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Société Publié le vendredi 3 septembre 2021 | Le Nouveau Réveil

Dr Patricia N’goran, conseiller à la Présidence, Coordonnateur du Conseil national pour la nutrition : « Nous devons manger ce que nous produisons et non des produits ultra transformés »

En marge de la cérémonie de lancement de la consultation sur l’enrichissement des aliments en Afrique tenue le 2 septembre dernier à Abidjan, Dr Patricia N’goran, conseiller à la présidence, coordonnateur du Conseil national pour la nutrition a attiré l’attention de la population sur ce qu’elle mange. Dans cet entretien, elle conseille de manger moins transformés.


Quels sont les objectifs de cette réunion (Ndlr tenue le 2 septembre dernier) de haut niveau avec le Programme alimentaire mondial (Pam) l’Union africaine et la Cdeao ?


C’est un peu de faire le point sur les avancées quand nous savons que la stratégie de fortification et de biofortification des aliments est une stratégie d’approche alimentaire, d’améliorer ces aliments, leurs valeurs nutritives. Il est important que nous mettions l’accent sur ces aliments. Sans changer les habitudes alimentaires, on peut les corriger au lieu d’aliment à la méthode médicamenteuse. Il est bon de revenir à l’approche alimentaire. C’est un peu ce défi qu’on veut relever, corriger les carences que nous avons surtout en Afrique. Surtout en Afrique de l’Ouest. Je pourrai citer quelques carences surtout la carence en iode. Pour mieux m’exprimer, c’est le goitre. La Côte d’Ivoire a adopté, depuis 1990, la stratégie d’iodation universelle du sel. Aujourd’hui, nous consommons du sel qui est enrichi en iode. Personne ne sait puisqu’on n’a pas changé vos habitudes alimentaires. Vous avez vu autour de vous, le goitre a été énormément réduit. C’est un peu la stratégie. Elles sont moins coûteuses, elles sont prometteuses et ont de bons résultats. Nous avons de l’huile de table qui est enrichie en vitamine A. Par rapport à la carence en fer, on a enrichi le pain en fer. Tout cela a besoin d’être renforcé. On ne doit pas s’arrêter à ces seuls aliments. Lorsque que nous avons un problème de santé publique, nous devons aller avec l’enrichissement obligatoire, pas volontaire. C’est-à-dire que si nous décidons de prendre un aliment, il doit être fortifié totalement. La prochaine approche, pour laquelle, nous sommes en fin d’étude, c’est le riz. Le riz est largement consommé par la population. On aura une étude de faisabilité, d’acceptabilité avant de lancer le processus.


 


Qu’est-ce que c’est exactement les carences en micronutrimens ?


Alors, les carences en micronutriments, on les appelle aussi la faim cachée. Pourquoi la faim cachée, parce que c’est quelque chose qui ne se voit pas. Par exemple, si vous êtes carencés en fer tant qu’on n’a pas fait une prise de sang, on ne peut pas le savoir. L’un des signes, c’est l’anémie, pour finir avec des transfusions. Mais pourquoi arriver à là ? Il y a certaines carences qui sont importantes au niveau santé publique c’est-à-dire d’envergure nationale. Ce sont des carences qui ont été identifiées telles que la carence en vitamine A, la carence en fer, en iode et bientôt la carence en calcium. Les micronutriments, c’est les vitamines, les sels minéraux qu’on a besoin en petite quantité dans notre organisme mais malheureusement pas assez couvert.


 


Vous parlez aussi de biofortification, on sait que des planteurs utilisent des engrais dans les champs, est-ce qu’il y a une stratégie pour aller vers le bio finalement ?


Quand je dis fortification, c’est l’enrichissement, c’est le défi de l’industriel. La fortification, c’est quand l’aliment. Et nous voulons, au moment de son processus de transformation, rajouter des micronutriments. Quand nous parlons de biofortification, nous partons depuis la plante, la terre comment enrichir depuis le sol ces aliments. Je prends l’exemple le plus simple qui est malheureusement le riz. Le riz, quand on le blanchit, on perd ses vitamines du groupe B. Ce sont des vitamines qui sont importantes pour l’organisme. Mais dans nos habitudes alimentaires, on a blanchi le riz. On doit repenser notre système alimentaire. On doit faire en sorte de manger ce que la terre nous donne, il faut moins transformer ces aliments. Nous mangeons pas mal de choses qui ne sont pas bonnes pour la santé. La première cause mondiale de maladie, de souffrance, c’est notre alimentation. Que ton aliment soit ton médicament, que ton médicament soit ton alimentation. Nous devons revenir à nos habitudes alimentaires. Nous devons manger ce que nous produisons et non chercher des produits ultra transformés.


Entretien réalisé par DJE KM

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