous allez voir que la crise va disparaitre seule.

Dosso Villard

Réagir à cet article

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Playlist Politique

Toutes les vidéos Politique à ne pas rater, spécialement sélectionnées pour vous

PUBLICITÉ