« Nous allons saisir un juge en référé afin qu’il ordonne l’arrêt des travaux de construction de cet immeuble, qui présentent un danger pour nos enfants », a déclaré, mercredi 18 février face à la presse, Lombardo Cédric, président de l’Association des parents d’élèves du collège Cours Sévigné, à Abidjan.
Selon lui, les travaux engagés sur la parcelle mitoyenne de l’établissement, sans consultation ni information préalable, constituent aujourd’hui un risque réel pour les élèves et le personnel.
Revenant sur l'un des faits, ce parent d’élève a révélé que le 23 janvier dernier, un marteau est tombé depuis le chantier, à moins d’un mètre d’un collégien. Un incident qui, selon lui, aurait pu avoir des conséquences dramatiques. À la suite d’une plainte déposée auprès des autorités, les travaux avaient été suspendus. Mais, contre toute attente, ils ont repris au mois de février.
« Nous constatons actuellement le coulage de béton en hauteur, avec la réalisation d’une nouvelle dalle à plus de dix étages, et ce malgré l’arrêté ministériel et la plainte pour mise en danger d’autrui », a-t-il dénoncé.
Les responsables de l’établissement s’interrogent sur l’attitude du promoteur immobilier, accusé d’ignorer un ordre d’arrêt de construction et de poursuivre les travaux sans mesures de sécurité suffisantes, tant pour l’édifice en cours d’élévation que pour les ouvriers présents sur le site.
Pour appuyer leurs inquiétudes, les parents évoquent un drame survenu début février en Zone 4 : « Un ancien étudiant de l’INSAAC est décédé après la chute d’un bloc de béton depuis un immeuble en construction », a rappelé Lombardo Cédric. Un événement qui, selon lui, illustre les risques inhérents aux chantiers de grande hauteur en zone urbaine dense, où écoles et habitations côtoient parfois des constructions insuffisamment sécurisées.
Dans cette affaire, les parents d’élèves exigent l’arrêt effectif du chantier, la publication du permis de construire, la communication du plan de sécurité, la réalisation d’une expertise indépendante ainsi qu’une mise en conformité immédiate des travaux.
À en croire le premier responsable de l’établissement, El Hadji Élias, la direction a saisi l’ensemble des administrations compétentes.
De son côté, le promoteur immobilier aurait promis de respecter une distance de trois mètres avec l’établissement et de transmettre le plan de sécurité.
Saisi à la suite d’une alerte citoyenne signalant des manquements en matière de sécurité, le ministère en charge de la Construction indique que ses services ont procédé à une vérification.
« Bien que régulièrement autorisé, le chantier a fait l’objet d’un arrêt immédiat des travaux. Une notification officielle a été transmise au responsable du chantier », précise le communiqué.
Cyprien K.

