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Politique Publié le jeudi 14 mai 2009 | Notre Voie

Election présidentielle au 11 octobre prochain : La CEI et le RHDP rusent avec l’accord de Ouaga

Alors que l’accord politique de Ouagadougou assujettit la tenue de l’élection présidentielle au désarmement et à la réunification totale du pays, la CEI propose la tenue du scrutin au 11 octobre 2009. Soutenue en cela par le RHDP. Rusant ainsi avec l’accord politique de Ouaga.

Dans une déclaration faite le 11 mai dernier au siège du PDCI-RDA à Abidjan-Cocody, le directoire du rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix ( ?) présidé par Alphonse Djédjé Mady, Secrétaire général du PDCI, exige l’organisation de l’élection présidentielle, le dimanche 11 octobre 2009. Date proposée, selon le RHDP, par la commission électorale indépendante (CEI) dirigée par Beugré Mambé, par ailleurs, militant du PDCI.

«Le RHDP invite le Chef de l’Etat et le Gouvernement à donner une suite diligente à la proposition faite par la CEI fixant le premier tour de l’élection présidentielle au 11 octobre 2009 (…) Le RHDP attire l’attention du Représentant du Facilitateur, M. Badini et du Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, M. Choi, sur les tentatives de sabotage du processus de sortie de crise orchestrées par le clan présidentiel. Le RHDP prend à témoin l’opinion nationale et internationale sur les graves risques que pourrait entraîner tout blocage du processus électoral en cours, par le Chef de l’Etat», soutient le RHDP dans sa déclaration publique.

Ce communiqué du RHDP équivaut tout simplement à la démagogie. En tenant de tels propos, M. Djédjé Mady, porte-parole et président du directoire du RHDP, n’a fait qu’une tentative, avouons-le, bien éhontée de manipulation de l’opinion publique nationale et internationale. D’autant plus que la lecture attentive de la déclaration du RHDP et l’analyse de l’acte posé par la CEI, nous permettent de conclure à une tentative de ruse avec l’accord politique de Ouagadougou.


Le double jeu de la CEI et du RHDP

En proposant la date du 11 octobre 2009 comme celle du premier tour de l’élection présidentielle, la CEI contrôlée à 80% par l’opposition armée et non armée, écarte du revers de la main, l’accord politique de Ouaga, pour ruer dans les brancards. D’autant plus que l’Accord de Ouagadougou stipule dans les articles 3 et 5 de son annexe 4 que le désarmement, la démobilisation des ex-combattants des forces nouvelles (ex-rebelles) et le démantèlement des groupes d’autodéfense (milices) doivent se faire concomitamment et s’achever «au plus tard deux mois avant la date fixée pour l’élection présidentielle». A ce jour, aucune de ces étapes importantes n’a été véritablement exécutée. Les ex-rebelles sont encore en armes et occupent les zones Centre-Nord-Ouest où les com’zones, qui y règnent en maîtres absolus, laissent planer le grand doute sur leur volonté à déposer les armes. Pis, l’un de leurs parrains locaux, en l’occurrence, Alassane Dramane Ouattara, a soutenu samedi dernier lors de son meeting à Yopougon que «le désarmement n’est pas un impératif pour la tenue des élections présidentielles».
En d’autres termes, les électeurs peuvent aller aux urnes avec des fusils sur la tempe. Ces propos de Ouattara sonnent comme un message aux ex-rebelles afin qu’ils demeurent intransigeants face au désarmement.

C’est dans un tel environnement où rien n’est donc certain, en dépit des 4 mois qui précèdent celui d’octobre, que Beugré Mambé et la CEI fixent une date pour la présidentielle.

Bien conscients que les principaux obstacles à la tenue de l’élection présidentielle sont le désarmement et la réunification (administrative, etc.) du pays, la CEI et le RHDP se lancent dans un jeu sordide de ruse vis-à-vis de l’accord de Ouaga en exigeant l’élection présidentielle pour le 11 octobre 2009. Alors qu’ils savent tous deux que, pour une élection libre et transparente, il est impératif que les ex-rebelles déposent les armes et que les préfets redeviennent maîtres des villes et départements sur toute l’étendue du territoire.

En sa qualité de cadre du PDCI, Beugré Mambé aurait pu raisonner ses amis du RHDP afin qu’ils demandent à «leurs poulains» des Forces nouvelles de favoriser les conditions de la tenue de l’élection présidentielle conformément à l’accord politique de Ouagadougou.

Autre fait important, le recensement électoral. A cinq mois du 11 octobre, l’opération a certes fait des avancées notables avec 6 millions d’enrôlés, mais elle affiche des insatisfactions. Notamment, à travers ces nombreux citoyens ivoiriens laissés sur le carreau. Des Ivoiriens «exclus» alors que justement ceux qui ont pris les armes et leurs parrains du RHDP soutiennent avoir porté le glaive à la mère-patrie pour «combattre l’exclusion». La prorogation de l’opération d’enrôlement s’impose donc. Il faudra encore des mois pour recenser les Ivoiriens de l’intérieur et ceux de l’extérieur. Après quoi viendra, l’étape du croisement des fichiers pour apurer la liste électorale. Cette étape, selon des experts, prendra un mois ou plus. De bout en bout, l’on pourrait se retrouver au-delà du 11 octobre 2009 sans que les étapes d’avant-élection soient achevées. Ni la CEI de Mambé ni le RHDP n’ignorent cela. Pourtant, ils naviguent dans la démagogie en jouant au double jeu.

Didier Depry: depry@hotmail.com
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