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Politique Publié le samedi 14 février 2009 | Le Patriote

Il n’est pas ADO

Se refaire une virginité. C’est la principale raison de tout le tapage médiatique fait autour de l’affaire des «65 millions de F CFA». Le président Laurent Gbagbo, en faisant condamner sa secrétaire à une lourde peine, veut se démarquer de tous les cas avérés de racket et d’escroquerie commis par son entourage ces dernières années. Si dans la forme l’intention est louable, il n’en demeure pas moins que dans le fond, elle ne manque pas de susciter des interrogations. La volonté du président de la République de moraliser la vie publique est-elle sincère? Ne répond-elle pas à des calculs politiciens, comme c’est le cas pour la plupart des actes posés par le champion de la Refondation? Croire à cela ne serait pas du tout exagéré vu la manière avec laquelle des affaires similaires ont été traitées par le passé. Dès leur avènement à la tête du pays, les «poches de moralité» ont très tôt affiché leur propension à la prévarication et autres abus des biens publics. Le président Laurent Gbagbo n’a pas véritablement œuvré à leur éradication. Pis, il les a parfois plus ou moins encouragés par son attitude conciliante. La gestion du scandale des déchets toxiques en est la parfaite illustration. Aujourd’hui, il est franchement curieux que ce soit lui qui veut se présenter à l’opinion nationale comme le champion de la lutte contre la corruption. N’est-il pas un peu tard pour lui? Il est vrai qu’il y a eu la guerre. Mais l’argument de la guerre ici encore ne saurait prospérer. Laurent Gbagbo a suffisamment démontré par son laxisme et son dilettantisme qu’il est pour beaucoup dans la décrépitude morale que connaît la Côte d’Ivoire. Car ne dit-on pas chez nous que «le poisson commence à pourrir par la tête»? C’était dès le départ qu’il fallait imprimer sa marque. Comme l’a fait le docteur Alassane Dramane Ouattara en 1990 lorsqu’il a été nommé par le président Félix Houphouët-Boigny Premier ministre de l’Etat de Côte d’Ivoire. Dès sa prise de fonction, l’ancien directeur général adjoint a montré qu’en Côte d’Ivoire, on peut payer les impôts à tous les niveaux. Il a fait payer les impôts au président Houphouët-Boigny à hauteur de 400 millions. Il a lui-même donné l’exemple en s’acquittant de sa part. Et surtout, il a appris aux Ivoiriens à venir au travail dès 7h30 du matin. L’actuel locataire du Palais présidentiel aurait dû commencer par là dès sa prise de pouvoir. Mais Laurent Gbagbo n’est pas Alassane Dramane Ouattara. Malheureusement pour la Côte d’Ivoire.

Jean-Claude Coulibaly


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