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Art et Culture Publié le jeudi 29 octobre 2015 | L’intelligent d’Abidjan

Interview / Eric Ané, commissaire général du festival des arts et de la culture Agni : Que la chambre nationale des Rois et Chefs traditionnels ne désorganise pas la chefferie traditionnelle et ses principes

© L’intelligent d’Abidjan Par Marc Innocent
Culture: lancement de la 3ème édition du FESTAGNI
Jeudi 27 Août 2015. Adiaké. Madame Koné Mariétou, Directrice générale du programme national de cohésion sociale, marraine institutionnelle de la 3ème édition du Festival des Arts et de la Culture Agni. Une caravane de sensibilisation sur la paix et la Cohésion Sociale sillonnera toute la région du Sud Comoé à cet effet.
La région du Sud-Comoé a accueilli du mercredi 26 au 30 août 2015 la troisième édition du Festival des Arts et de la Culture Agni (Festagni). Ce rassemblement culturel du peuple Agni, était porté par le thème « L’organisation sociétale et politique du peuple Akan ». Dans cette interview, le commissaire général fait le bilan de cette édition et situe les perspectives pour les prochaines éditions.

Quel bilan faites-vous de la troisième édition du Festagni.
Rendons d’abord grâce à Dieu que notre rêve soit devenu une réalité. Celui d’avoir un instrument qui permet de rassembler tout le peuple Agni et de valoriser sa richesse culturelle. Notre projet était d’organiser un festival tournant, nous avons pu le faire dans la région du Moronou, l’Indénié-Djuablin et dans le pays Agni Sanwi. En terme de bilan, cette 3ème édition du Festagni a été un succès. D’abord son contenu. Ensuite, l’innovation de la caravane culturelle pour la paix, la tolérance et la cohésion sociale nous a permis de visiter la région du Sud-Comoé : Adiaké, Assinie, Adaou, Assouba, Ayamé, Noé, Maféré, Affiénou, Aboisso et Krinjabo.
Globalement, le bilan est bon car nous avons pu rassembler le peuple Agni par sa culture. Et aussi ajouter une plus-value au festival par l’initiative de la caravane qui a vu la participation du Programme national de la Cohésion Sociale (PNCS) avec la présence effective de la directrice générale, Koné Mariatou et du représentant résidant de l’Unesco Ydo Yao.
Sur le plan financier, ce n’est pas une mince affaire que d’organiser un festival. Mais, l’implication des cadres Agni et surtout des Conseils Régionaux nous ont permis de respecter la programmation du festival et de relever le défi de l’organisation.

Combien le Festagni 2015 a-t-il coûté?
Le festival dans sa globalité nous a coûté près de 15 millions de nos francs. Cette mobilisation de ressources est à mettre à l’actif des cadres du pays Agni et de nos fidèles partenaires.

Quel constat général faites-vous des différentes éditions ?
J’avoue qu’en tant que commissaire général, il m’est difficile de choisir la meilleure des trois éditions. Chaque édition avait sa particularité et sa charge émotionnelle. Ma grande satisfaction se situe au niveau de l’appropriation du projet du festival par les populations, les Conseils Régionaux et les Chefs et Rois traditionnels. Il y avait visiblement un manque. Et humblement, j’estime que le festival est venu combler ce vide.

Quelles seront les perspectives pour les années à venir?
Nous nous battons pour pérenniser ce festival et trouver les moyens financiers pour augmenter son audience et son rayonnement. La Culture Akan en général et Agni en particulier mérite d’être mieux vendue tant au niveau régional, national, qu’international. Avec l’organisation des états généraux de la culture Agni dont les travaux ont été restitués officiellement à Krinjabo, en présence de Kra Koffi Pascal, directeur général du BNETD, nous avons tracé les sillons de la pérennisation du festival.

Où et quand se tiendra la prochaine édition du festival ?
La 4ème édition du Festival des Arts et de la Culture Agni (Festagni) se prépare déjà activement. Et, dans notre planification stratégique, c’est la région de l’Agneby-Tiassa qui accueillera ce festival en 2016. Et,Tiassalé sera le carrefour culturel du peuple Agni. Cette 4ème édition sera l’occasion de célébrer le brassage culturel et de vivre la réalité de la diversité culturelle qui fait la beauté de la Côte d’Ivoire.

Quand sera-t-il de l’institution (date et lieu) du festival, voulue par les premiers états généraux de la culture Agni?
Après la réussite des trois premières éditions, nous avons entamé les consultations avec leur Majesté Nanan Amon N’Douffou du Sanwi, Nanan Boua Kouassi III de l’Indénié et Nanan Agnini Bilé du Djuablin, pour faire le bilan et dégager les perspectives pour les éditions prochaines. Le choix de Tiassalé pour l’édition 2016 répond à la volonté de nos souverains de voir le festival rassembler tout le peuple Agni de Côte d’Ivoire. Nous avons donc pour mission, d’aller chercher les Agni où qu’ils se trouvent sur le territoire national. Cela répond également à une des recommandations des états généraux de la Culture Agni. Nous pouvons déjà nous réjouir du positionnement du festival après l’organisation des trois éditions. Nous nous attelons à étoffer le contenu, c’est-à-dire à enrichir la programmation et à mieux caler les dates pour tenir compte du calendrier culturel du ministère de la Culture et de la Francophonie. Afin d’inscrire le festival au niveau des tours operators.

A quoi doivent s’attendre, les amoureux de la Culture Agni en terme d’innovations pour la 4ème édition?

Il y a de nombreux aspects que nous allons prendre en compte pour la 4ème édition. Nous pouvons citer entre autres l’aspect culinaire, vestimentaire, la médecine traditionnelle en pays Agni. A partir de cette 4ème édition, nous allons instaurer une coupe portant le nom du plus illustre des Agni, en la personne de Ano Assoman, pour que les jeunes générations n’oublient pas leur passé. Il y aura également la soirée ‘’Afryapa 2016’’. Cette soirée, qui sera célébrée cette année, le 30 janvier 2016 donnera déjà le ton de cette 4ème édition. Car après avoir célébré ‘’Afriyapa 2015 avec nos frères Baoulé, le tour revient à nos frères Akyé de célébrer la nouvelle année avec le commissariat du Festagni autour du thème « La valorisation de nos N’Zia (beaux : homme et femme d’une autre ethnie marié à un Agni) ».

Que pensez-vous de l’initiative du Chef de l’Etat de créer la Chambre Nationale des Rois et Chefs Traditionnels ?

En tant que promoteur culturel, je loue l’initiative de la République de reconnaitre le mérite et le rôle des têtes couronnées dans notre pays. La Chambre nationale des Rois et Chefs traditionnels est une plus-value dans la recherche d’une meilleure gouvernance de nos populations. L’adoption de la loi régissant le fonctionnement des Rois et Chefs traditionnels (Loi N°2014-428 du 14 juillet 2014) et le décret d’application (N°15-358) portant organisation et fonctionnement de la Chambre des Rois et Chefs traditionnels, nous fait comprendre que cette Chambre est composée de deux organes : l’Assemblée des Rois et Chefs traditionnels et le Directoire de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels. Mon vœu le plus ardent est que cette Chambre des Rois ne soit pas une occasion pour désorganiser la chefferie traditionnelle et bafouer les principes de choix des Chefs et Rois dans nos régions et villages. Car, déjà nous enregistrons beaucoup de plaintes et des initiatives de destitution des Chefs et Rois dans nos régions et villages. Mus par des intérêts financiers, matériels et politiques, certains cadres cautionnent la désorganisation de la chefferie. Ceci crée un malaise au sein des communautés qui voient sortir de nulle part des rois et chefs ‘’émergents’’ souvent parrainés par des personnes de certaines obédiences politiques. Cela n’est pas de nature à renforcer la cohésion sociale dans nos régions. Cela est déjà déplorable.

Avez-vous un appel à lancer ?
Je voudrais saluer le Conseil régional de l’Indénié-Djuablin avec à sa tête le président Abinan Pascal, qui a accepté d’accompagner le festival en accordant une subvention annuelle au Festagni. Et, cette année, nous avons bénéficié de la subvention malgré le fait que le festival se tenait dans une autre région. Nous lançons un appel aux autres présidents de conseils régionaux de lui emboîter le pas. Et cela serait un début de solution pour le financement du festival.

Réalisé par R-O

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